Les rapports qui suivent rendent compte de la variété des expériences vécues par les élèves dans le domaine de la culture, de la communication et du patrimoine.

Je leur laisse la responsabilité de leur texte… et ne corrige pas les éventuelles fautes d’orthographe.

 

Pour des raisons de lisibilité les mises en page soignées que les élèves ont conçues ont dû être harmonisées. Je m’en excuse auprès d’eux.

 

Isabelle Mimouni

Rapport de stage : Emma Jubinville

 

Maîtresse de stage : Véronique Ellena

Fonction : Artiste plasticienne photographe

 

 

                  J'ai effectué mon stage du 10 au 21 juin 2019 auprès de l'artiste plasticienne photographe Véronique Ellena, amie de famille.

L’œuvre de cette artiste se compose de séries photographiques prises à la chambre ce qui permet de réaliser des tirages très grand-format. Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis en 2007-2008, puis, en 2015 lauréate d'un concours organisé par la Ministère de la Culture pour la réalisation du « Vitrail du Millénaire » de la cathédrale de Strasbourg en travaillant avec un maître-verrier, Pierre-Alain Parot. Ce projet leur a valu par la suite le Prix Liliane Bettencourt pour « l'Intelligence de la Main » en 2016 attribué à la collaboration d'un artiste et d'un artisan.

Lorsque Véronique Ellena a su que je cherchais un stage, elle m'a très spontanément proposé de l'accompagner dans ses rencontres et dans la mise en place de ses projets actuels sachant par avance que cette expérience serait enrichissante pour toutes les deux.

 

                  Travailler avec une artiste c'est avant tout appréhender « l'écosystème » qui vient soutenir sa création artistique. De nombreuses personnes avec différentes qualifications font partie de l'entourage de l'artiste. La vente des œuvres est orchestrée par une galerie (Galerie Alain Gutharc) qui s'occupe également d'une grande partie des démarches administratives dont l'organisation des transports et la récupération des œuvres pour des expositions.

Un assistant est présent deux jours par semaine pour assurer la gestion numérique des photographies à l'aide de logiciels professionnels permettant de différencier les multiples versions d'une même image. Il supervise de très près, avec Véronique Ellena, le collage et l'encadrement des œuvres.

Dans le processus du passage de l’œuvre d'un format numérique à l'image définitive, des professionnels interviennent dans les laboratoires chargés de faire les tirages puis dans les entreprises de collage et d'encadrement.

                  En côtoyant Véronique Ellena durant ces deux semaines, j'ai réalisé à quel point sa vie et son art sont étroitement liés : la plupart des séries de l'artiste mettent en scène des lieux dans lesquels elle a vécu et des personnes qui lui sont chères. Son atelier est une partie de l'appartement dans lequel elle vit avec sa famille. Et lorsqu'elle a été pensionnaire à la Villa Médicis, sa famille l'y a suivi.

                  Par ailleurs, chaque rencontre, chaque projet, passé ou futur, est toujours une opportunité d'envisager de nouvelles collaborations.

Cependant, l'artiste doit faire face à une problématique récurrente : dans les périodes qui suivent l'achèvement d'un projet le travail administratif et logistique prend le pas sur le processus créatif, la privant ainsi de ce qu'elle aime dans son métier.

 

                  Durant mon stage j'ai donc été amenée à m'intégrer dans cet ensemble et à accomplir une variété de travaux. En tâche de fond j'ai travaillé à la traduction du catalogue de l'artiste dans la perspective de permettre la vente et les expositions des œuvres à l'international. Ce catalogue retrace le parcours de Véronique Ellena au travers de ses séries et les commente. La principale difficulté dans ce travail de traduction a résidé dans la spécificité du vocabulaire technique utilisé et la complexité des idées exprimant la démarche de l'artiste et la perception de l’œuvre par le public. J'ai développé un goût pour cet exercice durant mon année d'hypokhâgne et nos cours d'anglais m'ont permis d'avoir les bons réflexes face au texte à traduire pour m'assurer au mieux de l'idiomatisme de la traduction.

