Les rapports qui suivent rendent compte de la variété des expériences vécues par les élèves dans le domaine de la culture, de la communication et du patrimoine.

Je leur laisse la responsabilité de leur texte… et ne corrige pas les éventuelles fautes d’orthographe.

 

Pour des raisons de lisibilité les mises en page soignées que les élèves ont conçues ont dû être harmonisées. Je m’en excuse auprès d’eux.

 

Isabelle Mimouni

Rapport de stage : Axelle Houbani
période du 11 juin au 27 juillet

 

 

 

Lorsque ma candidature de stage a été acceptée par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (10 avenue Percier, 75008, Paris), je ne savais alors pas encore que la mission qu'on allait me confier me permettrait d'avoir un avant-goût du métier vers lequel je me destine, l'édition. Ainsi lorsque j'ai appris que je travaillerai avec Philippe Weyl, éditeur et chef de la Collection « témoignages de la Shoah », publiée aux éditions Le Manuscrit, en qualité d'assistante, je me suis réjouie de savoir que je retrouverai mon centre d'intérêt. Je n'avais à l'esprit pratiquement que cette formation à l'édition, et bien peu l'importance du travail de transmission de la mémoire de la Shoah qui est le cœur du travail de la Fondation. Au matin du premier jour de mon stage, j'aurais pu entrer à la Fondation comme dans n'importe quelle maison d'édition.

J'ai compris assez vite que cet endroit n'avait rien d'une entreprise normale, a fortiori d'une maison d'édition. En effet le jour où j'ai commencé mon stage, l'historienne Annette Wierviorka est venue à la Fondation. Dès le premier jour j'ai donc pu comprendre le prestige de la Fondation et l'importance de l'aspect historique du travail qui y est effectué. Mme Wieviorka s'est d'ailleurs assez vite désintéressée de moi lorsque je lui ai annoncé que je me dirigeais plus vers des études de lettres que d'histoire !

C'est donc dans cette ambiance sérieuse mais très vivante et humaine, encore fortement marquée par la fondatrice, celle qu'ils appellent toujours Mme Veil, que j'ai travaillé en tant qu'assistante de Philippe Weyl, mais surtout que j'ai pu comprendre et modifier mon rapport personnel à la Shoah.

 

En qualité d'assistante je devais corriger, compléter l'appareil critique et mettre en page sur le logiciel Word les témoignages que Philippe me partageait. Ce travail, certes assez long et répétitif puisque je l'ai effectué tous les jours pendant un mois et demi, ne manquait néanmoins pas d'intérêt car chaque témoignage apportait des difficultés différentes et m'amenait à faire des recherches sur différents lieux et événements relatifs à la Shoah que je connaissais peu ou pas. Ainsi j'ai pu lire les cinq volumes de L'Encyclopédie d'Auschwitz, le Calendrier de la déportation de Serge Klarsfeld et les parties A et B du premier volume de l'encyclopédie des camps et des ghettos entre 1933 et 1945, en anglais. Une littérature peu joyeuse mais instructive s'il en est. J'ai aussi eu un bref échange de mail et de courrier avec les services d'archives du camp de Gross-Rosen en Allemagne. Heureusement Philippe était là pour rendre plus légère l'atmosphère de travail avec son humour.

Le jeudi de la première semaine j'ai pu voir la fin du processus de publication : une conférence de présentation de deux ouvrages publiés dans la collection, en présence des historiens et traducteurs qui avaient fait l'appareil critique des livres, ainsi que de Serge Klarsfeld, président du comité de lecture de la collection. Cette conférence m'a permis de voir que les témoignages publiés s'adressaient à tous, mais plus particulièrement à des personnes déjà bien au fait de la Seconde Guerre mondiale et qui cherchent à approfondir leur étude. J'ai pu aussi voir comment on peut présenter un livre.

La deuxième semaine j'ai accompagné Philippe aux éditions Le Manuscrit, maison d'édition qui permet la publication, l'impression, la diffusion et la distribution des témoignages car la Fondation n'est pas une maison d'édition, bien que Philippe fasse lui-même le travail qu'il incombe de faire à un éditeur. Nous y avons discuté d'un problème de mise en page qui a été découvert après un certain temps après l'impression des discours de Simone Veil pour l'inauguration de la Fondation. Puisque nous ne sommes pas restés longtemps et que nous n'y sommes pas retournés, je n'ai pas pu approfondir l'aspect logistique du métier d'éditeur.

Durant ces six semaines de travail j'ai aussi effectué par trois fois du travail typiquement de stagiaire, tel que corriger manuellement une faute d'orthographe qui avait été oubliée dans la préface du rapport d'activité 2017 de la Fondation (à savoir 12 cartons contenant chacun 80 rapports, soit 960 fois la faute « elle n'oubliât » corrigée au feutre bleu) ainsi que leur mise sous pli, et trier des archives. Si ces activités n'ont pas participé à mon éveil intellectuel, j'ai néanmoins appris qu'être rigoureux et organisé permet de gagner beaucoup de temps dans son travail.

