Adélie Huguenin

Stage au sein de la rédaction de l’hebdomadaire Le Point


 

Le Point, ses locaux et ses journalistes

 

Adresse :

Le Point,

1, Boulevard Victor

75015 Paris

 

Effectif global : 189 personnes

Jour de parution : jeudi

Prix du numéro : 4€

 

J’ai effectué un stage de 2 semaines (du 6 au 17 juin) au sein de la rédaction du Point, magazine et hebdomadaire français. Créé en 1972 (le premier numéro est paru le 25 septembre 1972), le Point comprend 189 membres et plus d’une centaine de journalistes à son actif (124 cartes de presse). Son principal actionnaire est le groupe Artémis. L’abonnement annuel au magazine coûte 129€.

Il se destine majoritairement à un lectorat quadragénaire et quinquagénaire, le site étant davantage visité par la jeunesse. Le Point, en 2014-2015, compte 2 008 000 lecteurs de 15 ans et plus.

 

Il existe divers métiers et rôles dans un journal : les journalistes, les chroniqueurs, les rédacteurs en chef, le directeur de la rédaction, le directeur de la publication, les personnes chargées de la communication, les responsables marketing et financiers, les maquettistes, les infographistes (mettent en image numérique les informations), les correcteurs, les monteurs (pour le web)…

Le fondateur du Point (et éditorialiste) est Claude Imbert, le PDG Olivier Mégean, le directeur de la rédaction Sébastien Le Fol, le directeur de la publication Etienne Gernelle. Enfin Franz-Olivier Giesbert est l’ex-directeur de la publication et le PDG du groupe de 2004 à 2009, il reste très présent dans le journal, étant conseiller de la direction de la rédaction.

 

Les locaux sont vastes et divisés selon les différents services : on trouve au Point les services France, Politique (ce sont les plus importants), Economie, Société, Culture, Monde, Sciences, et de plus un pôle vidéo et un Service Web. J’étais moi-même dans les services Economie et Société.

L’atmosphère est agréable, l’ambiance reste bon enfant même le mardi, jour du bouclage, où la tension est percevable. En effet c’est ce jour de la semaine que la rédaction doit boucler le numéro et envoyer la maquette à l’imprimeur à 19h, horaire cependant souvent dépassé... Dans la nuit du mardi au mercredi les exemplaires du nouveau numéro sont imprimés, sont livrés aux abonnés et acheminés vers les kiosques le mercredi, où on les trouve le jeudi matin.

 

Dans tous les services on peut voir de grandes étagères remplies de livres portant sur des domaines très variés.

Partout sur la moquette, les bureaux, sont éparpillés des journaux et des magazines, des quotidiens et des hebdos qu’une personne est chargée de déposer à des horaires réguliers dans la journée. Le Parisien, le Monde, les Echos, le Nouvel Obs, l’Express… il s’agit chaque jour d’examiner le traitement des sujets par les autres journaux, afin de se démarquer, d’avoir les titres le plus « accrocheurs » possibles, d’analyser chaque semaine l’audience des autres journaux pour voir quelle couverture a favorisé l’achat d’un numéro.

 

Quant aux réunions de la rédaction, il y en a à peu près tous les jours de la semaine, j’ai pu assister à celles du lundi et du vendredi.

La réunion du lundi consiste à voir où en est le traitement des sujets dans le numéro de la semaine et sur le site web du Point, en examinant ce qu’on pourrait ajouter (par exemple les évènements importants du weekend). Les journalistes présents s’expriment à tour de rôle.

Pour la conférence du vendredi, ce sont majoritairement les rédacteurs en chef des différents services du journal qui y assistent. Lors de cette conférence, le directeur de la publication donne la parole à chaque service (représenté par un des journalistes du service, qui n’est pas toujours le rédacteur en chef). Chacun évoque les sujets qu’on présentera dans les numéros des prochaines semaines et émet des idées d’articles ou de reportage. On parle beaucoup politique, économie, les avis fusent, c’est plutôt convivial mais on ressent bien sûr une certaine hiérarchie dans les prises de parole.

 

Mes tâches

 

Elles consistaient principalement en la recherche d’informations, l’organisation des informations, la synthèse et la rédaction. Au cours de mon stage, j’ai pu travailler sur des projets des services société et économie, accompagnée des journalistes Michel Revol, mon tuteur pendant ce stage, et Guillaume Grallet.

 

Au service Société, j’ai surtout fait de la recherche d’informations pour le Point de la Semaine. Le Point de la Semaine figure dans les premières pages du journal et comprend des infographies, des brèves… Les 8 pages évoquent les différentes actus de la semaine et des statistiques, des classements amusants. J’ai donc fait de la recherche, principalement sur Internet, afin de préparer la confection des articles et des infographies. J’ai par exemple dû chercher les condamnations et les nominations de personnalités françaises pour la rubrique « En panne, en forme », j’ai préparé une infographie faisant le classement des apparitions des personnalités politiques dans les médias et une autre en rapport avec l’Euro 2016.