                  Par ailleurs, j'ai assisté Véronique Ellenadans du travail de classement de documents.

                  J'ai également eu la responsabilité de traverser Paris de laboratoire en laboratoire pour aller récupérer des disques durs. Ceux-ci contiennent les œuvres de l'artiste au format numérique permettant de réaliser les tirages définitifs des photographies.

                  Afin de préparer une masterclass sur le thème du paysage dans la photographie à laquelle l'artiste participait, j'ai d'abord contribué à structurer cette présentation et l'organisation de la prise de parole des intervenantes par la création d'un plan, exercice auquel nous sommes habitués par les dissertations.

Ensuite, on m'a confié le soin d'écrire le texte de présentation de cette masterclass destiné à être diffusé pour la promouvoir. Lors de son écriture j'ai réalisé qu'en hypokhâgne nous apprenons à avoir la rigueur nécessaire à la production d'un texte à la fois clair, précis et concis.

Enfin, j'ai été chargée du choix des images de l'artiste, support visuel pour la présentation.

                  D'ailleurs, le choix des images a été fait dans la continuité d'une autre tâche qui a été celle de vider l'entièreté de la réserve de tirages d'essai en grand format de Véronique Ellena, une centaine de photographies, de les identifier, de les enrouler de nouveau pour assurer leur bonne conservation, de les lister et enfin de les ranger par série. Ce qui, en plus du travail manuel, a exigé que je comble rapidement des lacunes que j'avais sur certaines séries, j'ai donc mis en œuvre la capacité d'apprentissage acquise en classe préparatoire.

J'ai également été chargée de conditionner des œuvres à grand renfort de papier de soie et de papier bulle afin qu'elles puissent être entreposées ou transportées.

                  Par ailleurs, une autre des tâches qui m'a été confiée a été de mettre à jour la base de données répertoriant les très nombreux contacts professionnels de l'artiste. J'ai dû, pour cela, utiliser le logiciel Excel qui nécessite un savoir-faire dont l'enseignement n'est pas dispensé en hypokhâgne. Par conséquent il s'agit de quelque chose sur lequel il est nécessaire de se former.

 

Enfin, plus généralement, j'ai su mobiliser à bon escient des connaissances pointues et de la culture générale afin d'intervenir dans des échanges avec des spécialistes en histoire de l'art et autres chercheurs. Ces capacités découlent directement des enseignements suivis en hypokhâgne et du travail fourni en khôlle.

 

Anecdote : Les prénoms

 

                  Un aspect important de la vie d'un artiste est sa capacité à créer, entretenir et tirer profit de ses relations aussi diverses soient-elles. Ma quatrième journée de stage  s'annonçait calme. Le matin, Monique allait « passer » à l'atelier afin que nous puissions préparer la masterclass sur le thème du paysage qui aurait lieu d'ici une semaine.

