Rapports de stage 2007

Cécilia Barbry

Lycée Chaptal

 

Rapport de stage

12 juin – 13 juillet 2007

Lieu du stage :

Estabelecimento prisional Santa Cruz do Bispo

Adresse : Rua de S. Brás 4450 Matosinhos PORTUGAL

Téléphone : (00 351) 22 999 65 60

Tâches effectuées :

Observations du fonctionnement des différents services :

- Administration: directeur, services d’éducation, service de gestion des dossiers des détenus.

- Autres services : infirmerie de la clinique psychiatrique, différents ateliers de travail, atelier d’arts plastiques pour les malades de la clinique, atelier de thérapie occupationnelle pour les malades de la clinique, service des gardiens.

Visites :

- Visite complète de l’établissement pénitentiaire spécial de Santa Cruz do Bispo (prison féminine) et de l’établissement pénitentiaire de Paços de Ferreira situé à 22km de Porto.

Présence lors de différents évènements :

- Visite d’un groupe international d’une quarantaine de personnes venant d’Angleterre, d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne, du Danemark, de Pologne et de Finlande dans le cadre d’un projet commun pour l’amélioration des conditions de visites entre les détenus et leurs enfants.

- Trois conseils techniques (2 conseils avec le juge, 1 conseil interne au personnel).

- Tournoi de football entre la prison de Santa Cruz do Bispo et une autre prison.

- Fête annuelle du personnel des Etablissements pénitentiaires du Portugal, organisée cette année à Leiria, à 156km de Porto, par le syndicat des gardiens de prisons. A cette occasion, il y eut une présentation d’une nouvelle arme destinée à immobiliser sans blesser au moyen d’une décharge électrique.

- Réunion à la prison féminine de Santa Cruz do Bispo pour la présentation d’un nouveau logiciel permettant d’informatiser les dossiers des détenus.

- Exposition de peinture avec des œuvres de détenus de la prison de Braga, à 47km de Porto.

- L’annonce brutale, le 2 juillet, de la mutation du directeur pour un autre établissement pénitentiaire deux semaines plus tard.

Entretiens :

- Entretien avec différents responsables administratifs

- Entretien avec la thérapeute occupationnelle

- Entretien avec la psychologue

- Entretien avec la psychiatre

- Entretien avec une garde féminine

- Entretien avec plusieurs détenus

- Entretien avec le responsable du secteur de l’électricité et de l’atelier de travail

- Entretien avec la française détenue dans la prison des femmes

Travaux :

- Lecture d’un dossier appartenant à un détenu du régime commun et d’un autre appartenant à un détenu de la clinique psychiatrique.

- Statistiques : taux de récidive, palette des différents crimes, durée de peine moyenne.

Quelques informations sur l’établissement :

L’établissement pénitentiaire de Santa Cruz do Bispo (EPSCB) est situé à 8km de Porto. Il a été construit sur les lieux d’une ancienne ferme datant du 12 ème siècle, propriété privée de Dona Mafalda, qui est la petite-fille du premier roi du Portugal. Cette ferme a ensuite été offerte aux évêques de Porto qui s’en servaient lorsqu’ils venaient en retraite. En 1910 le lieu devient propriété d’Etat après avoir été retiré des mains de l’Eglise, et commence à être utilisé comme annexe de la prison de Porto à partir de 1935. Il devient établissement pénitentiaire (EP) autonome avec sa propre direction en 1946.

L’EPSCB comporte 32 hectares et est composé de 4 unités : le pavillon du régime commun comprenant 230 détenus environ (aucun détenu préventif), une clinique psychiatrique comprenant 130 malades environ (dont 80 sont jugés irresponsables et 7 sont détenus préventivement), une vingtaine de détenus dans l’Unité Libre de Drogue (ULD), où ils sont isolés des autres et suivent un traitement intensif contre la toxicodépendance, et enfin la Maison de St André (MSA) où sont accueillis une vingtaine de personnes : les détenus très âgés ou très malades, ou les anciens détenus qui ont purgé leur peine mais qui n’ont plus aucune famille pour les accueillir. L’EPSCB est le seul, sur la cinquantaine d’EP au Portugal, à comporter une clinique psychiatrique.

L’EPSCB est un établissement semi-ouvert, avec des murs relativement bas, des champs ouverts, et aucune zone de haute sécurité. La majorité (29%) est détenue pour vol (vol, vol qualifié, vol avec effraction et/ou vol avec effraction qualifié), 10% le sont pour trafics en tout genres, 7,5% pour conduite en état d’ivresse ou sans habilitation légale, 7,5% pour violences contre des personnes, 7% pour abus de confiance, 6,5% pour homicide ou homicide qualifié, 5,3% pour abus sexuels ou viols, 3% pour détention d’arme illégale et 7% pour d’autres sortes de crimes ou délits. 42% des détenus sont récidivistes et parmi eux 56% n’ont récidivé qu’une fois. Le record de récidives est de 7 fois pour 2 détenus. La peine moyenne est de 6 ans et 8 mois et 3 détenus purgent une peine de 25 ans de prison, qui est le maximum dans la loi portugaise.

Enfin, il faut noter que 73% des détenus au Portugal sont emprisonnés à cause de crimes liés de près ou de loin à la drogue : trafics, mais aussi vols pour obtenir des ressources financières suffisantes afin de subvenir aux besoins crées par l’addiction à la drogue.

Analyse personnelle de ce qui a été observé :

Juridiquement, la fonction de la prison est double : elle doit avoir une fonction de punition du criminel et de protection de la société. Mais elle doit aussi avoir une fonction de réinsertion, une fonction pédagogique qui doit permettre aux détenus de changer leur comportement pour s’intégrer à la société.

C’est avec ce dernier objectif en tête que travaille l’EPSCB. Mais comment faire pour aider les détenus à se réintégrer dans une société qui les a condamnés ?

Si de nombreuses actions sont entreprises pour aider les détenus tout au long de leur peine, celles-ci sont souvent entravées par de nombreuses difficultés qui n’empêchent cependant pas les fonctionnaires de continuer à les accompagner en gardant en tête l’idéal d’une réinsertion réussie.

I. Les actions effectuées dans le but d’aider les détenus

A) La base du respect humain

Lorsque l’individu condamné rentre dans l’EPSCB, il a déjà été jugé. La mission des fonctionnaires n’est donc plus de le juger mais de l’accompagner durant son séjour. On peut considérer qu’au départ l’individu dispose d’une peine, mais d’une peine provisoire, et que s’il se comporte normalement, s’il ne crée pas de problèmes, il peut se voir accorder différentes libertés. C’est la première chance que l’on offre au détenu : la chance de se racheter au moyen d’une bonne conduite. Il peut bénéficier de sorties ponctuelles ; d’un régime de confiance au sein de la prison, grâce auquel il peut circuler librement dans l’enceinte de la prison tout en étant moins surveillé ; d’un régime de confiance élargi qui lui permet de travailler à l’extérieur ; et enfin d’une liberté conditionnelle possible à la moitié ou aux 2/3 de la peine, suivant que la peine initiale dépasse ou non les 5 ans. Il peut enfin faire une demande de grâce au président de la république, qui sera accompagnée des rapports des techniciens d’éducation émettant un avis favorable ou non.

