Rapport de stage : Eléonore Hoste

 

 

J’ai effectué mon stage au musée d’Archéologie Nationale situé dans le château de Saint-Germain-en-Laye. Le musée couvre la période de la Préhistoire jusqu’au premier Moyen-Age. J’ai été accueillie par Mme Anaïs Boucher, une des conservatrices de la salle d’Archéologie comparée, salle qui se propose de comparer des objets des cinq continents dans une perspective ethnographique et sociologique.

 

Qu’ai-je fait ?

 

Pendant deux semaines, j’ai surtout participé au récolement dans la salle d’Archéologie comparée, mais j’ai également pu voir d’autres aspects de la vie du musée en me rendant dans les autres services et en participant aux activités du musée comme les visites par exemple.

 

  • Le récolement

 

Le récolement est selon l’article 11 de l’arrêté du 24 mai 2004 : « l'opération qui consiste à vérifier, sur pièce et sur place, à partir d'un bien ou de son numéro d'inventaire :

- la présence du bien dans les collections ;

- sa localisation ;

- l'état du bien ;

- son marquage ;

- la conformité de l'inscription à l'inventaire avec le bien ainsi que, le cas échéant, avec les différentes sources documentaires, archives, dossiers d'œuvres, catalogues. »

Il doit être effectué au moins une fois tous les dix ans et concerne tous les musées de France.

 

Dans ce cadre, la salle d’Archéologie comparée est fermée depuis le 25 mars 2015 jusqu’en novembre 2016 pour pouvoir effectuer le récolement des objets placés en vitrine puis ceux situés dans la réserve.

 

Je travaillais avec deux autres stagiaires et la conservatrice à cette tâche.

Pour que ce soit fait de manière méthodique sans oublier un seul objet, nous récolions les objets par région. Pendant le stage, j’ai pu observer des objets d’Amérique, du Maghreb, de la Chine, du Japon, de la Sibérie etc.

 

Voici comment se déroule le récolement d’un objet :

Nous prenons l’objet dans les mains (avec des gants si c’est une matière fragile), regardons son numéro d’inventaire qui est inscrit, entrons le numéro dans une plateforme sur Internet s’appelant Micromusée. Si l’objet n’est pas enregistré sur le logiciel, nous lui créons une fiche en entrant des informations spécifiques (description, localisation, mesures etc.). Ce logiciel réunit en fait toutes les fiches des objets et permet ensuite de retrouver un objet que l’on cherche.

 

Cette tâche n’est pas très compliquée. Elle est plutôt longue et répétitive. En deux heures, nous n’avions enregistré par exemple qu’une dizaine de pointes de silex ! Ici j’ai pu mettre ma patience à l’épreuve et appris à préférer la qualité à la productivité.

Plus de 12 000 objets sont présents en vitrine ou en réserve, et n’ayant que des stagiaires en plus pour aider au récolement, on peut comprendre pourquoi la salle doit rester fermée aussi longtemps.

 

En faisant cela, nous avons aussi pu être amenés à marquer des objets, parce que l’on devait rajouter des chiffres ou parce que le numéro d’inventaire était effacé. J’ai pu moi-même marquer des objets, soit au feutre soit à la plume.

 

Il fallait ensuite prendre une photographie de l’objet, sur fond gris et avec une échelle, et en vérifiant bien qu’il n’y ait pas d’ombres pour pouvoir ensuite mettre une photographie dans la fiche de l’objet.

 

Même si cela était fastidieux de faire souvent la même chose, je me suis rendu compte de la chance que j’avais de pouvoir travailler dans une salle du musée et surtout de pouvoir avoir entre mes mains et manipuler des objets qui sont d’habitude en vitrine et que les visiteurs ne peuvent pas toucher !

Nous étudiions des objets très variés, de régions très différentes, en commençant par des pointes de silex du Japon, finissant par des vases du Cambodge en passant par des cornes d’Amérique.