Pull rose, lèvres bleues, j'arrivai à l'atelier. L'entrée de Monique suivit de peu la mienne, annoncée par la sonnerie stridente de l'interphone. Elle entra souriante, salua Véronique comme une vieille amie, puis moi, stagiaire dont la présence lui paraissait très normale. Nous nous assîmes autour de la table de l'atelier : « Thé ? Café ? Eau ? ». Après avoir demandé l'autorisation de prendre des notes, je m'effaçais soigneusement derrière mon carnet, attentive à la conversation. Je ne fus pas déçue. Loin de la galeriste chargée d'une mission quasi-divine ou du commissaire d'exposition illuminé, Monique ouvrit sans hésiter le chapitre de sa rencontre avec Véronique il y a plusieurs années dans le domaine de la fondation des Treilles où Véronique était en résidence et où Monique participait à un colloque. Sans approfondir le contexte, elles se plongèrent directement dans les détails croustillants sur les personnalités présentes dans ce cadre idyllique. De Régis Debray à Antoine Gallimard, mes images mentales furent quelque peu ternies. Je commençais tout de même à me poser des questions sur les activités de Monique qui tenait tout de même Debray pour l'un de ses amis proches... Après près d'une heure d'exclamations réjouies à l'évocation de souvenirs communs, le sujet de la conversation changea. Nous entrions dans la préparation de la masterclass qui fut bien vite, et malgré mes réticences à une transposition littérale au féminin, renommée « mistressclass ». J'avais pourtant proposé le très français « atelier » ou le plus moderne « classe de maître(sse)(s) »... Cette présentation avait pour objet le livre La Fabrique photographique des paysages qui traite la question du rapport entre la photographie et les paysages et dont l'écriture avait été dirigée par Monique qui avait, entre autres photographes, questionné Véronique sur son rapport aux paysages. Seulement l'importance de la question du paysages et de ses enjeux dans le monde contemporain appelait vraisemblablement à un questionnement immédiat de la part des deux femmes qui excita si bien ma prise de notes que je me voyais projetée dans les dernières minutes frénétiques d'une épreuve de concours de philosophie impromptue. Finalement, peu désireuses de terminer leur conversation ou bien de se pencher sur l'organisation concrète de leur présentation, elle décidèrent que nous allions déjeuner non sans avoir convenu qu'une stagiaire d'hypokhâgne ferait parfaitement l'affaire pour préparer le texte de présentation de la masterclass qui serait largement diffusé pour attirer le futur public. Après un déjeuner dont la prise de note avait été contrariée par les assiettes, je pris tout de même quelques minutes, intriguée par toutes les histoires, connaissances et relations mentionnées par Monique, pour me renseigner sur cette femme avec laquelle j'avais passé une demi journée sans en connaître plus qu'un simple prénom. Le couverture de La Fabrique photographique des paysages m'apprit son nom, France Culture fit le reste « Monique Sicard : chargée de recherches au CNRS spécialiste d'Histoire et de Philosophie de la Photographie ». J'étais admirative, impressionnée et ne pouvais m’empêcher de trouver ma apparence légèrement déplacée : pour moi elle avait été Monique pendant toute une matinée.

                  Le jour de la masterclass et dernier jour de mon stage, après avoir traversé sous trente-cinq degrés Paris harnachée avec chambre photographique, trépieds et grands-formats enroulés, je finissais d'organiser la salle quand Monique Sicard s'adressa aux premiers arrivants pour présenter un ami venu assister à la présentation : « Excusez-moi, je m’apprêtais à l'appeler Jean-Seb par habitude mais voici Jean-Sébastien, un bon ami à moi féru de photo ! ». Discrètement, je fis appel à Google, cette fois immédiatement, grâce à son nom glané sur la pochette cartonnée bleue qu'il tenait à la main. J'avais en face de moi Jean-Sébastien Macke docteur ès Lettres, ingénieur au CNRS au Centre d'étude sur Émile Zola et le naturalisme, qui gardait soigneusement dans la pochette des copies de photographies prises par Zola, c'est tout juste si je pu prévenir le décrochement de  ma mâchoire.

Rapport de stage : Lou Lopez

 

  J’ai fait mon stage du mardi 11 juin au vendredi 28 juin dans l’association de lutte contre le sida Les ActupienNEs. Cette association a un statut spécial dans le monde de la lutte contre le sida, puisqu’elle est issue d’une scission au sein de l’association Act up Paris et s’en est détachée le 10 avril 2018. De cela découle un effectif limité (moins de vingt membres), et le fait de ne pas avoir de locaux. Ce stage était donc composé de travaux individuels et d’activités collectives.

 

 

Les travaux individuels étaient des transcriptions de fichiers audio enregistrés en vue d’une étude sur le fait de vieillir avec le VIH, les fichiers « Vespa vieux ». Ainsi, l’association m’en a envoyé deux pour que je les transcrive chez moi. Ces audio se constituent de deux membres de l’association, Xtophe et Romain, le président, ainsi que de deux intervenants ou plus. Les membres de l’association leur posent alors des questions qui peuvent aller de « comment ressentez-vous votre traitement » jusqu’à « avez-vous prévu votre retraite » en passant par « que pensez-vous de la séparation nette entre votre médecin traitant et votre infectiologue ». Les fichiers durent environ 1H30, et la discussion se meut au rythme de chacun, de telle sorte que les intervenants ne soient pas appelés à répondre, mais qu’ils parlent d’eux-mêmes, suivant leur confiance au fait que les membres de l’association ne divulguent pas leurs informations personnelles. Celles-ci restent en effet en majorité confidentielles au sein de l’association, en majorité : l’un des enjeux de cette étude est tout de même de montrer aux infectiologues que les effets secondaires existent et que les allègements de traitements sont parfois nécessaires pour vivre, mais ces fichiers audio ne sont pas seulement cela, ce sont des véritables morceaux de vie.