En plus de mon travail avec Philippe, j'ai pu lire des livres et regarder des films que la Fondation avait subventionnés afin de mieux comprendre ses missions. J'ai aussi pu assister à deux cours de réflexion sur le Livre de Job proposés par Mme Isabelle Cohen, qui a publié ses propres commentaires sur ce livre après l'avoir longuement étudié.

Ce stage à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah m'a appris bien plus que les rudiments du métier d'éditeur. Il m'a permis tout d'abord d'acquérir une meilleure connaissance de la Shoah et plus généralement de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que de me rendre compte de l'étendue des recherches historiques déjà faites et de celles qui sont à poursuivre.

Grâce à la matière même sur laquelle j'ai travaillé, les témoignages, je me suis interrogée sur la question de la transmission, de la parole, de la véracité des propos rapportés et de la fiabilité des témoins. Certaines de ces questions ne sont pas étrangères à l'histoire de ma famille : petite-fille d'enfants cachés, arrière-petite-fille de déportés, mes grands-parents n'ont que très peu parlé de ce qu'ils avaient vécu pendant la guerre.

Ces témoignages m'ont ainsi permis de mesurer la distance avec laquelle j'aborde la question de la guerre et des angoisses de cette époque, puisque mes principales sources de connaissances de cette période sont les livres d'histoire. Avant d'entrer dans l'intimité de ces témoins de la Seconde Guerre mondiale, je ne mesurai pas dans son intégralité la difficulté de la vie à l'époque aussi bien pour ceux qui furent cachés que pour ceux qui furent déportés et la peur constante dans laquelle vivaient les hommes et femmes de confession juive. L'édition de ces témoignages a provoqué en moi de véritables introspections quant à mon rapport avec ma famille, la guerre, l'antisémitisme et ma judéité.

Ce stage à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah fut autant une découverte pratique et professionnelle qu'une réflexion intime et profonde de plusieurs aspects de ce que je suis. Travailler à la Fondation ne fut pas pour moi toujours quiet, jusqu'à une nuit être hantée par toutes les interrogations soulevées dans la journée à propos de la violence, de la parole et du futur, car nous n'avons pas ici la version édulcorée de la guerre présentée dans les livres d'histoires des lycéens. Il faut donc savoir s'accrocher à son présent pour ne pas se laisser envahir par les recherches que l'on fait et les témoignages que l'on lit. Toutes les personnes travaillant à la Fondation, par leur gentillesse et leur vivacité, étaient là pour détendre l'atmosphère dans laquelle nous travaillions et je les remercie chaleureusement d'avoir été si attentives et prévenantes avec moi, de m'avoir fait découvrir la Fondation.

La Fondation pour la Mémoire de la Shoah travaille sur de nombreux thèmes qui sont loin de ne toucher que la communauté juive. La plus part de ceux-ci, et tout particulièrement ceux concernant la transmission de la mémoire de la Shoah, sont l'objet de missions pédagogiques prenant différentes formes et adressées à tous. Ainsi toute personne, peu importe sa confession ou son absence de confession, est invitée à s'intéresser à leurs projets et à soumettre une candidature de stage.

 

 

 

 

 

 

Rapport de stage

Clara Villani

 

 

Mon stage s’est déroulé du 11 juin au 6 juillet à la Bibliothèque Publique d’Information dans le service de programmation culturelle.

 

Description du stage

La Bibliothèque publique d’informations est un établissement public national associé au Centre George-Pompidou dans le 4e arrondissement de Paris. Je suis entrée dans le service de programmation culturelle grâce à Emmanuele Payen, chef de service et mère d’une camarade de classe. Les programmateurs de ce service conçoivent et organisent les événements liés à la bibliothèque comme les expositions littéraires, les cycles de débats ou chaque rencontre en partenariat avec la bibliothèque. J’ai pu aider ma tutrice de stage, Isabelle Bastian-Dupleix, à constituer un dossier documentaire pour faciliter la mise en place de son prochain cycle de débats à partir d’octobre 2018. Ces débats interrogeront la situation des institutions psychiatriques françaises, des enjeux de la psychanalyse et, plus généralement, la notion de « folie ». J’ai premièrement aidé Isabelle à recueillir des informations sur les potentiels animateurs de chaque débat et sur l’histoire de la juridiction psychiatrique en France. J’ai ensuite dû préparer un dossier sur l’histoire de la clinique de Saint Alban et le travail du docteur Tosquelles, défenseur de l’antipsychiatrie. Ma principale tâche fut de réfléchir à la promotion des débats en dressant un dossier de contacts susceptibles de cibler un public intéressé par les thèmes abordés et je choisis de viser les étudiants des hôpitaux universitaires de Paris disposant d’un service psychiatrique, ainsi que les étudiants en faculté de psychologie comme l’Université Paris Diderot.

