Rapport de stage : Blaise Gazeau


 

France Terre d'Asile

 

Mon stage à la fin de l'année d'Hypokhâgne s'est déroulé 99 boulevard Ney à Paris, dans le 18e arrondissement. À cet endroit précis et de manière assez anodine se trouve un foyer de l'organisation France Terre d'Asile accueillant une trentaine de jeunes qui ont le titre juridique de Mineurs Isolés Étrangers (MIE), c'est à dire que ce sont des jeunes étrangers qui ont entre 12 et 18 ans, qui sont sans leurs parents sur le territoire français. Compte tenu de leur vulnérabilité évidente, ces jeunes reçoivent dont une aide spécialisée.

 

En réalité, le contact que j'ai eu avec ses jeunes au sein du foyer et ce qu'ils ont pu révéler sur leur identité ne peut pas se comprendre à travers le simple prisme de l'appellation juridique de MIE, et c'est sûr cette relation que j'ai pu avoir avec eux dont je vais d'abord parler.

 

Ces jeunes proviennent de divers pays, parlent parfois plusieurs langues mais arrivent en France sans aucune maîtrise de la langue française. Ils voyagent à travers des réseaux de passeurs et lorsqu'ils arrivent en France et qu'ils sont aidés, un récit de leur vie est alors constitué par le Dispositif d'Évaluation des Mineurs Isolés Étrangers (DEMIE) de la Croix Rouge. Leur voyage ont parfois été dur (départ précipité, fréquentation de réseau, confrontation avec la mort pour certains) et la situation dans le pays d'origine diffère grandement. Les Afghans au nombre de 7 ou 8 fuyaient souvent la guerre civile, les talibans et venaient en France non dans l'espoir d'un retour mais pour obtenir un droit d'asile. Les indiens, bangladais, pakistanais sont une population de mineurs migrants assez nouvelle et de plus en plus importante, ils sont constitués d'enfants souvent assez jeunes (12-15 ans) qui proviennent de familles de la classe moyenne ou bien de familles relativement pauvres et sont souvent contraints à partir par leurs familles qui espèrent pour eux un avenir meilleur sachant qu'en arrivant sur le sol français avant 15 ans, ils obtiendront de facto la nationalité française.

Ces jeunes étaient donc logés dans le Foyer où j'ai travaillé pendant 1 mois. Ce foyer n'était pas permanent pour eux, ils n'y restent en principe qu'un mois en attendant que leur situation soit régularisée et qu'ils puissent être envoyer dans un foyer ou une famille d'accueil permanente en France. Cependant, les retards administratifs faisaient que certains étaient dans le foyer depuis plus de 6 mois. Gérer l'attente était donc difficile pour ces jeunes.

Ces jeunes ont su me surprendre, montrant une capacité surprenante dans l'apprentissage de la langue, un dynamisme étonnant. Ils ont suscité ma profonde sympathie.

 

L'objectif de mon stage a été de comprendre la prise en charge administrative, juridique, médicale de ces jeunes. J'ai du les accompagner sur les lieux parisiens où ils sont pris en charge médicalement, mon rôle a été de contribuer aux ateliers organisés tous les après-midis qui comprennent des activités d'information, de soutien scolaire, des activités sportives et artistiques. Mon objectif a été également d'organiser une journée de rencontre avec d'autres jeunes étudiants parisiens. Cette rencontre s'est extrêmement bien passée, nous avons fait plusieurs jeux pour que les jeunes étudiants comme les jeunes du foyer apprennent les uns des autres et dévoilent un peu de leur identité, traits de caractères principaux, nous avons également fait des jeux sur la langue en mêlant ce que la communication par le dessin pouvait nous apporter en compréhension les uns des autres. Cela a été l'occasion pour moi également de participer à la fête de la musique avec eux et d'emmener six de ces jeunes au Petit Palais pour un concert de musique classique qui les a surprit dans un premier temps mais qu'ils ont beaucoup apprécié ensuite. Ce stage a été l'occasion de les suivre au quotidien (de les réveiller le matin, les accompagner aux cours de français qu'ils ont tous les matins, de parler avec eux, de participer à leurs entretiens avec les intervenants sociaux qui les prennent en charge individuellement et qui leur parlent de leurs projets d'avenir et un peu de leur passé). Ce fut également l'occasion de voir leur motivation lorsque le match de football organisé avec d'autres foyers lors de la journée mondiale du réfugié approchait (médailles de bronze ce n'est pas rien !). Vivre avec eux, c'était bien sûr apprendre à comprendre leurs exigences vis-à-vis de nous, les adultes, c'était réfléchir à chaque fois sur comment leur parler et les aider, leur apprendre à s'ouvrir sur les possibles qui les attendent devant eux et également leur apprendre à s'exprimer d'une manière directe ou indirecte, sur leur véritable identité, sur leur passé, par le langage ou tout autre moyen de communication.

 

 

Parfois constatant les insuffisances de personnel pour leurs prises en charges, les problèmes de procédure, il m'a fallu également ne pas me reposer systématiquement sur les ordres ou directives de ma chef de stage et en autonomie participer à la vie du foyer et fournir aux jeunes ce qu'on pouvait faire pour eux, imaginer pour eux.

 

 

Ces jeunes dans ce foyer prenaient une épaisseur énorme, on voyait à travers eux une histoire immense, celle du voyage, de la guerre, de la communauté, de la parenté, du langage, du souvenir. Ce que je peux en dire maintenant, c'est que tous les discours mettant en avant leurs soucis, traumatismes m'ont paru faux et profondément néfastes au vue de la nécessité qu'ils avaient d'être connus de nous tous. Malgré tous les grandes thématiques presque littéraires (le voyage, le souvenir) qui jaillissaient de leurs biographies auxquels j'ai eu accès, ce fut le contact individuel avec chacun d'entre eux qui a été le plus important, essentiel et qui m'a permis de les comprendre véritablement et de comprendre qu'ils ne pouvaient certainement pas être aidés dans leur généralité floue et plurielle.

 

Après plus d'un mois, je demeure toujours dans l'incapacité de dire tous ce que j'ai pu voir dans ce foyer, tous ce que ces jeunes sont et tous ce dont ils ont besoin. Je vous invite donc tous, vous qui avez eu le courage de lire ce rapport stage jusqu'ici, à me contacter (06 63 93 63 22) pour que nous ayons le temps d'en discuter si cela peut vous intéresser. Je vous prie de ne pas hésiter, parler de cette expérience me ferait extrêmement plaisir et je suis sûr que nous passerons un agréable moment !

 

 

 

Je tiens à manifester ma reconnaissance envers :

Robert Djellal qui m'a permis d'entrer en contact avec France Terre d'Asile.

Camille Thomas, ma tutrice de stage qui m'a fait confiance, m'a aidé et m'a accueilli de la manière la plus parfaite qui soit.

Mercé, Khalid, Aline, Abdou, Foulémata, Aimé, Estelle, Océane, Astrid, Louise, Sabine et toute l'équipe de France Terre d'Asile.

Tous les jeunes du foyer : Manjit, Rosaria, Jaskaran, Mushtaq, Manpreet, Husseynatou, Sarah, Imran, Demba, Amr, Adama, Adama el Biwichy, Nazathyr, Amandeep, Shermouwamad, Akash, Maolajan, Mosharaf, Walid, Ibrahima, Ibrahima, Gaihatullah, Dilpreet, Sahil, Bacha, Salim, Zyouddine, Abou Foutou, Sheraja, Fahad, Maadhi, Shiwari.


 


 

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