 

 La difficulté spécifique du premier fichier audio était que je ne parvenais pas à distinguer les voix des deux intervenantes. Pour le transcrire, j’ai essayé de reconstruire la logique au sein des discours des deux intervenantes à partir d’arbres logiques de type « si A perd son logement, alors A soignée par le professeur Katlama » (ce type de reconstruction n’existe bien sûr que dans le discours, et non dans la réalité, ce n’est pas car A perd son logement que A est soignée par le professeur Katlama) et en suivant l’enchainement des répliques. Tous les arbres pouvaient s’écrouler à la moindre information qui dans l’enchaînement devait appartenir au discours de l’une des intervenantes, mais qui n’appartenait pourtant qu’à la logique du discours de l’autre. Ainsi, une intervenante qui se parlait à elle-même en mimant la réflexion qu’elle a eue pour se pousser à dépasser son blocage sexuel lié au sida s’interpella par son prénom… Impossible : c’est le mauvais prénom ! Tous mes arbres étaient faux. En remontant, je me suis rendu compte de ce qui m’a fait basculer dans l’erreur, et j’ai pu reconstruire les deux discours.

 

La difficulté spécifique du deuxième fichier audio était que l’un des intervenants était… insaisissable. Parlant vite, avalant des sons : facile, il suffirait de saisir ce qu’il a dit avant et après. Sans doute avec un autre, pas avec lui. Inatteignable, sa pensée filait entre ses thèmes, oscillait, se retournait, dictait ses volontés aux membres de l’association  et construisait ses propres questions, de telle sorte que si ses phrases étaient tournées d’une façon si absconse, ses conclusions étaient toujours lumineuses et pleines d’une sagesse instable et légère. De quoi avoir envie de saisir ce qu’il raconte. Mais non, impossible, son discours est et restera troué.

Ces transcriptions étaient un aperçu des vies possibles des personnes âgées et séropositives, puisque cela m’a poussé, afin de comprendre les noms de médicaments, de médecins et d’hôpitaux, à faire des recherches. C’est également le cas de par le fait que cela m’a permis de saisir comment elles vivent leur maladie, et comment elle est perçue par leur entourage, avec les conséquences concrètes que les clichés et le rejet social peuvent avoir.

Ces transcriptions furent aussi l’occasion d’un travail sur la langue, autour de la question : comment écrire ce que l’on dit ? En effet, une phrase parlée ne se détermine jamais d’une façon aussi certaine qu’une phrase écrite, elle peut s’accélérer ou bien se troubler sous l’effet d’une hésitation, spécifiquement pour certains qui sont peu à l’aise à l’oral. De ces transcriptions, il se dégage parfois un charme que j’essaierai de conserver dans le futur par rapport à l’humour. En effet, la discussion étant informelle, certaines blagues ont eu l’occasion d’être prononcées. Or, ne transcrivant pas les rires, ni les changements de ton indiquant la décontraction, elles se retrouvèrent alors parfois mêlées à des considérations très sérieuses sur la vie humaine, ce qui créait alors des images assez subtiles, puisque peu accentuées, et bizarrement belles, par une absurde sortie du monde réel.

 

 

Les activités collectives survenaient à des dates spécifiques. Chacune des dates était notée sur un calendrier numérique où les membres de l’association pouvaient indiquer leur présence. Les membres communiquaient également énormément par mail, et tous les adhérents sont inscrits sur une liste numérique de telle sorte que toute l’association puisse recevoir les mails. Etant toujours adhérent, je reçois encore très régulièrement des mails de membres de l’association.