De plus, j’ai pu préparer avec une autre stagiaire une infographie sur un sujet froid (Le vocabulaire journalistique reste simple : l’écrit du journaliste est nommé brève, papier ou article selon le nombre de signes. De plus, on distingue en journalisme les sujets chauds, qui sont liés à l’actualité, et les sujets froids, que l’on peut insérer dans tous les numéros).

Cette infographie figurerait en double page, et montrerait les différentes causes de mortalité en France. J’ai donc dû travailler sur plusieurs sites de données comme celui de l’Inserm, et organiser les informations que j’avais en différents pôles. Nous avons rencontré le problème de la cohérence et de la concordance des différentes sources. En effet, les chiffres du Ministère de l’Intérieur différaient de ceux de l’Inserm qui dataient de 2013, il a donc fallu contacter le service communication de l’Inserm pour obtenir des précisions.

 

Au sein du Service Economie, j’ai pu participer à la préparation d’un numéro spécial prévu pour juillet ou début septembre, sur les nouvelles start-ups françaises, aux projets innovants et s’inscrivant dans des domaines variés. La préparation de ce numéro consistait à établir une première sélection de start-ups (à la fin de mon stage, la liste était d’environ 150 start-ups) destinée à passer ensuite entre les mains d’un jury d’experts qui en choisirait quarante.

En plus de rechercher sur Internet des start-ups, il s’agissait de contacter par mail des incubateurs pour qu’ils nous mettent en relation avec leurs « perles » qui répondaient aux critères de sélection : modernité, innovation en vue de changer notre quotidien. On m’a également confié la tâche de rédiger deux papiers sur deux start-ups de mon choix, qui figureraient sur le site du Point si celles-ci étaient sélectionnées par le jury.

La première, WeFarmup, s’inscrit dans le domaine de l’agriculture. L’entreprise a créé une plateforme permettant de louer et de mettre en location du matériel agricole, favorisant ainsi un échange direct et numérisé entre agriculteurs. Ce site, novateur dans ce domaine, permet donc de trouver une solution aux contraintes rencontrées par les agriculteurs quant à l’utilisation momentanée de matériel onéreux (tracteurs, charrues…) et d’élargir le réseau de relations des professionnels, souvent réduit aux Cumas (Coopératives d’utilisation du matériel agricole).

La seconde start-up que j’ai choisie est plus futuriste. En effet, Still Human, a conçu des « cyborg végétaux » c’est-à-dire des machines mi plante mi robot. Leur premier prototype, Ga.ia, est un robot intelligent qui détecte les besoins de la plante dont il est le socle, grâce à des capteurs installés dans la terre, et se déplace pour aller au soleil, sous la pluie… Les plantes deviennent alors mobiles et autonomes.

 

J’ai ainsi fait de la recherche d’informations sur le site des entreprises, et pris contact avec les fondateurs. Suite aux informations recueillies sur leur site internet, j’ai préparé des questions, réalisé une interview téléphonique de 10-15 minutes avec les fondateurs, et j’ai rédigé les deux papiers (2500 signes environ).

 

Mes impressions

 

Lors de mon stage, j’ai eu le sentiment que le métier de journaliste exigeait beaucoup de réactivité. Il faut savoir répondre aux imprévus comme par exemple lorsque l’on a écrit un article sur un certain sujet et que le mardi un événement qu’on ne peut négliger intervient et fausse tous les propos de l’article. Il faut être constamment inventif, être dans une recherche permanente d’originalité, ce qui est souvent difficile pour des sujets d’actualité qui ont une forte répercussion médiatique. Il faut impérativement se distinguer des autres journaux, surtout les journaux du même type, donc concurrents, il faut les étudier chaque semaine pour analyser l’impact de telle ou telle une sur l’acheteur potentiel. Travailler au sein d’une entreprise de presse nécessite des tactiques de communication, dans la mise en page ou dans la façon de traiter le sujet, en confrontant un sujet actuel à d’anciens sujets de presse pour mieux le faire ressortir par exemple.

 

De plus, j’ai compris que c’est vraiment dans l’écriture de l’article que l’on voit la pluralité interprétative du mot. Il faut être en recherche du mot juste. Tout repose sur des choix dans un journal, et peu importe la place de chacun hiérarchiquement parlant, tous les membres ont une responsabilité, qui est conséquente car les médias influencent indéniablement ceux qui les consultent. Il faut rester objectif dans un article (qui diffère sur ce point de l’éditorial), toujours se demander quelle est la cause de tel ou tel événement, pourquoi on en est arrivé là, il ne s’agit pas de transmettre l’idée que cela soit bien ou mal.