On offre également aux détenus la possibilité de travailler, dans la mesure du possible ; de suivre des cours, mais uniquement jusqu’au CM2 à l’EPSCB ; d’avoir accès à une formation et à la possibilité de passer des diplômes, par exemple l’EPSCB propose une formation d’horticulture ; l’accès aux livres : Le Tunnel de Sabato, Journal d’un tueur sentimental de Sepulveda, Le crime de Lord Arthur Savile d’Oscar Wilde sont trois exemples de titres que l’on peut trouver dans la bibliothèque… une thérapie par l’identification ou la prise de conscience ? ; l’accès à des soins médicaux : en 2006 les médecins ont effectué 3263 opérations médicales et les infirmières 5015 opérations et 2013 injections ; à un soutien psychologique, avec tests psychologiques, entretiens privés, entretiens avec la famille… et tout cela gratuitement. Le psychologue et les différents techniciens d’éducations sont là également pour faire le lien avec la famille du détenu, essayer de renouer le dialogue lorsqu’il est rompu, parler éventuellement des sentiments de chacun face au crime qui a été commis. Concernant le travail à l’extérieur de la prison, des accords sont signés avec l’hôtel de ville notamment pour des travaux de recyclage ou dans l’environnement.

Plus généralement, on considère le détenu comme un homme et non comme un criminel ou un animal. A ce titre il a droit par exemple à une porte et non à de simples barreaux à sa cellule pour préserver son intimité, et dans la prison des femmes qui a été inaugurée en 2005, les douches sont à l’intérieur des cellules. En théorie il doit être respecté comme n’importe quel autre individu, mais des dérapages ne sont pas à écarter. Le manque de formation des gardiens par rapport au côté humain de leur métier peut parfois conduire à des comportements critiquables. Au cours de leur travail, les gardiens sont évalués par le chef et les sous-chefs sur les critères suivants : qualité du travail, assiduité et ponctualité, présentation et attitude, connaissances professionnelles, adaptation professionnelle, perfectionnement professionnel et initiative. Des critères imprécis et surtout des moyens d’évaluation plus que difficiles à mettre en place. En effet, que sait le chef exactement de ce qui se passe entre un gardien et un détenu ?

Quel que soit le crime commis, le respect de la dignité humaine est au fondement de toute réinsertion possible. Mais l’EPSCB tente de faire plus que le minimum vital.

B) Les petits « plus » de l’EPSCB

Le personnel essaye d’être à l’écoute des besoins des détenus et de multiplier les possibilités d’actions. C’est ainsi qu’il est offert à une vingtaine de détenus la possibilité de suivre un traitement intensif contre la toxicodépendance dans l’ULD à l’aide de médicaments mais aussi à l’aide de débats et de discussions à propos des effets de la drogue. Ils sont isolés dans un bâtiment séparé, neuf, propre, bien équipé, et le fait d’être en petit nombre facilite l’esprit de groupe qui est nécessaire dans ce genre de situation. En ce qui concerne les loisirs, des tournois de football, de dominos, d’échecs sont organisés, mais aussi le concours de la chambre la mieux rangée par exemple, avec des remises de prix à chaque fois. On organise aussi des fêtes, on fait venir des troupes de théâtre ou des conteurs, on organise également des compétitions de musique ou de sport entre les prisons. On écoute également les besoins des détenus : un détenu a été autorisé à recevoir la visite de son chien, des visites sont organisées pour que les femmes détenues dans l’EP voisin, à qui il manque l’odeur de la campagne, puissent voir les vaches et les poules. Un projet commun à plusieurs pays de l’UE est en cours de réalisation afin d’améliorer les conditions de visites entre les détenus et leurs enfants (construction de salles, réaménagement, décoration, publication d’un livre). Enfin deux ateliers de peinture sont ouverts (dont un pour les malades de la clinique). Les titres des œuvres à l’exposition de peinture des détenus de l’EP de Braga suffisent à montrer à quel point cet art est utilisé comme moyen d’expression de la souffrance et de la volonté d’évasion, que ce soient des titres comme « solitaire », « futurs incertains », « larmes », « désespéré » ou au contraire « paradis », « rêves », « nature », « univers »…

Ces petits « plus » passent également par une reconsidération de certaines fonctions : Le directeur reçoit les détenus dans son bureau pour des entretiens privés lorsqu’ils ont envie de parler. Il goûte également chaque midi et chaque soir la nourriture qui va être servie aux repas pour s’assurer de sa qualité. On reconsidère également la fonction de la clinique psychiatrique : les individus jugés irresponsables pénalement sont des malades mentaux, ils n’ont rien à faire dans une prison puisqu’ils ne sont pas condamnés. Se pose également la question des conséquences psychologiques sur un individu qui sort de la clinique de la prison après vingt ans pour être transféré dans un hôpital psychiatrique. En effet, en voyant tous ses repères s’effondrer il n’est pas rare de voir un malade se suicider et entraîner à sa suite toute une série de suicides par solidarité. Il en va de même pour la MSA qui pose certains problèmes puisque le ministère de la justice a fait savoir que ce n’était pas le but d’une prison que de s’occuper des détenus une fois leur peine terminée. Ce n’est certes pas la fonction de la prison mais plusieurs anciens détenus libérés étaient perdus après leur sortie, sans famille à l’extérieur pour les aider, et ont demandé à revenir dans l’EP. On voit donc que l’EPSCB n’hésite pas à outrepasser son rôle de prison, devenant prison, centre de désintoxication, clinique psychiatrique et maison de retraite tout à la fois. Enfin, des améliorations sont à constater au niveau de l’informatisation des dossiers qui permet d’assurer un meilleur suivi lors des transferts de prisonniers d’une prison à l’autre, ou dans l’élaboration d’une nouvelle arme destinée à immobiliser sans blesser au moyen d’une décharge électrique. Tous ces petits « plus » ont en commun la volonté d’humaniser le plus possible le séjour en prison pour les détenus. Mais cela ne veut pas dire pour autant que l’EPSCB oublie qu’il est avant tout une prison. Le détenu qui a remporté le prix du tournoi d’échecs a été puni le même jour à 15 jours de cellule disciplinaire pour cause d’une bagarre avec un autre détenu. On le punit de sa faute tout en le récompensant dans son effort par ailleurs. C’est précisément dans cette double attitude que l’EPSCB parvient à punir tout en respectant l’individu en tant que tel. On punit l’acte mais on n’oublie pas que derrière il y a un homme qui fait des choses bonnes par ailleurs.

Mais toutes ces actions se font parfois au prix de nombreux efforts, car les projets sont souvent entravés par des difficultés pratiques ou psychologiques.

II. Les difficultés rencontrées

A) Les difficultés pratiques

Comme dans beaucoup de services, le budget limité entrave les actions, ici l’amélioration des conditions de vie des détenus. Le manque de moyens se ressent dans le manque de personnel, dans le manque de rémunération des détenus qui travaillent, et dans le manque de rénovation des bâtiments. En effet 193 fonctionnaires travaillent dans l’EPSCB dont 126 gardes. Il n’y a qu’un seul psychiatre et qu’un seul psychologue pour près de 400 détenus. La plupart des détenus qui travaillent ne gagnent rien par manque de moyens. Or, comment faire comprendre aux détenus que c’est par le travail et non par le vol que l’on doit subvenir à ses besoins lorsqu’on les prive de rémunération et qu’on ne récompense pas leurs efforts ? Enfin les bâtiments de la clinique par exemple datent toujours de 1946. De plus, depuis quelques temps, un nouveau phénomène se développe : les peines de fins de semaine. Les détenus viennent passer par exemple 18 fins de semaine, du vendredi soir au lundi matin, pendant 3 ou 4 mois. Ces détenus doivent être isolés des autres, ce qui pose des problèmes de place et de réaménagement de l’espace dans des situations critiques, lorsque l’on arrive à 11 personnes dans une cellule de 50m2 par exemple. On doit improviser une nouvelle cellule dans la pièce qui leur servait de réfectoire… La clinique étant la seule clinique au sein d’une prison dans tout le Portugal, elle est également surpeuplée par des individus qui nécessitent tous des traitements quotidiens. Depuis quelques temps l’administration centrale ordonne des transferts vers des hôpitaux psychiatriques pour désengorger la clinique, posant les problèmes précédemment évoqués de perte des repères pour les malades.