 

 En parallèle, Emmanuele Payen et quelques programmateurs m’ont permis d’assister aux réunions concernant la conception de l’exposition littéraire de 2018-2019 « Riad Sattouf, l’écriture dessinée », ce qui fut une expérience très instructive. La pluralité des projets en cours au mois de juin m’a permis de découvrir plus largement les tâches confiées aux membres du service de programmation culturelle. « Diversité » a été le maître mot de ce mois de stage. Les programmateurs de la Bpi ont accès à de nombreux événements culturels et, par chance, j’ai pu assister quelques-uns d’entre eux ce qui a rythmé les journées de travail au cours des semaines. Le plus bel événement fut le colloque organisé au Musée de l’Homme : « Des lieux pour penser : musées, théâtre, bibliothèques ».

 

 

 

 

 

 

Une anecdote marquante

  

 Dans l’objectif d’une future collaboration, j’ai assisté à une réunion avec l’écrivain Mathieu Simonet pendant laquelle il exposa différentes idées de dispositifs à mettre en place au sein de la bibliothèque. Les dispositifs en question ont pour but de permettre à chacun de s’exprimer par le biais de l’écriture sans douter de sa légitimité en tant qu’auteur et de créer des liens entre des inconnus à travers les écrits. Monsieur Simonet a pointé plusieurs enjeux littéraires du doigt et nous a offert un moment de réflexion avant de proposer une liste d’ateliers créatifs pour permettre à un plus large public d’y réfléchir à son tour. Cette entrevue a été pour moi la plus enrichissante de mon stage, je reste impatiente de voir la Bpi concrétiser les projets de l’auteur.

Déroulement et ressenti 

 

Débuter un stage pour une durée d’un mois est une expérience qui peut être déstabilisante après une année d’hypokhâgne. Le monde du travail n’a évidemment rien à voir avec l’atmosphère d’une classe préparatoire et ma première appréhension concernait l’adaptation rapide qui était nécessaire pour remplir efficacement les tâches que l’on me confierait. Ma tutrice m’a premièrement demandé de faire quelques recherches, l’exercice n’était donc pas très différent des recherches que l’on pourrait faire pour un cours d’histoire par exemple, mon appréhension a vite disparu. Les programmateurs ont été très accueillants avec moi et ont eu la patience de répondre à toutes mes questions. Il était peu probable que le mois se déroule sans que je me retrouve coincée dehors ou que j’apporte par erreur une quiche au milieu du service de comptabilité, néanmoins mes collègues furent indulgents. J’ai également effectué un travail d’archivage tout au long de mon mois de stage, ce qui pourrait à première vue se prêter aux tâches traditionnelles que l’on confie aux stagiaires. Il s’agissait de trier les programmes de tous les événements organisés par la bibliothèque depuis 1990 mais ce travail m’a offert une rétrospective très intéressante et me permit de constater l’évolution des thèmes abordés jusqu’à maintenant et ce tri me permit de souffler une ou deux heures par jour à la fin de la journée. J’ai aimé travailler dans un lieu de cette envergure et pouvoir observer son « envers du décor ». J’ai également eu la chance de rencontrer des intellectuels en personne et de découvrir leurs travaux, ce qui fut, pour moi, une des meilleures façons de conclure cette première année de classe préparatoire.

 

Analyse et conseils

 

Ce stage m’a été très utile, j’ai pu découvrir un métier dont j’ignorais tout mais au-delà de l’expérience, il m’a aidée à mieux cerner ce que j’attendais de la carrière que j’envisagerai plus tard. La Bpi est un endroit stimulant pour la curiosité, y travailler en tant que programmateur assure un enrichissement constant de ses connaissances personnelles et je pense que c’est ce que j’attends de mon avenir professionnel. Peu d’hypokhâgneux savent définitivement vers quel métier ils s’orienteront et un stage est une occasion d’affiner ses choix ou ses préférences, ce qui peut être utile par exemple pour sélectionner les concours que l’on souhaite préparer en khâgne. J’ai eu la chance d’obtenir un stage qui me tenait à cœur grâce à une camarade de classe, mon principal conseil serait alors de questionner son réseau mais surtout de ne pas attendre trop tard dans l’année scolaire pour commencer à chercher une entreprise prête à vous accueillir.

 

 

 

Rapport de stage

Garance Lecat

 

Description du stage et de l'entreprise

 

     J'ai effectué mon stage dans une société de théâtre d'entreprise, A/Tout Théâtre.

A/Tout Théâtre propose des services dans le domaine de la communication, l'animation et la formation en entreprise. On peut faire appel à eux lors de séminaires ou d'événements visant à renforcer la cohésion de groupe, ainsi que des animations à but d'information et de prévention.

     Durant trois semaines, les dirigeants de l'entreprise, John Busch et David Charreyrand m'ont assigné des tâches concernant principalement leurs supports de communication, et plus particulièrement leur site internet.

Pour me rendre utile et apporter un élément nouveau à leur site internet, j'ai commencé par le traduire entièrement en anglais, ce qui m'a demandé le plus de temps. En effet, l'entreprise intervient parfois dans des entreprises françaises à l'étranger (principalement en Europe), et le fait de proposer une version anglaise de leur site pouvait leur permettre d’éventuellement d'atteindre de nouveaux clients.

