Rapport de stage : Alban Wilfert

 

STAGE A LA REDACTION DE FRANCE 2

 

 

 

J’ai effectué un stage à la rédaction de France 2, grande chaîne de télévision publique française réputée notamment pour l’information avec ses deux journaux télévisés quotidiens. Ce stage n’a duré qu’une semaine, du 6 au 10 juin 2016, en dépit de ma tentative de le prolonger et des demandes que j’ai envoyées à d’autres médias dont aucune n’a abouti. J’ai souhaité passer mon stage à France 2 étant donné mon intérêt pour l’actualité et les médias et mon projet d’étudier le journalisme. Je souhaitais voir de près le métier de journaliste – ainsi que les différents autres métiers appartenant au domaine des médias audiovisuels – afin de mieux en cerner les différents aspects en vue de confirmer ou d’infirmer ce projet.

La rédaction de France 2 se situe dans le bâtiment de France Télévisions, esplanade Henri de France, dans le XVe arrondissement.

 

 

Lorsque je suis arrivé à la rédaction le premier jour de mon stage – le lundi 6 juin –, ma tutrice de stage m’a immédiatement informé de la façon dont j’allais le vivre : j’étais très indépendant, j’aurais à décider moi-même de parcourir les différents services de la rédaction et de m’inscrire auprès de journalistes pour assister au tournage de reportages. J’avais uniquement un point de ralliement, mais n’avais aucun compte à rendre ou obligation au quotidien – si ce n’est d’être présent aux heures convenues – et devais m’organiser personnellement en vue de faire les activités que je souhaitais.

 

Je me suis donc organisé différemment selon les jours. La matinée du premier, j’ai tâché de découvrir au mieux le service qui m’entourait, à savoir celui de l’information d’enquête et étrangère : le lieu comptait un très grand nombre de divers journaux et magazines français et étrangers que les journalistes consultaient régulièrement pour leur propre travail. J’ai en effet eu l’occasion de constater qu’une large part de l’information diffusée provenait ou se fondait sur les informations d’autres médias J’ai découvert pendant cette matinée Conducteur F2, le logiciel de montage des JT, qui se met à jour à mesure que les sujets des différents JT ainsi que leurs moments de diffusion sont fixés par la rédaction, et qui indique également l’habillage (ce qui s’affiche derrière les journalistes à l’écran au moment de la diffusion) ainsi que les incrustations (principalement les noms, professions etc. des différentes personnes qui apparaissent à l’écran) ; mon autre découverte numérique du jour fut TweetDeck, un site internet permettant une utilisation approfondie de Twitter avec la possibilité de suivre plusieurs thèmes en même temps et en direct, outil très utilisé par les différents journalistes du service.

A 15 heures 30 l’après-midi même, ainsi que presque toutes celles qui ont suivi, j’ai assisté à la deuxième conférence de rédaction du JT de 20 heures – la première ayant lieu à 10h30. Y assistent chaque jour une dizaine de journalistes ainsi que le présentateur. Généralement, les choix des différents thèmes du journal et de leur ordre d’apparition font consensus – cette semaine, il fut principalement question de la loi travail, des inondations en Île-de-France, des élections primaires américaines et de l’organisation de l’UEFA Euro 2016 –, mais il arrive que des décisions de dernière minute soient prises au cours de cette conférence, comme celle d’envoyer « tout de suite » quelqu’un sur les lieux d’un événement dont on parlera le soir-même au JT. J’ai remarqué, après avoir assisté à plusieurs conférences, que celle de l’après-midi était davantage consacrée à la forme du journal, à l’image et aux questions pratiques que la conférence du matin, où sont plutôt discutés les thèmes à aborder, et où les journalistes discutent entre eux des faits, en rappellent le contexte, les précédents historiques… La conférence du matin m’a donc semblé axée sur la réflexion collective, l’analyse, les choix des faits présentés et des invités éventuels – mon stage ayant lieu au moment des protestations contre la loi travail, il a été question d’inviter Philippe Martinez à un journal, ce qui n’a finalement pas été fait – là où celle de l’après-midi servait en quelque sorte à confirmer ce qu’on allait dire et la façon dont on allait le mettre en forme, sauf bien sûr si un événement important à évoquer le soir-même se produisait entre les deux conférences. Les discussions entre les journalistes pendant les conférences de rédaction m’ont semblé se faire globalement dans un cadre assez détendu voire familier, certains lisant un journal pendant la conférence ou consultant les actualités sur leur téléphone non silencieux. J’ai également pu assister à la conférence de rédaction d’un journal de 13 heures, qui, à la différence du JT de 20 heures pour lequel deux conférences ont lieu, doit se suffire chaque jour pour régler les questions de fond comme de forme.

A l’intérieur de la rédaction, j’ai pu découvrir plusieurs services et donc un certain nombre de postes et métiers différents. Celui qui m’a le plus marqué est l’antenne France 2 d’Eurovision (dit EVN), un service où deux journalistes regardent en direct plusieurs chaînes d’informations étrangères et sélectionnent des images de ces chaînes en vertu d’un accord signé avec elles, qui permet un échange multilatéral complètement libre des images dans le cadre de la « banque des images » d’EVN ; ce service est la première source de France 2 pour l’information étrangère, bien que France 2 ait des bureaux dans certains pays étrangers et que l’on envoie des reporters à l’étranger en cas d’événement important. Chaque jour sont publiés deux fichiers par l’Eurovision News Outlook, intitulés « Today’s Outlook », qui rappelle les différentes couvertures des événements par les différentes chaînes membres d’EVN le jour même, et « Tomorrow’s Outlook », où sont récapitulées les prévisions de diffusion d’informations du lendemain sur les différentes chaînes partenaires via EVN. Il arrive cependant que les journalistes d’Eurovision ne trouvent dans l’espace d’une journée aucune information étrangère à traiter dans le journal. Cet aspect de la collecte d’information m’a particulièrement intéressé, par son caractère contemporain – le « tout-numérique » - et la richesse des faits ainsi recensés.