Les transferts ou les libérations conditionnelles, s’ils sont théoriquement bénéfiques pour les détenus, interrompent parfois le travail effectué par les fonctionnaires au sein de la prison. Il y a quelques temps un malade de la clinique sourd-muet a été transféré vers un hôpital psychiatrique alors qu’il était en train d’apprendre le langage des signes à la prison. Comme c’est le juge qui a le dernier mot pour décider ou non de la liberté conditionnelle lorsqu’il s’agit de condamnés, les fonctionnaires ne savent jamais quand le détenu va partir ou pas, mais ils doivent tout de même continuer leur travail tout en sachant qu’il pourra être interrompu d’un moment à l’autre. Parfois les animateurs d’ateliers n’apprennent que le jour même de leur cours que leur élève est déjà parti. Un manque de communication significatif est à noter. De même, certains gardes n’apprennent que le matin ce qu’ils vont faire pendant la journée. Comment organiser un travail dans la durée si l’on ne peut rien prévoir ne serait-ce que pour le lendemain ?

Si le travail est déjà difficile avec des détenus portugais, il l’est encore plus avec les étrangers. Le témoignage de la française détenue dans la prison féminine montre la difficulté d’être emprisonné dans un pays étranger. Tout d’abord au procès, même s’il s’agit de deux pays européens, la culture et la mentalité sont très différentes et ce qui paraît choquant dans un pays peut ne pas l’être dans l’autre. Les difficultés pour communiquer entre le juge et l’accusé, ou entre le juge et les témoins peuvent impatienter le juge. Et quand on connaît les stratégies complexes en matière juridique, où l’on joue sur les mots, où l’on tente de faire dire à l’accusé ce qu’on veut qu’il dise, on peut facilement imaginer quelles conséquences cela peut avoir sur des gens qui ne comprennent pas et/ou ne peuvent pas s’exprimer dans la langue étrangère. Malgré la présence d’un interprète, les étrangers sont incontestablement défavorisés. Ensuite dans la prison, il est parfois difficile de trouver quelqu’un qui parle sa langue et malgré les quelques cours de langue que peut offrir l’EP, la communication reste difficile. Coupé de sa famille, privé d’un échange bénéfique avec le psychologue, l’isolement est total. Dans un travail ou la parole et le dialogue sont un des outils principaux dans l’aide aux détenus, avoir un étranger en face de soi rend les choses encore plus difficiles.

En plus des difficultés d’ordre pratique, d’autres difficultés plus psychologiques apparaissent.

B) Les difficultés psychologiques

Travailler dans un EP n’est pas une chose facile. L’EP par définition abrite tous les individus que la société a mis à l’écart pour se protéger. Chaque fonction a son lot de difficultés. Les gardes, par exemple, doivent trouver un équilibre entre fermeté et humanité. Il est très difficile de bien surveiller quelqu’un tout en restant dans les limites du respect de l’autre, puisque si l’on veut garantir le maximum de sécurité, on est obligé de tout surveiller, tout inspecter, interdire le plus de choses possibles, et l’on porte donc atteinte à l’intimité de l’individu. Les fouilles générales sont des exemples types d’humiliations imposées aux détenus, mais une nécessité si l’on veut éviter tout trafic de drogue, ou toute dissimulation d’arme. L’imagination des détenus pour dissimuler la drogue dans les endroits les plus inattendus (estomac, vagin…) est telle qu’elle donne souvent lieu à des fouilles plus qu’humiliantes. Il n’est pas facile d’avoir une très bonne relation entre les gardes et les détenus dans ces conditions. Mais tant que le respect est réciproque, l’essentiel est assuré.

Les relations avec les détenus sont parfois difficiles au niveau de la sincérité du détenu : est-il sincère ? Tente-t-il d’attirer la pitié pour qu’on agisse en sa faveur ? Ou encore tente-t-il de se rendre sympathique pour lever les soupçons sur lui pendant qu’il organise un trafic de drogue au sein de l’EP ? Il faut rester prudent tout en ne portant préjudice à personne, dans le cas où le détenu serait vraiment sincère. Tout est une question d’équilibre qu’il faut réussir à trouver. Les relations sont parfois aussi tendues lorsque les détenus sont révoltés, méfiants, et réfractaire à toute règle ou à toute aide. Ou bien quand ils envoient des lettres anonymes au tribunal pour dénoncer des mauvais traitements ou des problèmes de corruption fictifs. Mais elles sont difficiles aussi à cause de leur contexte social. Ce n’est plus un secret pour personne, la population carcérale est surtout composée de gens avec de gros problèmes sociaux, et les fonctionnaires, quelle que soit leur fonction au sein de l’EP, tentent chacun d’aider les détenus comme ils peuvent.

Mais c’est un travail très frustrant, car ils s’investissent beaucoup, donnent beaucoup d’énergie pour aider les détenus à trouver des solutions, et souvent pour très peu de résultats. En effet, rappelons que 42% des détenus à l’EPSCB sont récidivistes, ce qui montre qu’on est encore très loin d’une réinsertion réussie. La difficulté est encore plus grande lorsqu’il y a un lien avec la drogue, que ce soit dans le trafic, qui est une activité très lucrative, ou dans la consommation, qui rend encore plus difficile la volonté de changer et de se débarrasser de toutes ses mauvaises habitudes. Or, rappelons-le, près de 70% des prisonniers au Portugal sont détenus pour des activités liées de près ou de loin à la drogue. On voit facilement l’ampleur du problème auquel sont confrontés les techniciens d’éducation et ceux travaillant pour les instituts de réinsertion. C’est un travail situé au bout de la chaîne que font les fonctionnaires dans les EP, et la frustration est d’autant plus grande que malgré tous les efforts qu’ils peuvent déployer, non seulement ceux qu’ils tentent d’aider ne réussissent pas toujours à revenir dans le droit chemin, mais en plus il arrive toujours des flots de nouveaux arrivants avec tout autant de problèmes que les précédents. Pourquoi, malgré tous leurs efforts, la réinsertion des détenus n’est-elle pas toujours réussie ? Parce que les fonctionnaires ne peuvent faire qu’un travail d’acheminement vers les instituts spécialisés : services sociaux, services d’aide au logement, d’aide au travail, associations pour aider les toxico-dépendants, les alcooliques, etc… Mais on ne peut pas aider quelqu’un qui ne veut pas s’aider lui-même et il faut que le détenu ait vraiment la volonté de changer pour que la réinsertion soit réussie. La différence entre les fonctionnaires d’EP et les services sociaux devient assez floue dans ces conditions. Il faut beaucoup d’énergie, de patience, et une foi fermement ancrée vis-à-vis de l’homme pour travailler dans un EP.

Ce qui rend les choses encore plus difficiles, c’est de voir le peu de reconnaissance dans le travail dont témoignent la hiérarchie mais surtout l’administration générale. Peu de gens saisissent par exemple la valeur de travail de la thérapeute occupationnelle ou du chef du service de l’électricité, qui sont tous les deux en quelque sorte trahis par le nom de leur fonction : l’une est là pour occuper les détenus, l’autre est là pour assurer un bon fonctionnement du circuit électrique de l’EP et diriger l’atelier d’électricité pour les détenus. Or leur travail est en réalité beaucoup plus subtil : l’un comme l’autre instaure un vrai dialogue avec chaque détenu de son atelier, et en même temps qu’ils sont occupés avec leur mains, ils discutent de tout : les informations, les débats de société, mais aussi leurs propres problèmes. En étant quasiment quotidiennement avec eux, une grande partie de la journée, ils deviennent en réalité l’intermédiaire et l’oreille la plus proche d’eux. Malgré cela, ni l’un ni l’autre ne sont présents lors des conseils techniques et ni l’un ni l’autre ne donne son avis lorsqu’il faut prendre des décisions concernant le détenu. La psychologue, qui a pourtant une tâche unique et bien définie, n’est pas non plus présente lors de ces conseils techniques, probablement parce que cela ne fait pas longtemps qu’il y a des psychologues dans les EP et que leur métier est encore mal compris. Le chemin vers une plus grande humanisation des EP n’est pas terminé, même si ces derniers sont en bonne voie. De la même manière, l’annonce brutale de la mutation du directeur pour un autre EP, en lui donnant au départ 3 jours pour tout régler, après 6 ans de service dans cet EP, montre le manque de respect visible de l’administration envers les fonctionnaires qui sont relégués au plan de pions sur l’échiquier. Comment demander ensuite un plus grand respect envers les détenus lorsque l’on traite ses propres fonctionnaires de cette façon ?