 

La première était une « causerie santé » au centre LGBT, dans le 3e arrondissement, à propos des médecins de ville et de la santé des gays, le mardi 11 juin. L’association était venue en petit comité, et nous nous étions quatre pour une vingtaine de personnes présentes. Les débats avaient pour enjeux la hausse récente des IST et du VIH, et se sont lancés après un bref rappel historique sur les conditions de vie des personnes séropositives pendant la décennie 1990 – 2000,  avec des questions autour de la communauté gay. Cet élément de la conversation, la communauté gay, m’a par ailleurs fortement marqué tant il revenait comme argument pour prendre position sur l’utilisation de certains traitements, comme la PrEP (traitement avant une exposition potentielle au VIH), et était l’ambiguïté principale du débat, ce que chacun savait bien : cette gestion en interne a posé des problèmes et fait pesr des clichés sur les femmes porteuses du VIH par exemple (c’est moins le cas aujourd’hui). Ainsi, la PrEP, puisqu’elle permet une sexualité libérée de la peur du sida, et ainsi un retour à la sexualité débridée de la fin des années 70 (ce qui favorise le retour de certaines IST, comme la syphilis). Or, certains membres de la communauté gay trouvent cela dégradant pour ladite communauté (et cet argument a du poids). Les médecins considéraient toutefois que les personnes sont aujourd’hui bien plus au fait des risques qu’elles prennent, quoique certaines populations défavorisées soient toujours confrontées à un déficit d’information à propos du VIH (on peut notamment penser aux migrants porteurs du VIH).

 

La deuxième était la séance de cinéma du film Together alone de P.J Castellaneta au Grand action, dans le 5e arrondissement. La directrice du cinéma avait pris contact avec Rémi, l’un des membres de l’association, pour faire venir les ActupienNEs. Ce film est sorti en 1993 où il a tourné dans de nombreux festivals LGBT et obtenu plusieurs prix, puis a été oublié. On a alors vu en avant-première sa version restaurée par Local films. Le film est une longue discussion entre deux hommes après avoir fait l’amour. Le thème du sida n’est finalement pas primordial dans le film : il existe, mais au détour d’un questionnement plus large sur l’homosexualité, l’amour et la solitude. Après le film, un débat a été lancé. Mathieu, l’un des membres de l’association, et cinéphile, a mis en avant ses qualités indéniables (réalisation, jeu d’acteurs, lumière, musique, écriture). De plus, ce film se construit sur une discussion, un mouvement de balancier, de points de vue qui s’attirent, se repoussent, se renvoient à l’autre quand ils cherchent à se concilier, ce qui rend le film problématique. Alors, celui-ci a repris l’histoire des films traitants du sida afin de l’inscrire dans sa période : on note ainsi l’approche métaphorique dans le Dracula de Coppola en 1992, certaines allusions, comme dans Forrest Gump de Zemeckis en 1994, ou encore un film assez courageux,  Philadelphia de Demme en 1993, premier film d’Hollywood à traiter du sida et de l’homosexualité. La grande force de Together alone est que, tout en interrogeant profondément l’homosexualité et le sida, il n’est jamais larmoyant ou violent, et parvient, par ses dialogues et son montage à maintenir un bon rythme.

 

