RAPPORT DE STAGE, ANAÏS DELPIAS

 

 

Comment commencer un rapport de stage de manière à la fois attirante, intéressante et promettant un contenu satisfaisant... Après une intense réflexion, nous avons choisi d'aller dans la sobriété : j'ai effectué mon stage du 6 juin au 1er juillet 2016 chez Radio Rézo. 

 

Qu'est-ce que Radio Rézo?  Radio Rézo est une radio de catégorie B (services de radio locaux ou régionaux indépendants ne diffusant pas de programme à vocation nationale identifié) gérée par une société, EFMédias, depuis 2006. La radio existe depuis 1997 (sous le nom d'EFM à l'origine). Radio Rézo a une couverture en FM dans le 77, le 91, le 94 et une partie du 92 (106.5 en Essonne 97.6 en Seine-et-Marne) mais il est également possible d'accéder à la radio sur son site internet ou via son application pour smartphone. 

 

Radio Rézo est une radio familiale qui propose des programmes de proximité. Elle propose les "standards d'hier et les hits d'aujourd'hui" c'est-à dire les grands classiques des années 70-80 et les singles les plus populaires des derniers mois ainsi que les nouveautés, ainsi Queen B donne le la à Goldman, succédant ainsi un duo entre Calvin Harris et Mylène Farmer. Radio Rézo c'est également des informations locales présentées soit par un journaliste soit par l'Agence France Presse qui envoie des enregistrements. Radio Rézo propose aussi des news insolites, la météo et les conditions de circulations dans la région. Mais impossible de ne pas parler des publicités qui représentent la source primaire de revenus de la radio et qui malheureusement sont très (très) présentes. Radio Rézo ne présente aucune véritable émission, mon stage était donc plutôt centré autour de l'animation radio. 

 

Les locaux se situent dans une zone industrielle à St Pierre du Perray, donc très difficiles d'accès. J'ai habité chez mes grand-parents pendant un mois et mon tuteur de stage est venu me chercher chez eux (il habitait à cinq minutes, le hasard fait bien les choses) pour m'emmener et me ramener. Les bureaux étaient très agréables, nous avions de la place et le matériel était tout à fait correct.

 

Je vais à présent vous expliquer le plus clairement et brièvement possible, bien que cela apparaisse un peu compliqué, ce que je faisais dans cette radio. Tout d'abord, il faut savoir que j'y travaillais de 13h30 à 19h30. 

 

Dès les premiers jours, Laurent, mon tuteur de stage, m'avait prévenue : "Anaïs, navré mais tu ne passeras pas à l'antenne". Cela ne me surprenait pas tellement. Au départ j'ai donc essentiellement observé, assisté à tous les enregistrements de Laurent (top horaires tels que "radio Rezo il est 17h, j'espère que vous allez bien, etc", la météo, la news insolite du jour, et les conditions de circulation). J'ai compris comment la programmation était organisée sur le log (ce qui permet de tout organiser à l'aide de RCS, un logiciel), le placement des publicités, l’alternance entre les pubs locales et nationales, le choix des musiques, la rédaction des "info trafs", de la météo et de la news. 

 

Pendant les deux premières semaines je me suis principalement entraînée à parler dans le micro. Laurent me faisait faire différents exercices afin de me familiariser avec la table de mixage et la palette (le "hot key"). J'ai donc lu différents papiers, sur des durées différentes, avec des contraintes de temps plus ou moins importantes, j'ai même dû lire un conte, exercice très amusant à faire, pour m’entraîner à appuyer les intonations. J'ai également déposé des centaines de flyers dans les boites aux lettres de Saint-Pierre-du-Perray avec Richard, le directeur de la radio, et j'ai rentré dans une base de données les nombreuses coordonnées des personnes jouant aux jeux proposés par la radio. Je les ai également aidés sur les réseaux sociaux : c'est des "petits vieux" comme ils aiment à s'appeler, ils ne mesurent pas tout ce qu'un réseau social peut offrir. Ils n'utilisaient pas les hashtags sur Twitter et n'identifiaient pas les gens sur facebook. Je les ai initiés au live facebook ce qui les a bien fait rire. J'ai également rédigé une douzaine de "trucs et astuces" pour le site internet, j'allais chercher des remèdes de grand-mère sur internet, je les modifiais un peu, les rendais plus drôles puis chaque jour Laurent les publiait sur le site. 