Quand on voit toutes les difficultés auxquelles on peut être confronté en travaillant dans un EP, on est tenté de se demander, dans ce cas, pourquoi faire ce travail ?

III. La poursuite de l’idéologie d’une réinsertion réussie par le respect et l’aide

A) L’aide à des détenus que l’on peut comprendre sans forcément excuser

Il est logique de dire que personne ne veut réellement aller en prison. S’il y a donc des détenus, c’est qu’ils pensaient soit qu’ils n’allaient pas se faire prendre, soit que l’action en question en valait la peine et peu importe le prix à payer ensuite. Dans tous les cas, ce dont les détenus ont besoin, c’est d’aide. Ceux qui sont jugés irresponsables, ceux qui sont malades et qui ont commis un crime sans le vouloir (à cause d’hallucinations ou du fait d’entendre des voix dus à la schizophrénie par exemple) ont également besoin d’aide. Parfois, lorsque le malade prend conscience de ce qu’il a fait car il se soigne et est capable de porter un regard critique sur ses actes, il est complètement anéanti, il a tellement honte de ce qu’il a fait qu’il est prêt à se suicider tellement la douleur est intense. Le directeur a déjà eu un malade qui lui a demandé s’il y avait un endroit sur terre qui pourrait accueillir un monstre tel que lui. Dans ces cas, il faut mettre le crime de côté, prendre de la distance et penser que la personne qui est en face de nous est malade, et que pour pouvoir condamner quelqu’un il faut qu’il ait commis le crime en connaissance de cause.

Si l’on dit que les détenus ont besoin d’aide, c’est aussi parce que la très grande majorité des détenus à l’EPSCB est issue de milieux sociaux défavorisés, accumulant parfois échec scolaire, familles déstructurées, chômage et problèmes d’alcool ou de drogue. La prison est la dernière porte après une série d’échecs et si l’on veut éviter que les détenus ne récidivent, il faut absolument les aider. Parfois il s’agit de montrer aux détenus qu’ils ont toujours le choix, malgré les difficultés qu’ils peuvent rencontrer, ils ont toujours un choix différent que le crime ou le délit. Une prise de distance est en tous cas nécessaire lorsque l’on travaille dans les EP. Lorsque l’on traite avec tous les problèmes sociaux que peuvent avoir les détenus on en arrive forcément à être impliqué émotionnellement. On se dit que parfois les situations sont vraiment injustes : une mère qui choisit de garder de la drogue chez elle pendant un jour et gagner l’équivalent d’un mois de salaire de manière à nourrir ses enfants est compréhensible. Mais comprendre ne veut pas dire excuser. Car on a toujours le choix et même si le contexte social peut expliquer pourquoi on a commis un crime, ce même contexte social ne prive pas la personne de sa faculté de choisir. Et c’est le choix, justement, qui est condamné. Mais cela ne veut pas dire pour autant que si l’on était à sa place, on n’aurait pas fait la même chose. On condamne d’après un idéal moral, mais on reste conscient que si les situations avaient été inversées, il se pourrait très bien que l’on soit de l’autre côté des barreaux. La loi que l’on se fixe est un peu comme un idéal moral que l’on s’est construit pour préserver la survie de notre société. Il faut condamner le vol, quelles que soient les raisons qui ont pu pousser quelqu’un à voler, car sinon notre société court à sa perte. Mais même ceux qui défendent fermement cet idéal moral peuvent très bien manquer à leur devoir. L’homme a cette incroyable faculté de se construire un idéal moral, de s’y accrocher et de punir ceux qui manquent à leur devoir pour sa propre survie, tout en sachant très bien qu’il est vulnérable, qu’il sera tenté d’aller à l’encontre de cet idéal et qu’il sera donc obligé de se punir lui-même. La raison est ainsi plus forte que les passions lorsqu’il s’agit par exemple de protéger notre société. Mais le fait de suivre la raison ne nous empêche pas de comprendre les passions. Et le fait de penser qu’on puisse être à leur place nous convainc encore plus de la nécessité de respecter le détenu.

En revanche, accorder son respect et son aide est plus difficile lorsqu’il s’agit de crimes monstrueux comme les actes sexuels contre des enfants par exemple.

B) Un respect et une aide nécessaire en toute circonstance dans le but de la réinsertion

Certaines personnes, comme les professeurs travaillant dans les EP par exemple, choisissent de ne pas savoir ce que les détenus ont fait pour être là, de cette façon ils sont sûrs de parvenir à les traiter avec le respect auquel ils ont droit en tant qu’être humain. Même si parfois on peut se demander si certaines personnes ont encore droit au respect dû à leur statut d’être humain. Mais le sont-ils encore ? Peut-on perdre son humanité ? On a bien appelé Marc Dutroux ou Pierre Bodein des monstres. Les questions peuvent s’enchaîner jusqu’au point de revenir sur la définition même d’un homme. Mais cela poserait des problèmes juridiques par la suite car il ne faut pas oublier que pour condamner quelqu’un, il faut que cette personne soit un homme… que faire alors de quelqu’un à qui l’on aurait ôté son humanité ? Une des raisons que l’on peut néanmoins avancer pour justifier qu’on doive accorder le minimum de respect aux détenus, même à des criminels monstrueux, serait de dire qu’on les condamne pour n’avoir pas respecté un autre être humain. On ne peut donc pas s’abaisser à leur niveau, ce serait une contradiction juridique et morale. On est donc en devoir de leur montrer l’exemple.

Cependant ces cas restent quand même très rares ; le fait que les séries policières mettent souvent en scène des tueurs en série et la surmédiatisation de certains crimes peuvent fausser les idées que les gens se font des prisons. Mais ces criminels ne sont absolument pas représentatifs de la population carcérale. (On peut alors se poser la question de la raison qui pousse à une telle médiatisation des crimes d’horreur). En tout cas, plusieurs fonctionnaires travaillant dans les EP depuis plus de trente ans n’ont jamais eu affaire à des monstres du genre. Même les criminels qui paraissaient impassibles devant leur crime ont fini par montrer un signe d’humanité qui laissait supposer un regret. Et si le regret est là, le premier pas vers la repentance est fait, et l’on peut commencer à travailler sur la réinsertion.

La réclusion criminelle à perpétuité n’existe ni en France ni au Portugal car c’est une peine qui est considérée inhumaine et dégradante au même titre que la peine de mort. Cela montre bien qu’au-delà du criminel, c’est l’homme qui est considéré. Et dans la mesure où tous les criminels vont sortir tôt ou tard, c’est l’intérêt bien compris de la société d’aider à la réinsertion de ses détenus. Parmi toutes les fonctions de la prison, c’est donc celle de réinsertion qui est privilégiée. Elle a dépassé la fonction strictement punitive le jour où l’on a commencé à se soucier des conditions de vie des détenus, et a dépassé la simple fonction de protection de la société contre les individus dangereux puisqu’on donne à tout le monde, quel que soit le crime commis, la possibilité, l’espoir de sortir un jour de prison, même si c’est après une peine avec une période de sûreté de 22 ans.