La troisième activité en groupe est survenue le mardi 23 juin : il s’agit de l’un des rendez-vous bimensuels, qui avait été décalé par les activités des mardis précédents. N’ayant pas de locaux, l’association se réunit dans une salle de l’école 42 à Porte de Clichy, la salle Lothlorien. Ce soir-là, la séance était mouvementée et tendue avec la Gay Pride qui approchait. Chacun a alors décrit l’évolution du dossier sur lequel il travaille : une action avec une mairie avec pour thème « sport et VIH », avancement des recherches sur le papillomavirus, temps d’abstinence pour les homosexuels avant de donner leurs sang, développement de logements collectifs entre personnes LGBT, réception d’un document où un docteur recense les IST des étudiants de Paris 1 Sorbonne avec un échantillon qui varie selon les maladies (on observe bien le retour en force de certaines IST), description de l’état des dépistages en milieu pénitentiaire, avancée des Vespa vieux… Et la Gay Pride : les slogans trouvés, il faut produire un tee-shirt chacun. Chez qui les prendre, avec les banderoles, et tout le matériel ? Chez Romain, le président, qui vient justement d’arriver… Cette année, le trajet sera long, entre Montparnasse et République, et il fera particulièrement chaud : pas question de rester debout sur un char à tenir des pancartes. On se met d’accord sur la route : c’est tout droit entre Port-Royal et Strasbourg St Denis, et Romain y habite justement, près de Port-Royal. Autrement, les publications sur internet… Et puis l’on revient sur cet éparpillement de dossiers, ce qui conduit inévitablement à des maladresses, à être mal préparé lors d’actions avec des associations plus spécialisées… Il faudrait parvenir à dire non. Il est clair que l’association a fait trois ou quatre fois plus qu’Act up cette dernière année, au prix d’un épuisement général. Et ce qui se travaillait depuis des mois éclate : altercation ; Romain, furieux, sort de la salle. Chacun tentera d’expliquer la situation à sa manière.

 

 

 

Il est venu le temps des conseils aux hypokhâgnes. Si vous travaillez chez vous lors de votre stage, je vous conseille de faire un travail assez dirigé. Ainsi, les transcriptions sont un travail extrêmement laborieux et lent, mais où les consignes sont assez simples : écrire ce que l’on entend pendant une heure et trente minutes. Ainsi, alors que l’on subit une baisse extrême de stress lié au passage en khâgne, on peut tout de même trouver le semblant de motivation pour les faire. On m’avait également proposé de faire des fiches de droits sociaux à partir de celles d’Act up des années 90 avec le droit actuel (c’est Xtophe qui avait fait ces fiches à Act up, celui qui fait, avec le président, les Vespa vieux). Or, je n’avais aucune idée d’où aller. Il y a une méthode, certes, on définit le type de droit, pour qui, selon quels critères, à quel pourcentage… Sauf qu’il faut tout réunir et synthétiser soi-même.

Cependant, il n’y a pas que ça : les transcriptions apportent un certain plaisir de voyeurisme tant on peut rentrer dans la vie humaine, élément marquant pour un littéraire, là où le droit me semblait profondément aride et sans vie. Ainsi, je me suis senti presque plus utile à écouter des gens raconter leur vie plutôt que de faire des guides qui aideront possiblement d’autres à animer la leur : tout le problème de la motivation est sans doute là, dans ce que l’on peut voir de l’aboutissement de son travail, quand bien même on ne le voit que par des voies détournées.

Rapport de stage : Clovis Vallage

Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine (CIAP) de Pontoise

Du 8 au 25 juin 2019

 

A l'issue de mon hypokhâgne, il m'a été possible d'effectuer un stage en entreprise. Étant très intéressé par l'histoire, je l'ai réalisé au Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine (CIAP) de Pontoise dirigé par Anne-Françoise Callandreau.

Durant ce stage de quinze jours, j'ai découvert bien plus que la gestion d'un musée : j'ai pris connaissance des rouages du service patrimoine d'une ville labellisée d'Art et d'Histoire qu'est Pontoise. En effet, le musée du CIAP n'a constitué qu'une tâche mineure dans mon stage qui s'est articulé essentiellement autour de manifestations pontoisiennes dont Anne-Françoise avait la charge.

 

Au début de mon stage qui a commencé le lendemain du dernier jour de cours (c'était un peu pesant), j'ai accompagné ma tutrice lors des Rendez-Vous aux Jardins. Il s’agit d’une manifestation qui consiste pour les particuliers à ouvrir leurs jardins pour les faire visiter au public. Durant la matinée, j'allais de propriétaires en propriétaires récolter des informations pour la mairie : taux de fréquentation, éventuels problèmes, … L'après-midi, j'ai été placé dans un jardin de particuliers pour effectuer un pointage des visites. Même si la tâche était ennuyeuse, j'ai pu bénéficier de l'hospitalité des propriétaires qui se sont montrés intéressés par mon parcours et avec lesquels j'ai pu échanger.