La traduction a été longue à faire et à corriger, d'autant plus que j'en profitais pour partager mon point de vue sur le site français, quant aux formulations maladroites ou aux éventuelles fautes de frappe ou de syntaxe qui étaient passées inaperçues.

J'ai en effet été invitée à apporter un regard extérieur sur le site et la façon dont les services de l'entreprise étaient présentés : j'ai pu émettre mon avis sur la clarté des explications et l'impression qu'un potentiel client pouvait avoir de l'entreprise à travers le prisme du support internet.

Une fois la traduction complète, on m'a proposé de dessiner la mascotte de l'entreprise afin d'illustrer le site et les différents services y étant présentés. J'avais mentionné mon goût pour le graphisme et le dessin, et j'ai pu mettre un peu de ma créativité à contribution.

J'ai donc passé trois semaines bien remplies, et malgré le temps que m'a demandé la traduction, les tâches qui m’étaient assignées restaient stimulantes.

 

      L'élément singulier de mon stage était le cadre au cœur duquel il a été fait : à la fois la structure et l'organisation de l’entreprise, mais aussi les conditions dans lesquelles je l'ai effectué.

 

Pour ce qui est de l'organisation de l’entreprise, en plus d'être uniquement constituée des deux associés, elle pouvait être qualifiée d' "entreprise libérée", c'est-à-dire que les horaires de travail n'étaient pas définis et qu'il y avait somme toute très peu de contraintes concrètes quant à des objectifs précis et déterminés dans le temps. De ce fait, je n'avais pas de date butoir pour ma traduction, et j'étais libre de partir plus tôt ou de venir plus tard si je le jugeais nécessaire. C'était à moi-même de connaître mes capacités et mon efficacité pour agir en conséquence.

 

Au-delà de l'organisation qui ne rentre pas vraiment dans le schéma "classique" que l'on imagine quant au monde de l'entreprise, les conditions dans lesquelles j'ai été accueillie étaient également singulières : l'entreprise fermait en tant que telle le dernier jour de mon stage, pour être récupérée en tant que marque par leur nouvelle entreprise, Théâtre Services.

De ce fait, mes tuteurs ont dû s'atteler à un bon nombre de tâches d'ordre administratif durant mon stage, concernant la fermeture de l'entreprise et la séparation définitive avec leur ancien partenaire.

 

Apports et analyse du stage

 

     Ce stage m'a apporté plus que ce que je ne l’aurais imaginé. Tout d'abord et plus simplement, le fait d'exercer mes compétences en thème durant trois semaines est évidemment enrichissant compte tenu de la spécialité anglais que je compte entreprendre l'année prochaine. Cela m'a permis d'apprivoiser les expressions récurrentes que je pouvais trouver dans le site, mais aussi de m'habituer à une utilisation plus concrète et presque utilitaire du thème. Il m’était parfois difficile de trouver des équivalents exacts d'expressions propres à l'univers du théâtre d'entreprise, et j'ai donc dû apprendre à m'adapter et à véritablement faire passer le sens avant la forme de certaines formulations. J’ai acquis certains automatismes dans des constructions récurrentes, ainsi que la recherche systématique de synonymes pour éviter les répétitions disgracieuses ou lourdes à la lecture.

 

Si j'ai eu, au début du stage, beaucoup d’appréhension quant à mes capacités en thème et même des difficultés dues au fait que je m’imposais un respect absolu des expressions françaises lors de ma traduction, j'ai petit à petit appris à donner plus d'importance à la transmission des idées, et j'ai donc pu être plus efficace et même parfois plus compréhensible dans mes formulations, élément que j'ai pu observer lors de ma relecture des premières pages que j'avais traduites.

 

      Un des aspects les plus déroutants de mon stage a été pour moi la souplesse des horaires et des tâches qui m’étaient assignées. Dès le premier jour, j'ai été prévenue par John Busch que rien ne m'était imposé ni exigé, que je ne devais pas me mettre de pression, et que j'étais libre de juger du temps qu'il m'était nécessaire pour travailler.

Étant par nature quelqu'un de perfectionniste et d'anxieux, cet aspect m'a d'abord inquiétée. N'ayant pas d'exigences concrètes à respecter, j'avais toujours peur de ne pas faire assez ou de ne pas être à la hauteur des attentes imaginaires que j'inventais.

Comme si je voulais « prouver » ma bonne volonté ou mon zèle, j'ai donc commencé la première semaine par travailler presque trop (je ne prenais pas les pauses que me proposaient mes tuteurs de stage, je ne mangeais parfois pas le midi, et j'attendais que le directeur de l'entreprise parte pour me permettre de partir également.).

Pourtant, en théorie, je savais que mes tuteurs n'en attendaient pas autant de moi, et que je ne devais pas faire tout en excès. Je savais qu’ils ne me réprimanderaient pas si je choisissais de partir un peu avant 18h ou si je prenais mon temps pour manger. Néanmoins, j’agissais comme si j'avais quelque chose à prouver (ma valeur, mes compétences…) non seulement à eux, mais aussi à moi-même. J’étais la seule à m’imposer ces conditions, et mes tuteurs finissaient par s'inquiéter du fait que je prenais aussi peu de temps pour moi, et ont fini par m'imposer les pauses. J'ai dû comprendre que je ne leur « devais », de fait, rien, puisque tout ce que je leur apportais tenait du bonus pour eux.