C’est donc pour une double raison que le respect est nécessaire : pour des raisons humaines et éthiques, et pour des raisons rationnelles et prudentes. Puisque tous les détenus vont sortir tôt ou tard, il est nécessaire de préparer leur réinsertion en les aidant et en les respectant. Les enfermer purement et simplement ne sert à rien : cela les rend plus révoltés et ils deviennent plus violents. Comme leur problème de départ n’a pas été résolu, la cause pour laquelle ils commettent des crimes et des délits est toujours là, donc si aucun accompagnement n’est fait, ils ont de fortes chances de récidiver. La société n’y voit pas d’intérêt non plus.

L’EPSCB s’inscrit donc dans la volonté des EP de préparer du mieux possible la réinsertion des détenus, en accordant la base du respect humain, et en apportant ses petits avantages personnels malgré les difficultés rencontrées, à la fois pratiques et psychologiques. Malgré la difficulté du travail c’est la poursuite de l’idéal d’une réinsertion réussie qui motive les fonctionnaires. Et au-delà de la simple réinsertion, c’est toute une idéologie humaniste qui est poursuivie dans les EP qui montre la grandeur de l’homme qui accorde son respect à tous les hommes sans exception, même aux exclus, même à ceux qui ont fait du tort à la société, et même à ceux qui ne le mériteraient pas, car ce n’est pas avec le mal que l’on traite le mal. Ce n’est pas en punissant « œil pour œil et dent pour dent », en ne donnant « que ce qu’il mérite » au délinquant qu’on prouve qu’on agit d’une meilleure façon que lui, tout au contraire.

Que penser, dès lors, de la nouvelle loi sur les peines planchers ? Ne serait-on pas en train de revenir sur la fonction punitive, au détriment de la fonction de réinsertion, alors qu’on avait semble-t-il compris depuis longtemps que la fonction punitive détruisait l’individu au lieu de le rendre meilleur ?

Plan de L’Etablissement pénitentiaire de Santa Cruz do Bispo

(page annexe)


Rapport Tom Andrès :

-Coordonnées précises de l’endroit où le stage a été effectué :

Centre Kirikou

29, Boulevard Bessières

75017 Paris

Tél :01 53 11 03 32

Maître de stage : Mme Yasmina PICQUART, Présidente, 01 44 85 95 21

-Tâches qui m’ont été données au cours de ce stage:

    Accompagnement scolaire :

-Assister des enfants de primaire pour faire leurs devoirs quotidiens.

-Faire réviser le brevet de français (grammaire orthographe conjugaison), histoire géographie, mathématiques à 3 élèves de 3 e.

-Révision du bac histoire géographie / philosophie pour 1 élève de terminale.

    Participation aux activités culturelles :

-Organisation d’une soirée-débat, sujet : « Le Maghreb et son histoire », consistant à poser une date avec l’équipe, à contacter les deux historiennes intervenantes et à parler de la soirée au maximum de personnes possibles.

-Sortie au théâtre, pour aller voir la représentation annuelle des enfants du centre inscrits à l’atelier théâtre.

    Accompagnateur pour les sorties à l’extérieur avec les jeunes :

- Billard (pour les plus grands)

- Exposition au parc de la villette (pour les plus petits), excursion au jardin d’acclimatation.

-Analyse personnelle des acquis et de ce qui a été observé :

    Compte-rendu du point de fin de stage oral effectué avec la présidente, Yasmina PICQUART :

-Après un mois passé au centre Kirikou, que répondrais-tu à la question « Le centre Kirikou, pour toi, c’est quoi ? »

à Le Centre Kirikou c’est…

Pas un centre social,

Un lieu qui accueille des enfants et des jeunes du quartier, de 4 ans à 18 ans en difficulté personnelle/scolaire plus ou moins grande, qui ressentent l’envie ou le besoin de parler, de se retrouver, de se rencontrer, mais aussi, leurs familles, et tous les curieux.

Un lieu ouvert, riche, imprévisible, qui crée et offre une très grande diversité de situations, agité, qui produit de la vie. Très riche.

Le Centre Kirikou, c’est aussi.. une très bonne équipe de fins animateurs triés sur le volet (psychologues, salariés, stagiaires).

-Quels sont les points forts et les points faibles du centre selon toi ?

à La richesse du centre est sa grande force mais aussi une faiblesse, en ce qui concerne le travail scolaire avec les jeunes du collège, pour qui il est difficile de se concentrer, sans se faire happer par un des innombrables détails du centre, sans se faire interpeller, entraîner par la vie tourbillonnante du centre. Il en résulte la difficulté de séparer les moments de détente des moments de travail, qui se traduit par la difficulté voir l’échec de la préparation effective à l’examen. Ces difficultés pour les révisions sont aussi amplifiées, liées aux contraintes des locaux, fort exigus, de plus toutes les pièces sont reliées entre elles et ouvertes, ce qui a pour conséquence la presque impossibilité de s’isoler. J’admets mon échec pour ce qui est des cours particuliers avec les 3 e. Seul un sur les trois a obtenu son brevet. Je ferais beaucoup pour qu’il ne soit pas définitif.

    Analyses personnelles :

- À propos du travail d’équipe.

Première remarque : une très bonne ambiance entre les animateurs. Une vie parallèle autant que constituante de la vie du centre.

De plus, il faut faire remarquer l’intérêt des réunions. En effet, le centre Kirikou c’est aussi, de nombreuses réunions d’équipe hebdomadaires, ainsi que des AG annuelles auxquelles j’eus l’occasion de participer.

Le fonctionnement de ces réunions est remarquable : présidées par Yasmina PICQUART, qui présente le plus souvent des bilans personnels, laissant libre place à tout commentaire, intervention, gérant l’attribution de la parole avec équité et rigueur. Elles comportent forcément une part de remise en cause, de réflexions, préalable à toute décision.

Ces réunions sont indispensables pour le fonctionnement du centre.

Une grande partie de la journée à venir n’est cependant pas prévisible, ceci au lié au fait qu’il s’agit d’enfants, aussi les directives ne donnent que les grandes lignes à suivre, un cadre. Beaucoup d’imprévus et de dépassements de ce cadre, c’est aussi ça Kirikou.

àAcquis : Le fait que le travail d’équipe est indispensable, de même que la fréquence des réunions d’équipe.

- À propos du fait qu’il s’agissait pour moi d’une première expérience dans un centre, n’ayant jamais effectué de sortie avec des enfants, ne détenant pas le BAFA.

J’ai eu l’occasion d’observer les précautions particulières prises liées à la présence d’enfants, comme par exemple, de mettre le four récemment acquis au centre hors de portée des enfants, et d’activer sa sécurité, de manière plus générale dans la disposition du mobilier, notamment dans le positionnement d’objets potentiellement dangereux. De plus, travailler en présence d’enfant exige une vigilance de tous les moments, un positionnement et une attitude à renouveler sans cesse face à la demande.

àAcquis (espère avoir) : plus d’expérience dans ce domaine

- Compte-rendu de la Soirée débat de l’Université Populaire

Deux historiennes spécialistes du monde méditerranéen/berbère sont venues faire un exposé au centre, vendredi 6 juillet, avec comme toile de fond les questions de définition loin d’être évidentes: « Qu’est-ce qu’un Arabe / Maghrébin / berbère kabyle ? », en remontant pour cela à l’Antiquité, en passant par les différentes invasions notamment arabes. Beaucoup de parents étaient présents, curieux, qui se sentaient tous concernés par la question des origines. Le débat fut animé, il y eut de nombreuses interventions intéressantes. En conclusion, vu le succès de la soirée, une autre soirée-débat sera organisée sur un autre sujet en continuation avec celui-ci.