Pendant la première semaine, je me suis attelé à la rédaction d'un article pour le journal de Pontoise concernant la construction de quartiers au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Chercher les informations dans de nombreux documents et les synthétiser pour écrire un article ne devant pas dépasser une page m'a beaucoup plu. De plus, le sujet de cet article a (re)éveillé en moi un goût prononcé pour l'urbanisme. Ce stage qui au départ était un peu un hasard m'a permis de m'ouvrir sur de nouvelles perspectives d'orientations à l'issue de la prépa.

Tâche répétitive mais instructive, j'ai rempli les formulaires du ministère de la culture (DRAC) pour les Journées du Patrimoine. Cela consistait à répertorier des événements et des visites sur la ville. Le travail était répétitif car il ne s'agissait que d'un remplissage de formulaires identiques mais toutefois instructif car j'ai pu découvrir l'histoire de certains lieux emblématiques de Pontoise.

Toujours en relation avec les Journées du Patrimoine, j'ai accompagné ma tutrice à un rendez-vous professionnel concernant une représentation théâtrale sur Nicolas Flamel, natif de Pontoise. J'ai pu voir l'envers du décor d'un montage de spectacle et les difficultés que cela représente (sécurité, finances, respect de la vocation du lieu de la représentation, le cas échéant, une église).

Chose à laquelle je ne m'attendais pas, j'ai été amené à animer des ateliers sur le patrimoine auprès de scolaires. Même si parfois cela pouvait être assez pénible, j'ai grâce à ces ateliers, pu participer à des visites très intéressantes comme la Basilique-Cathédrale de Saint-Denis. Par ces activités variées, j'ai pris réellement conscience du grand travail de transmission des animateurs du patrimoine.

 

Ce stage m'a donc fait découvrir le large panel des professions liées au patrimoine et l'envers du décor de la construction d'expositions et d'activités proposées au public. J'ai vraiment apprécié rédiger l'article et je me suis surpris moi-même à aimer animer des ateliers pour les scolaires. Je tiens donc à remercier Anne-Françoise Callandreau pour m'avoir donné l'opportunité de travailler au sein de son service dans lequel on ne s'ennuie pas du fait de la grande variété des activités. Je tiens également à remercier Bénédicte Gontran et Pauline Prévot, animatrices du patrimoine qui ont fait de ce stage un moment agréable. Leur passion pour leur métier a été un véritable atout dans la diversité des activités qu'elles m'ont proposées durant mon stage qui ne s’est pas résumé à une simple observation.

Rapport de stage : Selma Cheikh

  11 juin - 30 juin 2019

 

 

Le Louxor, palais du cinéma 170 boulevard Magenta 75010 Paris.

Directeur : Emmanuel Papillon
emmanuel.papillon@cinemalouxor.fr - 01 44 63 97 00

Assistante de direction (Jeune Public et Communication) : Stéphanie Hanna
stephanie.hanna@cinemalouxor.fr - 01 44 63 96 96

 

 

Le Louxor est un cinéma de la ville de Paris qui a délégué sa gestion à une entreprise privée (DSP). L'entreprise qui s'en charge est là depuis la réouverture du lieu en 2013 et réussit à donner une dynamique conviviale et chaleureuse à ce cinéma de quartier. L'équipe est constituée d'une quinzaine de membres chacun ayant une mission propre mais toujours là dans les autres missions en cas de besoins, notamment dans l'accueil du public. Le cinéma est est un cinéma de première exclusivité, art et essai qui est composé de trois salles. Il faut donc choisir les films, s'arranger avec les distributeurs sur les modalités de réception du film car il y a toute une chaîne d'acteurs qui a la charge d'un film (production-distribution-exploitation) et l'exploitant en acceptant un film doit par exemple accepter de le projeter 3 semaines 4 séances par jour (mission du directeur). Il faut les projeter, vérifier le son dans les salles, accueillir le public, gérer le bar, promouvoir les évènements grâce aux réseaux sociaux, flyers, affiches (communiquer quoi), répondre au téléphone qui sonne tout le temps, faire les comptes, créer des évènements jeune public... Enfin tout un tas d'actions qui permettent la réputation du lieu.