Malgré la pression que je créais pour moi-même au début du stage, l'ambiance avec mes tuteurs restait bonne et légère, et j'ai profondément apprécié leur sympathie durant les trois semaines.

La façon dont j'ai réagi au manque de contraintes m'a poussée à réfléchir sur les conséquences que pouvaient avoir les entreprises « libérées » sur certains employés : l'absence d’attentes définies et concrètes peut être un facteur anxiogène. Ne rien demander de précis laisse libre cours à l'imagination de chacun qui estime lui-même ses propres limites, capacités mais aussi ses propres devoirs. Soucieuse de donner une bonne impression ou inquiète de ne pas faire assez, une personne ayant peu d'estime pour soi pourrait, dans les cas extrêmes, se mettre plus de pression que l'on ne lui en aurait donné si elle était au sein d'un cadre plus défini.

On pourrait penser que ce genre de structure poserait problème dans l’autre sens : l'absence de contraintes entraînerait un certain laisser-aller de la part des employés qui se sentiraient libres de travailler moins sans être réprimandés.

Cependant, dans les faits, l'une des critiques souvent émises contre ce genre d'organisation est effectivement sa tendance à virer à la « servitude volontaire » (au-delà des dérives intrinsèques liées à l'autocratie partielle de cette structure).

 

 

       Je ne pourrais pas dire que j'ai véritablement découvert le métier ou la gestion du théâtre d'entreprise, parce que je ne me suis que très peu intéressée aux tâches administratives, malgré quelques réponses et informations que m'ont apportées mes tuteurs de stage. Dès le début, il était établi que je traduirais le site, tout simplement parce que je n'aurais pas su comment me rendre utile dans le cadre de la gestion des interventions ou des évènements.

Malgré tout, les discussions avec eux m'ont permis de percevoir quelques aspects de leur métier auxquels je ne me serais pas forcément attendue : les rapports avec la concurrence, l'importance de certains clients essentiels au succès de l'entreprise, mais aussi « l'éthique » de l'entreprise, comme le fait que les comédiens, formateurs, scénaristes ou intervenants soient payés plus justement en comparaison avec d'autres entreprises concurrentes.

Cependant, étant une jeune entreprise, A/Tout Théâtre est parfois contrainte d’accepter des contrats sous-payés, et par conséquent de faire de plus petites marges pour l'entreprise en elle-même afin de ne pas léser les employés.

 

Conseils et conclusion

 

    Si je devais émettre un conseil à un éventuel prochain stagiaire dans une entreprise similaire dans sa structure, il serait sans aucun doute de ne pas faire quoi que ce soit dans le but unique de prouver sa bonne volonté ou sa valeur. Si le stagiaire est capable de répondre aux demandes, ses tuteurs et collaborateurs le verront, sans qu’il ressente le besoin d'y ajouter un excès de zèle parfois néfaste, à la fois pour lui mais aussi pour les autres (en comparaison, ceux qui ne font pas autant d'efforts peuvent être défavorisés ou perçus comme moins efficaces). La démonstration pure et dure de capacités ne doit pas motiver les efforts du stagiaire : l'intérêt pour l'activité et la volonté de bien faire sont des facteurs beaucoup plus constructifs de motivation et d’implication.

Cela reste un stage, et on ne demande pas au stagiaire d'avoir dès le début une maîtrise impeccable du métier ou de l'activité : le point essentiel est après tout la découverte et l'apprentissage, si possible en se rendant utile et en apportant des éléments nouveaux à la structure d'accueil.

 

     Malgré ma difficulté à comprendre ce que l'on attendait de moi, ce stage est resté une expérience très positive pour moi et j'ai beaucoup apprécié les échanges que j'ai eus avec mes tuteurs, qui ont été ouverts et très agréables tout le long du stage. Malgré les possibles réticences que j'avais avant de le commencer (ce stage était en quelque sorte une solution de dernier recours, compte tenu du fait que l'entreprise dans laquelle je devais faire mon stage a annulé une semaine avant le début), j'en garde un excellent souvenir et même des leçons que j'ai apprises quant à mes mauvaises habitudes.

 

 

 

 

Rapport de Stage

Apolline Latrobe

 

Librairie du Globe

67 boulevard Beaumarchais 75003 Paris

Du 11 juin au 29 juin 2018

 

 

 

 

En cette fin d’année d’hypokhâgne au lycée Chaptal, j’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage au sein de Librairie du Globe du lundi 11 juin au vendredi 29 juin 2018. Mon maître de stage, François Deweer, directeur de la librairie, m’a fait découvrir toutes les facettes de son métier. J’ai également pu travailler au côté des quatre autres salariés de l’équipe, et apprendre de chacun.