àAcquis : des éléments qui me seront utiles dans l’abordage du programme d’option histoire de l’année à venir, « Naissance et expansion de L’islam (631-751) »


Pauline Varoquaux, rapport mi-parcours :

ci joint un rapport détaillé de ces 3 premières semaines de stage en tant qu'assistante de la rédactrice mode du magazine jalouse et l'officiel.Pour plus de détail n'hésitez pas à me téléphoner;

editions jalou

10 rue du plâtre

75004 Paris

tél:0142726575

Liste des tâches:

-préparer les "shooting "pour le numéro d'octobre

-préparer un échantillonage des influnces,courants,mouvements qui pourraient constituer l'objet d'une série de photos et trouver un thème

-séléctionner les piéces adéquates pour les séries dans les bureaux de presse directement,par mail ou par téléphone (y compris à l'étranger)

-préparer les différentes tenues en fonction des pièces qui ont pu arriver

-synchroniser les entrées et les sorties de produits avec les différents bureaux de presse et s'assurer de leur non perte dans le "show-room"(pièce en sous sol ou arrivent tous les produits)

-préparer l'agenda de la rédactrice pour rencontrer les photograhes,les agences de mannequin et se rendre dans les bureaux de presse

-trier le courrier et les "look book"(catalogues de tous les bureaux de presse pour la saison)

-prendre contact avec la maquette du magazine ,la production et la rédaction

-accompagner la réédactrice sur les "shootings"

Bilan:

-travail épuisant et pas si superficiel qu'il n'y parait;un contraste plus que saisissant avec cette année d'hypokagne

-rencontre de fortes personnalités du milieu de la mode

-réseau international d'ou l'obligation de pratiquer plusieurs langues par téléphone

-1ère semaine difficile puisque les contacts des maisons et des bureaux de presse ne sont pas toujours les mêmes;J'ai réussi à constituer un répértoire personnel qui m'aide beaucoup

-j'assiste désormais une autre rédactrice franco américaine qui prépare un shooting a new york avec jean baptiste mondino;je dois donc synchroniser les arrivées de pièces directement sur place

-de lourdes responsabilités car les pièces sont fragiles et hors de prix

-entre stagiaires un grand travail d'équipe;

-Travail relationnel important avec les bureaux de presse(Chanel,Yves Saint Laurent...)

-j'ai aussi travaillé pour une publicité et un clip pour le Japon

-le plus dure reste de continuer à réviser les concours de sciences po en province...Parfois une impression de schizophrénie;


Rapport de Pauline Darmigny

Pauline Darmigny

92avenue NIEL

75017

0612339441

lina28usa@hotmail.com

coordonnées complètes de Monsieur le Secrétaire général :

Mr Dominique Borron

14 quai des Orfèvres

75059 Paris cedex 01

Bien que Mr Borron soit la personne qui m'ait reçue le premier jour,mon stage se déroule auprès de Madame Corinne Moreau Vice Procureur chargée des secteurs Nord et Ouest de Paris .L'adresse demeure identique ,son bureau est situé au Parquet du Tribunal au niveau du secteur P1.Son numéro de téléphone est le 0144329403.

Au cours de ce stage au Parquet du Tribunal de Grande Instance de Paris ,les tâches qui me sont soumises sont particulièrement attrayantes.En effet en tant que stagiaire je me rends quotidiennement aux audiences au cours desquelles on m'installe dans le box de la presse afin que je puisse prendre des notes sur toutes les affaires qui se déroulent au cours des audiences.J'ai également eu cette incroyable chance de pouvoir assister aux assises à deux reprises au cours desquelles les dossiers sont relativement importants et confidentiels vu qu'il s'agit surtout de meurtres ou de viols .D'autre part Mme Moreau m'a fait étudier de nombreux dossiers en tout genre (vol ,cambriolage aggravé,agression sexuelle),afin que je puisse m'acclimater à l'univers du droit.Je les lis ,je prends des notes et je lui pose des questions à la fin sur des points que je n'aurais pas bien compris.Le Parquet faisant preuve d'une grande disponibilité,j'ai la possibilité de me rendre dans les bureaux de juges d'instruction afin de suivre une affaire en présence du prévenu et de son avocat .

Après trois semaines de stage je peux dire que cette expérience est une des meilleures que j'ai vécue .Je ne m'attendais pas à autant de disponibilité et de patience de la part des membres du Parquet vu tous les dossiers qu'ils ont à traiter.Cependant ils font preuve de beaucoup de gentillesse et d'enthousiasme à me faire découvrir leur univers tout en me transmettant la passion pour leur métier.Ce que je préfère c'est d'assister aux procès ayant lieu aux assises .Il y régne une sorte d'atmosphère angoissante et palpitante qui fait qu'on ne s'y ennuie jamais d'autant plus qu'on s'y sent important puisqu' à la fin de chaque procès certains avocats viennent voir les stagiaires et leur demandent leur ressentiment au sujet du dossier.Certains dossiers sont tellement intéressants que j'y repense chez moi et que je soumets à Mme Moreau certaines de mes réflexions à leur sujet.J'ai compris qu'être magistrat était une activité à temps plein :les affaires sont tout aussi prenantes les unes que les autres ce qui fait que même de retour chez soi on y repense c'est quelque peu obsédant mais tellement passionant.

Pour conclure j'ai été impressionnée de l'ambiance qui règne au Tribunal ,tous les gens qui y travaillent sont heureux et fiers de leur métier .Ils ont cette fougue qui fait que lorsqu'ils défendent un cas ils y mettent toutes leur énergie comme si leur vie en dépendait.De plus ce qui est très attrayant pour une stagiaire de mon âge c'est d'avoir l'impression d'être dans un livre policier tous les jours ,d'étudier des dossiers et de se dire que cela n'arrive pas qu'au cinéma ou dans la litterature.C'est pourquoi je considère sincèrement que ce fût une excellente expérience pour clore cette belle année que fût l' hypokhâgne.


Rapport de Lara KREBS

Stage du 8 au 29 juin 2007

Coordonnées :

Courrier International

6-8 rue Jean Antoine de Baif 75212 Paris Cedex 13

Service Europe de l’Ouest

Tuteur de stage : Eric MAURICE (Chef de service Europe de l’Ouest, Royaume Uni)

Descriptif des tâches :

En premier lieu, il s’agissait de lire quotidiennement la presse britannique ( The Independent, The Guardian, The Daily Telegraph...) et occasionnellement de la presse belge et suisse ( La Libre Belgique, Le Soir, Le Temps ), et de faire une sélection des articles les plus pertinents concernant l’ensemble de l’actualité internationale. Je m’intéressais en particulier aux éditoriaux, aux reportages, mais aussi aux articles plus insolites pour la rubrique du même nom. Ensuite, j’en discutais avec des membres du service pour savoir si mes choix pouvaient s’accorder avec les attentes de l’hebdomadaire ou du site web.

Tous les jours, j’ai été invitée à assister à la réunion pour le site Internet. Les chefs des différents services proposaient des articles qu’ils avaient lu dans la matinée et qui étaient susceptibles d’être mis en ligne. Il m’ait arrivé quelques fois de leur soumettre un article de mon choix en en présentant les grandes lignes.

Chaque jeudi, j’ai assisté à la réunion concernant la sélection des articles qui figureraient dans le prochain numéro et à la conférence de rédaction où les membres de tous les services étaient conviés afin de discuter de divers sujets, notamment des prochains dossiers à paraître dans l’hebdomadaire, de la forme même (maquette) du journal par exemple.

Certain membre du service m’ont aussi proposé à plusieurs reprises de rédiger des brèves pour le site web. (Une pour le site Internet Courrier International dédié au sport, et deux autres, l’une pour le site Internet « général » concernant la relation entre Gordon Brown et Tony Blair, et l’autre sur la nouvelle fonction de ce dernier en tant qu’envoyé spécial du Quartette pour la paix au Proche-Orient.)