Dans l’optique de découvrir les coulisses du journal télévisé, j’ai assisté à plusieurs montages et mixages de reportages, qui ont lieu dans les heures qui précèdent leur diffusion au journal. Ils sont faits conjointement par le journaliste qui a mené le reportage et par un monteur professionnel. Après un certain nombre d’essais « à blanc » destinés à vérifier la synchronisation entre l’image et les commentaires et qui ne durent généralement que quelques minutes, l’enregistrement de la voix off se fait dans une salle spécialisée, après quoi est visionné immédiatement le reportage ainsi achevé. J’ai cependant appris ce jour-là qu’il était très fréquent que les journalistes ne trouvent pas le temps d’enregistrer leurs commentaires avant la diffusion du journal, auquel cas ils sont appelés de toute urgence « en cabine » pour les enregistrer en direct, au moment de la diffusion. De même, je me suis plusieurs fois rendu pendant la diffusion du journal de 13 heures au PC Info, lieu où sont effectuées les dernières modifications du journal quelques minutes avant sa diffusion : une personne observe une sorte de pré-diffusion du journal et appelle immédiatement le studio au cas où elle voudrait proposer d’y changer quelque chose, comme une formulation jugée maladroite dans les commentaires. Il peut également arriver qu’un sujet supposé initialement figurer dans le journal en soit supprimé à la dernière minute s’il n’est pas validé, c’est-à-dire si son montage ou son enregistrement n’est pas fait à temps, auquel cas on le remplace par un sujet dit de secours. Au PC Info est aussi diffusé en direct le JT de TF1, considéré comme concurrent, que regardent certains journalistes de France 2 afin de comparer. Ainsi, j’ai pu constater qu’une très large partie du travail de mise en forme du journal télévisé est l’affaire d’un temps très court, peu de temps avant sa diffusion. J’ai également pu aller en régie pendant la diffusion du journal de 13 heures mais n’ai pas pu y apprendre beaucoup étant donné que tous ceux qui s’y trouvaient étaient particulièrement occupés à leur travail, qu’ils effectuent en direct.

Enfin, les autres moments où j’ai fait de grandes découvertes furent les reportages. J’ai en effet eu la chance d’assister au tournage de deux d’entre eux pendant mon stage, l’un sur la protection et la surveillance des enfants par leurs parents et l’autre sur les habitudes et le destin supposé de certains jeunes désœuvrés. Pour cela, j’ai dû contacter des journalistes depuis le service des JRI (journalistes reporters d’images, autre métier pratiqué par un grand nombre de personnes à France 2) où est affiché numériquement un bilan de l’ensemble des reportages à tourner dans les prochains jours ainsi que les numéros de téléphone des journalistes qui en sont chargés. Ces tournages ont été pour moi l’occasion de mieux cerner les aspects techniques des métiers de journaliste et de JRI : j’ai pu constater qu’une grande partie des images finalement diffusées lors d’un reportage sont fausses, au sens où les journalistes demandent aux personnes interrogées un faux naturel, simulé, ou même lorsque l’on filme quelqu’un pour en fait représenter quelqu’un d’autre – ainsi, c’est un preneur de son de France 2 qui a joué le rôle d’un jeune errant et lançant des pierres contre un mur lors du deuxième reportage auquel j’ai assisté. De même, journalistes et personnes interrogées se livrent également à des entretiens hors caméra, y compris sur les sujets qui seront abordés dans le reportage, face à la caméra, mais les personnes interrogées ne sont bien entendu pas averties avant le tournage de l’ensemble des questions qui leur seront posées. Cela m’a donc confirmé que l’on peut souvent contester le caractère prétendument authentique que l’on attend de certains reportages télévisés.

 

Mon stage a donc été une occasion formidable pour moi de faire un grand nombre de découvertes sur le monde de l’information et des médias. J’ai, en somme, découvert l’ensemble des étapes de la réalisation d’un journal télévisé : la collecte des informations, le choix des thèmes à évoquer, le tournage, le montage, le mixage, les dernières modifications et enfin la diffusion. J’ai donc pu, en assistant à chacune de ces étapes, en apprendre plus sur le métier de journaliste et les autres métiers du domaine des médias audiovisuels ainsi que sur le traitement de l’information. De plus, le cadre était particulièrement agréable puisque je pouvais agir dans un large esprit d’autonomie et ai pu discuter avec un grand nombre de journalistes et reporters, qui m’ont expliqué assez clairement leur métier et leur parcours – un grand nombre d’entre eux ont d’ailleurs effectué une khâgne. A titre personnel, je dois dire que ce stage m’a conforté dans ma volonté d’étudier le journalisme, bien que j’aie conscience que France 2 est le genre de média où la position de journaliste est la plus confortable, et qu’il est donc bien souvent nécessaire de passer par de nombreuses étapes plus difficiles pour arriver à un tel poste. Je recommande donc ce type de stage à tous ceux qui s’intéressent aux médias et à l’actualité et qui songent à en faire leur métier. Ma seule frustration fut de ne pas avoir pu rester en stage plus longtemps, aussi je conseille aux futurs hypokhâgneux qui seraient tentés par un tel stage de s’adresser également à d’autres entreprises afin d’effectuer éventuellement un deuxième stage en plus de celui-ci.


 


 

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