 

 

Fiche d’identité de l’entreprise

 

Adresse : 67 boulevard Beaumarchais 75003 Paris

Site web : http://www.librairieduglobe.com/

Type de structure : commerce

Secteur d’activité : éditionzdzaef

Filiales en France et à l’étranger : Aucune

Historique et/ou date de création : La librairie du Globe voit le jour en 1952. Elle se spécialise dès sa création dans la diffusion de la littérature russe. A partir des années 60, elle organise des rencontres avec de grands écrivains venus d’URSS comme Constantin Paoustovski, Tchinguiz Aïtmatov, Anatoly Rybakov ou Viktor Nekrassov… Après une importante crise en 2003, la librairie indépendante ouvre à nouveau ses portes en 2004.

Effectif du personnel : 5 salariés

Proportions hommes et femmes : 2 hommes et 3 femmes

Durée hebdomadaire du travail : 35 heures

Comment l’entreprise se fait-elle connaître ? : Site internet, réseaux sociaux, presse, salons, évènements tels que des débats, des rencontres, des séances de dédicace, des conférences, des concerts (notamment pour la fête de la musique)…

 

Mon expérience

  • Entretien de la librairie : la boutique doit être propre et accueillante. Les livres d’actualité doivent être mis en avant : j’ai aidé les libraires à choisir les livres exposés sur la table à l’entrée du magasin et dans la vitrine en fonction des évènements actuels. Par exemple, avec la Coupe du Monde en Russie, nous avons favorisé les livres sur le football. Entretenir une librairie inclut aussi d’enregistrer dans la base de données les nouveautés livrées, de les étiqueter, de les mettre en rayon, d’appeler les clients pour les prévenir que leur commande est arrivée…tout en s’occupant de la caisse et de la clientèle.

 

 

  • J’ai été chargée de la de tous les objets dans le magasin (tableaux, meubles, lampes, statuettes, ...). L’objectif est de pouvoir informer le client sur le prix exact des objets décoratifs si celui-ci désire en acquérir un. Ce travail m’a demandé beaucoup de rigueur : il faut retrouver les auteurs des œuvres exposés, la date de création du mobilier, le prix d’achat… Il faut également ajouter dans le catalogue une photo de chaque produit et calculer le prix de vente.

 

  • L’une des salariés est exclusivement chargée de la communication. Elle m’a donné de la Librairie du Globe pendant 3 semaines. Je maîtrise parfaitement les réseaux sociaux donc cela fut un vrai plaisir ! A chaque nouvelle arrivée de livres, ou lors de l’organisation d’un évènement, je devais informer la clientèle via Instagram, c’est-à-dire en postant une photo accompagnée d’un texte explicatif rédigé par mes soins. D’autre part, je devais de conseils de lecture en m’appuyant sur une liste d’œuvres donnée.

 

Anecdote

La Librairie du Globe organise souvent des rencontres avec des auteurs. J’ai été chargée d’en organiser une avec l’écrivain français Denys Moreau à l’occasion de la publication de Spinoza, un kif compliqué.

Ce livre présente des dessins légendés d’une ou deux phrases chacun, ce qui m’a permis de le lire rapidement avant d’organiser l’évènement. Je l’ai d’ailleurs très apprécié car je me suis reconnue, en tant qu’hypokhâgneuse, dans le personnage principal qui tente de lire l’Ethique de Spinoza, non sans mal.

J’ai donc informé les clients sur le site internet du Globe et sur les réseaux sociaux qu’une séance de dédicace était organisée. La communication passe également par des affiches mises dans la vitrine de la boutique.

Le jour J, il s’agit de préparer la vaste pièce du sous-sol à l’arrivée des clients : disposition des chaises, du livre présenté à portée de main du lecteur, de la table de dédicace, des coupes de champagne… rien ne doit être oublié pour ses trois heures de rencontre.

 

 

 

Les points clés de ce stage

 

Ce stage m’a tout d’abord permis de comprendre que le travail en entreprise est un vrai travail d’équipe. Chaque salarié doit s’informer auprès de ses collègues : l’échange de remarques et de conseils permet à tous d’effectuer le plus correctement son travail et d’améliorer le fonctionnement de la librairie. Des réunions sont organisées à titre exceptionnel : à mon arrivée, les salariés et les propriétaires de la librairie se sont retrouvés au sujet du départ prochain de l’un des leurs.

Ensuite, ce qui m’a semblé particulièrement intéressant dans ce stage a été de découvrir la réelle passion qui habite les salariés. D’une part, tous sont sensibles à la littérature en général : ils apprécient de découvrir de nouvelles œuvres et de partager leur avis. D’autre part, la librairie du Globe étant spécialisée dans la littérature russe, tous les salariés de l’équipe sont tenus de savoir parler russe. Certains clients ne parlent d’ailleurs que cette langue, il est donc nécessaire de la maîtriser parfaitement. L’équipe du Globe semblait très attachée à la Russie, qui est leur pays d’origine pour la plupart. Chacun avait une histoire touchante liée à ce pays.

Enfin, ce stage m’a appris que le travail en entreprise permet de développer d’autres valeurs comme la vie en collectivité. En effet, les salariés partagent un même espace de travail tout au long de l’année et passent des journées entières côte à côte (y compris pendant le déjeuner ou les pauses café !). Il est donc primordial d’appréhender cette vie en collectivité pour une bonne efficacité et harmonie dans la vie en entreprise !