 

Puis petit à petit j'ai commencé à mettre les mains à la pâte. Richard m'a demandé de publier quotidiennement les brèves que le journaliste du matin rédigeait. Je devais donc les rentrer dans une base de données, ajouter une photo (photo que je cherchais sur google image puis recadrais sur photoshop), choisir la catégorie (91-Faits divers, 77-Musique, etc) ainsi que les mots clefs. Ce travail je l'ai effectué jusqu'à la fin de mon stage. Puis je me suis entraînée à écrire des news mais rien de très concluant... Sauf le jour de la fête de la musique. Laurent m'a demandé de chercher les événements dans les départements et de rédiger un papier d'environ une minute. Je m'y attèle, il l'abrège (sale tendance littéraire à vouloir faire de belles phrases quand il faut aller à l'essentiel) et enregistre. Puis, ô joie, il me propose d'enregistrer pour l'entrainement, "Allez, essaye, tu l'as écrit". Alors un enregistrement, deux enregistrements... douze enregistrements plus tard je lui fais écouter. Et c'est passé à l'antenne. Il trouvait ça pas mal et puis Richard n'était pas là... Le lendemain Richard a écouté et m'a proposé de faire la météo, quotidiennement. Au moment où je l'écris j'ai du mal à faire transparaitre les émotions qui m'ont habitées lorsque j'ai reçu la nouvelle. Passer à la radio c'est pour moi comme quand Sasha est devenu le meilleur dresseur. Alors j'ai gardé ma tête sérieuse et ai déclaré "oui bien sûr Richard, faites moi confiance" mais je me liquéfiais intérieurement, partagée entre l'euphorie totale et l'envie de ne plus jamais revenir de peur de faire mal mon travail. Dès le lendemain matin j'ai rédigé ma météo de vingt secondes et l'ai envoyée à Laurent. Tous les matins nous échangions des mails pour nous mettre d'accord sur la météo, il me donnait des conseils quant à l'écriture, "tu devrais mettre un petit dicton du jour", "c'est trop morne comme météo", "ne met pas qu'il va y avoir des orages, on sait jamais, met "risques orageux". Et au bout d'une semaine de météo, Laurent m'a fait essayer l'info trafic. Ce qui est plus dur c'est que l'info traf se fait cinq minutes avant le passage à l'antenne, je n'ai donc pas droit à l'erreur, c'est un peu plus stressant et surtout nous sommes deux à l'antenne, Laurent commence à parler, à présenter son jeu et je dois enchaîner ; si je me loupe son enregistrement coule aussi. 

 

J'ai également participé à la couverture du Vintage Car. Il s'agit d'une journée où des voitures Vintage sont exposées. C'était une catastrophe, lorsque je suis arrivée, une seule voiture était présente, la place était quasiment vide. La principale raison? Le match de la France face à l'Irlande dans le cadre de l'Euro de football. Le journaliste qui devait aider Laurent à interviewer n'était pas venu et Laurent se retrouvait donc seul à devoir animer toute l'après midi à l'antenne. J'ai donc interviewé à la place du journaliste absent certains commerçants, ce qui fut très drôle et enrichissant pour moi, le contact passait très bien et les gens étaient à l'aise. J'ai du broder autour des voitures qui n'étaient pas là, parler de toute la foule imaginaire qui affluait, parler de ma passion fictive pour l'auto... Cette après-midi fut assez comique, j'ai réalisé à quel point nous pouvions improviser et nous faire plaisir, chose que des journalistes de France Inter n'auraient pas faite par exemple. Laurent est un animateur et il est prêt à tout pour « rigoler » un coup, raconter des blagues, il n'est pas un journaliste à proprement parler et aime l'improvisation. Durant cette journée j'ai dû également annoncer moi-même en quasi live les résultats de l'Euro avec mon père en "duplex" devant la télé. 

 

 

J'ai adoré mon stage. Je n'y mettrais aucun bémol si ce n'est que je n'ai été au contact que de deux personnes, Laurent et Richard, la structure étant réduite. Mais tous deux ont été absolument géniaux, m'ont fait confiance du début jusqu'à la fin et m'ont permis de toucher à ce métier qui me fait rêver depuis si longtemps. J'ai compris que ce qui m'attirait n'était pas tant l'animation que le journalisme, j'ai trouvé ça très enrichissant d'animer pendant un mois mais il me manquait tout de même un fond, un contenu à partager avec les auditeurs. 

 

Si j'avais un conseil à donner aux prochains stagiaires chaptaliens ce serait de ne pas hésiter à aller dans des petites structures, c'est là où vous ferez le plus de choses et où vous réaliserez véritablement en quoi consiste le travail des gens avec qui vous serez. Au départ je voulais avoir un stage chez Radio France et d'après les retours que j'ai eus des gens qui y sont allés il est bien plus formateur d'intégrer une petite équipe avec un vrai tuteur, quelqu'un qui se sente responsable de vous, qui soit heureux de vous accueillir et qui vous laisse la liberté de réaliser des tâches par vous même.


 


 

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