Parmi les objets exceptionnels que j’ai pu observer, il y avait un poignard d’Amérique en côte de baleine et peau de phoque, une flûte en os humain, un casse-tête (arme provenant d’Amérique servant, comme son nom l’indique, à casser des têtes. Il y avait d’ailleurs quatre croix gravées sur ce casse-tête, correspondant peut-être au nombre de victimes de ce casse-tête), une poupée en bois, des vases peints selon des formes géométriques etc.

Par ailleurs nous travaillions dans une très bonne ambiance, ce qui m’a beaucoup aidée pour m’intégrer et me sentir bien dans l’équipe.

 

 

  • Découverte des services et activités proposées par le musée

 

J’ai pu participer aux visites organisées par le musée, que ce soit des visites enfants ou adultes. J’ai ainsi pu observer les différentes approches des visites en fonction du public.

 

Je suis aussi allée au laboratoire de restauration pour ramener des vases chypriotes qui avaient été restaurés. Anaïs Boucher en a profité pour nous initier aux questions concernant la restauration : Faut-il que les parties restaurées se voient ? En même temps, sur un vase par exemple, le but est que le visiteur parvienne à comprendre la scène peinte, ce qui n’est pas évident avec des morceaux de vases restaurés non peints.

 

 

Autres découvertes

 

Un soir, Anaïs Boucher nous a raconté toute la préparation qu’elle avait faite pour monter l’exposition « La Grèce des Origines » en 2015 au musée de Saint Germain en Laye. C’était d’autant plus intéressant que j’avais moi-même visité l’exposition. J’ai pu prendre conscience de toute la préparation en amont (elle y pensait depuis quatre ans, et a vraiment commencé à la préparer deux ans auparavant), toute la place qui était laissée aux hasards de la recherche (c’est par divers objets, décors trouvés par hasard qu’elle a l’idée d’intégrer une nouvelle question à l’exposition), ainsi que les contraintes avec lesquelles il faut traiter (l’espace disponible pour une exposition dans le musée par exemple).

 

Tout au long du stage, j’ai eu un petit aperçu du mode de fonctionnement du musée, avec ses points positifs et ses dysfonctionnements. Cela m’a permis d’avoir une vision d’ensemble de la vie du musée et de m’apercevoir que le personnel travaillait avec quelques contraintes comme le manque de communication, un problème d’homogénéité dans la façon de faire de chaque conservateur, des tensions entre des supérieurs, des difficultés avec d’autres organismes extérieurs etc. qui parfois nuisent au musée. Visiter les différents services du musée m’a aussi permis de découvrir des métiers très différents que je ne connaissais pas ou peu.

 

 

Conclusion

 

J’ai été ravie de faire ce stage. J’ai eu l’occasion de vivre des expériences très enrichissantes, et j’ai été surprise d’avoir pu découvrir et faire autant de choses pendant ces deux semaines. Je ne savais pas à quoi m’attendre, et j’ai finalement été très heureuse de me sentir utile en faisant le récolement. C’était d’autant plus agréable que je le faisais avec des personnes accueillantes, bienveillantes et toujours à l’écoute.

Par ailleurs, un intérêt nouveau s’est développé pour des périodes comme la Préhistoire. J’ai aussi découvert un domaine que je connaissais peu : l’archéologie. Cela m’a ouvert ma piste de débouchés pour l’avenir, et même si je ne pense pas travailler dans ce domaine, un grand intérêt a émergé pour tout ce qui a trait à ce domaine.

 

Conseil

 

La possibilité offerte par Chaptal de faire un stage est vraiment une chance, et je conseille à tout le monde d’en profiter. Cela peut se faire en vue d’un projet professionnel mais je pense que c’est important aussi de ne pas se fixer trop d’attentes à l’avance et plutôt de se laisser surprendre par ces semaines de stage, les tâches confiées, les personnes rencontrées, en gardant un esprit curieux et attentif à ce que l’on est en train de vivre.

 

 

Eléonore Hoste


 


 

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