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion

J’ai beaucoup appris durant ces trois semaines de stage. Je me suis vraiment investie – y compris le samedi ! - et je suis reconnaissante auprès de tous les salariés d’avoir été à mon écoute et d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Ce stage m’a fait découvrir non seulement le fonctionnement d’une librairie mais aussi la culture russe. Les salariés ont même essayé de m’apprendre l’alphabet cyrillique !

La Librairie du Globe a sa propre maison d’édition nommée Louison. J’ai été surprise de la quantité d’étapes à effectuer, de la décision d’éditer un livre à sa vente en boutique.

Je m’interroge encore sur le métier que j’aimerais exercer plus tard mais ce stage m’a permis d’élargir mon regard sur la vie en entreprise.

 

 

 

 

 

Rapport de stage

Camille Bensussan

 

(13 juin – 30 juin 2018)

 

 

            Librairie Le comptoir des mots, 239 rue des Pyrénées, Paris 75020 (métro Gambetta sur la ligne 3)

            Numéro de la librairie : 0147976540

            Directrice adjointe et responsable de stage à qui s’adresser : Géraldine Chognard

Numéro de Géraldine : 0642530581

Adresse : geraldine.chognard@hotmail.fr

 

 

            A mon niveau d’études, je m’attendais à faire un stage d’observation, mais j’ai tout de suite été prise en charge pour participer aux tâches de la librairie. Les premiers jours ont été entièrement occupés par la réception des cartons de livres. Au bout de quelques jours les arrivages ont été moins nombreux (ça n’occupait plus que la matinée et le début de l’après-midi).

            La réception des cartons est assez physique, entre le fait de rester sans arrêt debout dans un espace relativement réduit, de soulever les cartons de plusieurs kilos ainsi que les livres, de déchirer les cartons, sans oublier les nombreuses coupures incontournables au cutter avant d’apprendre à s’en servir. C’est aussi une tâche qui devient vite répétitive et mécanique : sortir les livres, entrer le code de réception dans l’ordinateur qui imprime les étiquettes, coller les étiquettes une par une, piéger les livres un par un, classer ces derniers dans les différents rayons et enfin les ranger. Finalement je me suis habituée à cette monotonie, parfois entrecoupée d’erreurs de saisie, auquel cas il faut faire une réclamation au système de distribution ou rentrer à la main le code du rayon manquant. Vers la fin je m’amusais à faire des piles de livres les plus grandes possible, parfaitement droites.

            Il faut dire qu’en dehors de la réception des cartons, on ne me confiait pas beaucoup d’autres tâches. Le premier jour, j’ai rangé tous les livres du rayon voyage-découverte sur des étagères neuves. Je ne répondais pas au téléphone par peur de ne savoir répondre correctement aux demandes des clients. Je faisais rarement de la caisse et du conseil à cause de mon manque d’expérience (j’ai tout de même progressé en contact social et dans les logiciels de la librairie). On me donnait surtout à ranger les rayons une fois que j’avais fini les cartons, ce que je trouvais ennuyeux pour certains rayons encombrés (il faut alors réussir à faire de la place en serrant les livres d’une étagère à l’autre, ou trouver de la place sur les tables, ou mettre les livres en réserve), mais intéressant pour d’autres (le rayon de littérature française et étrangère, le rayon SF et policier, le rayon BD). Le plus ennuyant était le fait de toujours devoir se repasser l’alphabet pour ranger les livres correctement : alors que j’aurais pu m’attendre à n’avoir plus besoin de le faire au bout de deux semaines, je pense que cela a encore plus embrouillé l’ordre des lettres dans mon esprit.

            La dernière semaine, comme nous ne recevions plus beaucoup de cartons, je finissais la réception et le rangement avant quinze heures. Je dois dire que je me suis plutôt ennuyée l’après-midi. Avec l’effectif de la librairie, il y avait toujours quelqu’un en caisse ou en conseil dans les rayons. J’ai eu tout le loisir de lire plusieurs livres, les libraires me laissaient tranquille en voyant que de toute façon je ne pouvais être d’aucune aide. Eux-mêmes étaient rarement débordés, sauf lorsqu’ils avaient des rendez-vous avec les représentants de maisons d’édition venus proposer leurs nouveaux arrivages, lorsqu’ils organisaient des événements avec rencontres d’auteurs, ou lorsqu’ils recevaient des classes d’enfants (la mairie du 20ème arrondissement leur donne quinze euros à chacun pour acheter ce qu’ils souhaitent). Un libraire profitait même des stagiaires pour ne pas avoir à ranger les BD, rayon dont il est responsable. Géraldine m’occupait parfois en me faisant écrire de petits résumés, en quelques phrases, de livres exposés sur table que j’avais lus, ou en reclassant parfaitement des rayons désordonnés.