Enfin, j’ai aussi rédigé une « Personnalité de demain » sur Trevor Sargent pour l’hebdomadaire (une «rubrique» qui se trouve dans les premières pages du journal). Il s’agissait faire un rapide portrait de l’ex-leader des verts Irlandais qui a réussi à amener son parti au gouvernement, le but étant de prendre un angle qui permettrait de souligner la raison pour laquelle il était intéressant d’en parler maintenant.

On pouvait aussi me demander de réduire la taille d’un article. Le papier étant trop long pour pouvoir être inséré dans les pages qui lui étaient consacrées à l’intérieur de journal, il s’agissait pour moi de reformuler, ou de supprimer des passages moins intéressants.

J’ai aussi appris que Courrier International avait un partenariat avec BFM TV. Ainsi, tous les jours, 2 minutes de direct leurs sont accordées pour parler d’un sujet d’actualité. J’ai donc aidé à la préparation d’Anthony Bellanger (France, Espagne) et assisté à sa prestation télévisée en visioconférence, au sein des locaux de Courrier International.

Eric Maurice m’a aussi proposé de l’accompagner dans les locaux de la chaîne satellite France 24 où il était invité à débattre avec un journaliste du Parisien de la passation de pouvoir entre Blair et Brown et de la personnalité du nouveau Premier Ministre britannique.

Acquis et Observations :

Premièrement, le fait de lire quotidiennement la presse m’a permis d’acquérir une vision assez globale de l’actualité internationale mais aussi d’avoir des connaissances vraiment précises sur certains sujets. C’est notamment le cas pour des sujets tels que la fin du mandat de Tony Blair, la personnalité de Gordon Brown, la relation qu’ils entretenaient. Je me suis aussi intéressée à la guerre de Gaza, au sommet européen concernant le traité simplifié…

Le fait de lire des journaux étrangers ayant des sensibilités politiques différentes m’a aussi permis de comparer les différents éclairages qui pouvaient être apportés sur un même sujet.

C’était un travail de lecteur à temps plein vraiment très instructif.

De plus, la lecture de la presse britannique m’a aidé à acquérir une meilleure compréhension de la langue. J’ai pu entre autre me familiariser avec le vocabulaire journalistique, certaines expressions idiomatiques…

De la même façon, comme la plupart des brèves que j’ai du rédiger avaient pour base un article en anglais, je pense avoir acquis une meilleure capacité de traduction. (Le but de Courrier International, étant de véritablement partir de l’article d’origine pour garder son authenticité via la traduction.).

La rédaction de brève a aussi été un excellent exercice de synthèse particulièrement exigeant puisqu’il fallait répondre en quelques mots aux questions essentielles (Qui, quoi, quand, comment, pourquoi) tout en essayant de garder certains passages de l’article qui n’y répondaient pas toujours de façon aussi condensée.

La sélection des articles m’a aussi permis d’exercer mon jugement critique en sélectionnant les articles les plus intéressants et en faisant en sorte de choisir ceux qui s’accordaient le mieux avec l’esprit du journal. Les discussions qui suivaient étaient aussi particulièrement enrichissantes.

J’ai pu aussi découvrir les locaux d’une chaîne d’information et assister à deux émissions d’une quinzaine de minutes chacune, une en français et en direct, l’autre en anglais, ce qui était une première pour moi.

Pour finir, j’ai pu observer une atmosphère de travail agréable, au sein d’un journal où le travail d’équipe est vraiment indispensable.

Je peux dresser un bilan vraiment positif de ce stage. J’ai été particulièrement bien accueilli et même si certaines journées n’étaient pas suffisamment remplies à mon goût, j’estime avoir fait des choses assez variées.

Lucie Paladino, élève en classe d’hypokhâgne au lycée Chaptal.

Rapport de stage :

Médiathèque Georges Brassens, période du 4 au 9 juin 2007

Entreprise d’accueil  : Médiathèque Georges Brassens, appartenant au réseau de lecture publique Le Bourget-Drancy. Il s’agit d’une grande médiathèque centrale, reliée à cinq bibliothèques de proximité.

Projet personnel du stage  : enrichissement des collections de la médiathèque en langues étrangères.

Je tiens à remercier Monsieur Pansu, conservateur en chef et directeur du réseau des bibliothèques de Drancy, Mademoiselle Ophélie Ramonatxo, adjointe au directeur, ainsi que l’ensemble du personnel de la médiathèque pour leur accueil, leur patience et leur aide en toutes circonstances ; je remercie également Madame Mimouni pour son soutien dans les démarches administratives, et l’attention qu’elle a portée au bon déroulement de ce stage.

La médiathèque Georges Brassens est un établissement offrant un accès et des services libres et gratuits pour tous les publics. Elle permet de consulter sur place ou d’emprunter des livres, BD, journaux, DVD, CD… Sur un espace de 3000m², elle dispose d’un espace jeunesse dédié aux enfants et adolescents de 0 à 14 ans, d’un espace documentaire adultes, d’un espace fictions adultes, et d’un grand auditorium. Elle est directement reliée à cinq bibliothèques dites « de proximité », beaucoup plus petites, réparties sur les communes de Drancy et du Bourget, dans lesquelles il est possible d’emprunter et de rendre des documents provenant de toutes les composantes du réseau. Les services spécifiques proposés par la médiathèque et certaines des bibliothèques sont les suivants : aide à la recherche et conseils des bibliothécaires, accueils spécifiques pour les groupes et collectivités, accès à Internet, animations diverses, postes d’écoute pour les CD, possibilités d’imprimer, de photocopier. Le public a également à accès à des postes de recherche documentaire sur le catalogue informatisé du réseau (qui est aussi consultable à distance, via Internet).

Pendant les deux premiers jours du stage, les différents membres du personnel nous ont fait découvrir leurs secteurs, et le fonctionnement général de la médiathèque. Nous avons été initiés au « parcours du livre » dans la médiathèque : comment se prend la décision d’acquérir de nouveaux documents (étude de la demande du public, du budget disponible, des offres proposées par les éditeurs), l’achat, le catalogage des documents, leur couverture, enfin leur mise en rayon. Nous avons appris à utiliser les différents logiciels spécialisés qui permettent de cataloguer les documents, d’organiser les prêts et les retours, les réservations, les recherches sur le catalogue ; enfin on nous a permis de nous repérer dans la médiathèque en apprenant les bases des cent divisions du classement Dewey. Le conservateur en chef et ses ajointes nous ont expliqué l’organisation interne de la médiathèque, et par exemple le choix d’ouverture globale : l’accès à la médiathèque est totalement libre et gratuit, les « règles » imposées aux utilisateurs sont réduites au strict minimum (il est autorisé de boire, de manger, de discuter à l’intérieur de la médiathèque ; la seule exigence est le respect des autres, du personnel, des lieux, des documents), l’établissement est ouvert tous les jours, les membres du personnel n’ont pas réellement de poste attribué et doivent tour à tour assurer toutes les fonctions qu’impose le bon fonctionnement de la médiathèque (ils travaillent en alternance dans la médiathèque centrale et dans les bibliothèques annexes), enfin l’organisation même de l’espace à l’intérieur de l’établissement affiche clairement cette volonté d’ouverture : les différents secteurs ne sont séparés par aucune paroi, les salles sont entourées d’immenses fenêtres ouvrant sur l’extérieur, les volumes sont importants, et surtout les documents sont classés de manière très particulière (tout en respectant le classement Dewey, les différents supports sont mélangés dans les rayons : ainsi les DVD et les livres sont classés ensemble, selon leur secteur (fiction ou documentaire), et par nom de réalisateur ou d’auteur. Cela permet au public de rencontrer des documents qu’il ne cherchait pas particulièrement, et ainsi de découvrir une plus large partie des collections de la médiathèque).