 

L’écriture est l’essence du métier de journaliste tout comme elle n’en est que la surface. Derrière l’article que l’on lit, il y a toute une recherche de données, d’information, des stratégies, des appels, des corrections de dernière minute. Le métier de journaliste nécessite une capacité pérenne à trouver l’idée et à trier dans l’information, et il faut justement savoir où chercher l’information, chose dont je me suis vite rendu compte. Etre journaliste nécessite donc de nombreuses qualités et pas seulement de rédaction, comme l’improvisation, l’endurance, l’aisance relationnelle…

Néanmoins un journal ne se limite guère à ses journalistes. D’autres métiers m’ont semblé passionnants comme être infographiste, maquettiste, correcteur... La cohésion et l’efficacité de l’équipe est impérative, pour un hebdomadaire comme le Point et d’autant plus pour un quotidien.

 

Enfin j’ai remarqué que l’on ressent au quotidien le glissement vers le numérique. Tous les services correspondent avec le service Web, les journalistes font aussi des articles pour le web, voire plus que pour le web. J’ai constaté qu’il n’y avait bel et bien un nombre de plus en plus restreint de personnes qui achetaient en kiosque, que la majorité consultait les sites internet et les applications des journaux. D’où l’importance primordiale d’avoir une couverture et des titres attractifs, pour promouvoir l’achat du journal papier.

 

 

Ce que mon stage m’a apporté

 

Ce fut un stage fort bénéfique, qui m’a permis de me familiariser avec le métier de journaliste et ses facettes, même si deux semaines de stage restent légères pour en dresser un panorama complet. Deux semaines m’ont néanmoins suffi pour me faire une idée de ce domaine, et ont forgé mon opinion sur le journalisme, milieu dense et particulièrement intéressant au niveau relationnel, rédactionnel et intellectuel. De plus, j’ai pu participer à la confection d’articles et donc voir le travail en amont du journal, la face cachée de l’iceberg, tout ce qui est derrière le journal que l’on tient entre ses mains ou l’article que l’on lit sur son smartphone. Cela m’a permis de me rendre compte des difficultés que l’on pouvait rencontrer dans ce métier, en termes de temps, de rythme, de précision, d’exactitude.

À travers les activités que j’ai pu réaliser, ce stage m’a donné confiance en mes capacités, m’a montré concrètement qu’il faut se donner les moyens pour réussir et prouver ce que l’on vaut. Il faut savoir prendre des risques sans perdre de vue nos objectifs. Grâce aux personnes avec lesquelles j’ai pu parler, j’ai compris que nous n’étions pas enfermés dans un métier, que les tremplins existaient, qu’il fallait juste saisir l’opportunité de rebondir. En effet, un bon nombre de journalistes de la rédaction n’avaient pas fait des études de journalisme et n’étaient pas du tout destinés à devenir journalistes au début de leurs carrières.

Par ailleurs, j’ai pris conscience que la matière et les sujets littéraires, le monde de la culture au sens propre (j’étais aux services économie et société) me manquaient et que le métier de journaliste en était souvent un peu éloigné. Je n’ai pas eu d’illumination quant à mon choix d’orientation, mais mon stage a consolidé ma perception du métier de journaliste tout en l’enrichissant. Mais plus que tout autre chose, il m’a fait prendre véritablement conscience de ce qui me plaît et me stimule.

 

 

 

Conseils pour la postérité

 

Par conséquent, je conseille vivement à chaque futur hypokhâgneux de réaliser un stage, pour être conforté dans son orientation professionnelle et ses choix futurs ou tout simplement pour l’expérience concrète et l’aperçu du monde du travail que fournit un stage en entreprise. Il ne faut surtout pas hésiter à poser un maximum de questions aux personnes que l’on rencontre, cela peut paraître évident mais vous serez vite rattrapé par le temps. Il faut éviter à tout prix de se retrouver à la fin du stage avec des questions en tête pour lesquelles on aurait pu avoir des réponses précises de personnes qualifiées. Il est de plus nécessaire de se créer une fiche de contacts, essayez de parler avec le plus de personnes possibles avec des parcours professionnels différents.

J’ai parfois appréhendé le fait d’être « encombrante » comme le mardi, journée du bouclage. En effet, il faut savoir s’effacer à certains moments, mais aussi réussir à se mettre en avant, montrer que l’on est capable, proposer ses services. Il s’agit de se montrer discret et pertinent, et d’arriver à dépasser ses limites.

Faire un stage est une réelle opportunité et rare en classe préparatoire, il ne faut pas la négliger, d’autant plus que l’insertion ponctuelle dans une entreprise nous révèle beaucoup de choses sur certains métiers, et sur nous-mêmes.

 

 

 

Adélie Huguenin


 


 

Site des CPGE du Lycée Chaptal

  • b-facebook
  • b-tbird
  • b-googleplus
This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now