            Travailler dans une librairie présente des avantages dont je n’ai pas hésité à tirer profit : j’avais une remise de 30% sur n’importe quel livre que je leur achetais, je pouvais en emprunter gratuitement comme bon me semblait, je pouvais en commander facilement, et certains petits livres envoyés gratuitement par les systèmes de distribution étaient en libre-accès.

 

 

            Comme anecdote, je pourrais citer ma rencontre avec François Hollande, qui dédicaçait Les leçons du pouvoir, et qui a serré la main de l’équipe de la librairie. Ce serait trop court et trop facile. Par ailleurs cette rencontre ne m’a pas marquée, j’aurais préféré rencontrer un auteur de littérature que j’apprécie. Je vais donc plutôt raconter l’unique fois où j’ai été en mesure de conseiller des clients.

            J’errais sans tâche ni but dans l’arrière-boutique lorsque j’ai entendu Géraldine qui conseillait une mère et sa fille au rayon enfant. Elles cherchaient des romans pour enfant, la fille devait avoir huit ou neuf ans. Géraldine proposait Les royaumes du nord de Philip Pullman, que je me rappelle avoir eu du mal à lire lorsque j’avais l’âge de la fille. En le lisant plus tard, j’ai compris qu’il comportait des notions de religion et de métaphysique qui sont difficilement compréhensibles pour un enfant. J’ai alors pu intervenir en expliquant que c’était un livre plus compliqué qu’il n’y paraissait, par ailleurs classé également au rayon fantaisie pour adultes, et j’ai alors conseillé un autre roman plus enfantin, Tobie Lolness de Timothée de Flombelle, très intéressant par la satire qu’il fait de la société.

 

 

            C’était un stage enrichissant, donnant tout d’abord un aperçu de la vie active qui nous attend. Prendre le rythme des trente-cinq heures n’a pas été difficile.

            La librairie en elle-même est un endroit très agréable, aéré et personnalisé selon les rayons, de la musique calme en fond sonore, accueillant grâce aux petits résumés collés sur la première de couverture des livres sur table, rangé de manière logique de sorte à trouver facilement les livres demandés. Le seul inconvénient est l’arrière-boutique, assez étroite et moins bien rangée que le reste de la librairie.

            Libraire est un métier qui m’intéresse désormais, plus accessible que celui d’éditeur. Alors que l’éditeur est à la base de la chaîne de la commercialisation du livre, le libraire ne fait que le recevoir et le vendre. La stagiaire qui travaillait avec moi et qui deviendra apprenti à la rentrée m’a expliqué en quoi consistait les études de libraire, moins compliquées et sélectives que celles d’éditeur. J’envisage donc d’être libraire si le métier d’éditeur est trop compliqué à atteindre pour moi. Il faut avouer que même au niveau des simples stages d’observation, il est beaucoup plus difficile d’en trouver dans le milieu de l’édition, alors qu’il m’a suffi d’aller à la librairie et de demander à avoir un stage. Je prévois de faire des démarches semblables l’année prochaine auprès de maisons d’édition, plutôt que d’attendre vainement qu’elles me recontactent.

            L’équipe de la librairie était très agréable, il régnait une atmosphère de bonne entente. Chacun a pris le temps de m’expliquer comment le métier fonctionne pour mieux m’aider à réaliser les différentes tâches. Il faut savoir qu’ils ont presque toujours un ou deux stagiaires, et qu’ils sont donc à l’écoute et habitués à transmettre leurs connaissances. Bien que l’essentiel du stage se soit composé de la réception de cartons et du rangement des livres, je considère ces tâches comme des responsabilités qu’on m’a confiées et que j’ai apprécié mener à bien.

            C’était aussi un stage intéressant pour la littéraire que je suis dans la mesure où j’ai vu des nombreux livres passer, d’actualité ou classiques. Je me suis rendu compte que cette année d’Hypokhâgne m’a permis d’acquérir une certaine culture littéraire, en terme de titres et d’auteurs que nous avons évoqués et parfois brièvement étudiés cette année en classe.

            A la caisse comme les fois où je rangeais les livres et qu’on me prenait pour une libraire accomplie, j’ai dû développer mes rapports aux clients. Etre souriante, à l’écoute, rapide et efficace, lorsque mes collègues ne prenaient pas spontanément la relève en craignant que je ne sois d’aucune aide, et ne pas hésiter à rediriger les clients vers mes collègues si j’étais justement incapable de les aider. La plupart des clients étaient patients et bienveillants, c’était alors un plaisir de leur apporter cette aide.

 

 

            Je conseille aux éventuels élèves qui suivraient mes pas au Comptoir des mots de bien apprendre leur alphabet, de se préparer à rester debout toute la journée, de prendre leur temps pour réceptionner les cartons lorsqu’il y en a peu, en prévision d’un minimum de trois heures l’après-midi à errer dans les rayons bien rangés, et surtout de profiter d’être entouré de tous ces livres pour en lire quelques uns. Il se trouve que le directeur de la librairie, Rémi Petit, a un fils (dont j’ignore le prénom mais sûrement facile à retrouver), en deuxième année de MPSI à Chaptal, même si je conseille d d’aller directement demander à la librairie un stage.

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