 

C'est Stéphanie qui m’épaulait, avec Morgane, une stagiaire de six mois en communication. Dès lors j'ai surtout fait de la communication. Lire des articles critiques à propos de films de répertoire ou récents, repérer des phrases chocs pour pouvoir les mettre dans le programme de la semaine, choisir des photos, programmer des évènements sur internet (ce que je ne savais absolument pas faire), livrer à vélos des petits flyers sur l'évènement principal (Cannes au Louxor (reprise en avant-première d'une sélection des films présentés à Cannes 2019)) avec des lieux donnés (La cinémathèque, la Fémis, le Forum des Images, des boulangeries...), trouver des adresses des publics qui potentiellement seraient intéressés par une avant-première en particulier (par exemple pour La Cordillère des songes, film chilien, on va plutôt axer la communication vers des associations chiliennes ou qui promeuvent la culture Sud-Américaine à Paris. Et en effet, c'est effectif, le soir de la projection des sonorités espagnoles pouvaient être entendues.) Evidemment je n'avais pas de grosses responsabilités puisque je ne connaissais rien au milieu, souvent je regardais, on m'expliquait, puis je faisais un peu, j'étais surtout dans les bureaux.

J'ai aussi fait l'accueil et la caisse aux heures où il n'y avait que peu de monde (en journée les salles sont très peu remplies et par une moyenne d'âge de 60 ans), et si je ne maîtrisais pas une manipulation je redirigeais le client à la caisse du collègue. Toujours dans l'accueil du public, j'ai dû interroger le public sur sa fréquentation du Louxor, pour aider Morgane qui faisait des statistiques sur le public du Louxor. C'est un public plutôt âgé, qui se rend fréquemment au Louxor car, notamment, sa proximité et sa programmation plaisent. J'ai aussi distribué des flyers Cannes au Louxor pendant la semaine de l'évènement pour faire venir un maximum de gens aux avants-premières suivantes. Enfin, le Louxor accueille un public très enthousiaste pour qui ce cinéma est un incontournable des cinémas parisiens.

N'oublions pas que j'ai pu profiter des films programmés et ça, c'était vraiment chouette.

 

Même si le stage se déroule en juin, après une rude année d'hypokhâgne, et qu'on a ardemment envie d'être pleinement en vacances, force est de constater que c'est une expérience constructive et quand bien même certaines journées furent peu stimulantes, d'un point de vue global le stage permet une prise de conscience sur sa capacité à s'adapter à un milieu professionnel inconnu. Faire l'expérience de la hiérarchie (et en être tout en bas) recevoir des directives, être soumis à des contraintes horaires et répondre à des tâches pas toujours attrayantes, permet de se rendre compte de la nécessité d'être clair avec soi-même dans les objectifs qu'on se donne, dans le travail qu'on cherche à effectuer, et dans ce qu'on veut faire de sa vie professionnelle (sinon ennui inévitable).

Par ailleurs, l'organisation et la rigueur dans les chiffres semblent être primordiales dans une entreprise pour le bon fonctionnement du cinéma et l'entente entre les membres de l'équipe.

Ensuite, maîtriser ses logiciels comme Exel, Illustrator m'a paru indispensable pour être efficace. Or je ne savais pas m'en servir et les ordinateurs ça n'a jamais été mon point fort... Encore une fois,il a fallu s'adapter.

J'ai aussi découvert, comme tout au long de l'année, mais là dans un cadre professionnel, la nécessité de communication (promouvoir, être actif dans les évènements pour faire fonctionner le cinéma) mais aussi savoir parler au public, oser s'imposer, répondre aux questions et garder son sang- froid quand quelqu'un s'agace...

Il faut donc que je travaille mes capacités communicatives surtout.

 

Le stage s'est bien déroulé aussi car l'équipe est très accueillante et chaleureuse, aidante ce qui m'a permis de m'intégrer facilement.

Site des CPGE du Lycée Chaptal

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