Après cette présentation générale, nous nous sommes intéressés plus particulièrement à nos missions personnelles. Notre temps de travail était réparti entre du « service public » (c'est-à-dire l’accueil du public, l’aide à la recherche, l’enregistrement des prêts et retours des documents, les inscriptions, le classement et rangement des documents après leur retour) et le travail sur nos projets. J’ai donc commencé par prendre connaissance des fonds existants en langues étrangères, puis j’ai fait des recherches sur la demande du public dans ce domaine. J’ai rédigé, avec l’aide de certains des documentalistes, une enquête à l’intention des lecteurs de la médiathèque, afin de savoir quelles langues ils lisent, et quels types d’ouvrages ils aimeraient avoir à leur disposition. Puis j’ai pris contact avec les associations culturelles de Drancy, qui souvent correspondent aux différentes communautés linguistiques de la ville. Les responsables de certaines d’entre elles m’ont expliqué au téléphone les attentes de leurs adhérents, d’autres m’ont proposé un rendez-vous afin d’en discuter. J’ai également contacté la mairie de Drancy, qui m’a renseignée sur les demandes exprimées par les citoyens dans le domaine de la culture, et plus particulièrement des langues. J’ai ensuite étudié les catalogues envoyés par les éditeurs à l’intention de la médiathèque, afin de prendre connaissance de leurs offres dans ce domaine. J’ai essayé de dresser une liste des premiers documents à acquérir : des dictionnaires bilingues et unilingues, des fictions et documentaires classiques en version bilingue ou non, des méthodes de Français Langue Etrangère (FLE), des revues et journaux, des BD, des méthodes d’apprentissage de langues, des DVD proposant des sous-titres dans différentes langues… Cette liste devait être lue, corrigée, commentée, revue par certains membres du personnel. Pour la rédaction de ce premier projet, j’ai sollicité des conseils et de l’aide auprès d’autres bibliothèques ou centres culturels : la Bibliothèque Publique d’Information du centre Georges Pompidou, la Bibliothèque Nationale de France François Mitterrand, l’Institut du Monde Arabe, la Documentation Française, et certaines bibliothèques universitaires disposant de fonds importants en langues étrangères. En prenant contact avec ces différentes institutions j’ai trouvé une aide précieuse et offerte avec beaucoup de gentillesse.

Nous avons également participé au fonctionnement général de la médiathèque, en prenant part au service public (nous avons travaillé au sein de la médiathèque mais aussi dans certaines des bibliothèques annexes afin de mieux comprendre le fonctionnement du réseau), en participant à une animation prévue pour une classe d’une école maternelle de Drancy, en assistant aux conférences proposées dans l’auditorium, enfin en étant conviés aux réunions avec le personnel de l’entreprise.

Les membres du personnel m’ont accordé une grande confiance, ils m’ont permis de réaliser mon projet dans la plus grande liberté, tout en me proposant toujours leur soutien et leurs conseils. Cela m’a permis de me lancer dans une expérience tout à fait inédite pour moi, de prendre des décisions et des initiatives, en m’appuyant sur une aide rassurante et très utile. Malheureusement je n’ai pas pu mener mon projet à son terme, car j’ai dû écourter mon stage ; je n’ai en fait travaillé à la médiathèque qu’une courte semaine, ce qui ne m’a pas permis de réaliser l’ensemble de mon travail. Cette coupure m’a laissé un sentiment d’inachevé et de frustration, car je m’étais beaucoup impliquée dans le projet qui m’avait été confié, et les quelques jours passés dans la médiathèque m’ont réellement enchantée : ils m’ont permis de découvrir l’envers du décor d’un univers que je fréquentais en tant que public, et je n’en ai ressenti aucune désillusion, bien au contraire. Cela a confirmé chez moi un goût déjà très prononcé pour le livre, en tant qu’objet, et l’envie d’entretenir avec lui des rapports permanents, et professionnels ! Je regrette sincèrement de n’avoir pas pu mener à bien la mission qui était la mienne, et de n’avoir pu mesurer les résultats obtenus ; je ne peux donc pas prétendre avoir « réussi » mon stage, mais je me refuse à le considérer comme un échec, en considérant qu’il m’a donné une très forte envie d’enrichir mon expérience des métiers du livre. Si la possibilité m’en est donnée, je souhaiterais faire un nouveau stage au sein de la médiathèque Georges Brassens (ce qui a déjà été évoqué avec Mademoiselle Ramonatxo, et qui semble possible) ou dans une autre bibliothèque, à la fin de l’année de khâgne. C’est un domaine qui me passionne et que je voudrais approfondir par le plus d’expériences possibles.

Je pense que ce stage m’a été très profitable, j’en garde un excellent souvenir, et je crois que ce type d’expérience permet d’utiliser efficacement les acquis d’une classe d’hypokhâgne (tant sur le plan des méthodes de travail que sur celui des connaissances, de la culture, de l’ouverture surtout), et de les mettre en pratique dans un projet qui ne fait que confirmer les bénéfices tirés de cette année d’études, ce qui peut s’avérer rassurant pour une étudiante comme moi qui doutait de ses désirs pour l’avenir. Ce stage m’a confirmé mon envie de continuer mon parcours, à court terme, en khâgne, et à plus long terme, en étant aussi proche des livres et des langues étrangères que possible.


RAPPORT DE STAGE

stage effectué du 4 juin au 20 août 2007

au sein du cabinet de Myriam MOUCHI, avocat à la Cour

7, place Saint Michel - 75005 Paris

myriammouchi@yahoo.fr

Tél. : 01 43 26 51 58

L’opportunité qui m’a été offerte à la fin de mon année d’hypokhâgne de réaliser un stage m’a permis de travailler au sein d’un cabinet d’avocat. Ce stage s’est déroulé pendant un peu plus de deux mois au sein du cabinet de Maître Mouchi, avocat généraliste au barreau de Paris. Bien que n’ayant pas suivi encore de formation juridique, ce stage s’est présenté à moi comme une formidable opportunité pour découvrir le monde juridique à travers le métier d’avocat.

J’ai pu effectuer un certain nombres de tâches variées qui m’ont permis d’acquérir une vision relativement globale des métiers du droit, et plus particulièrement de celui d’avocat. De plus, j’ai pu acquérir les bases fondamentales de la méthodologie juridique. Durant ce stage, j’ai ainsi eu la possibilité de réaliser différents travaux de recherche juridique, en apprenant à lire et à décoder les différents textes législatifs et à consulter les bases de données jurisprudentielles. Au fur et à mesure du stage, je me suis donc familiarisé avec le vocabulaire propre aux juristes. Ceci m’a permis de prendre part activement à la rédaction d’actes juridiques, d’assignation en référée, de conclusions ou encore des statuts d’une entreprise. À ces différents travaux très riches et particulièrement stimulants s’ajoutent de nombreux déplacements dans les diverses instances du monde judiciaire. J’ai ainsi pu suivre plusieurs audiences au tribunal correctionnel, au tribunal de grande instance et au tribunal d’instance. Ces déplacements ont permis de rencontrer les différents métiers de la magistrature et d’appréhender au mieux leur rôle et leur place dans le système judiciaire.

La variété des affaires traitées m’a également confronté à de multiples situations et m’a révélé ainsi l’étendue d’exercice de la profession d’avocat. Au cours de mon stage j’ai pu prendre connaissance de différentes affaires, qu’il s’agisse d’un simple retrait de permis contesté, d’une demande d’indemnisation pour spoliation d’une pharmacie juive en Pologne pendant la seconde guerre mondiale, en passant par un terrible viol sur mineure ou encore d’un lancement d’un nouveau support publicitaire. Concernant cette dernière affaire j’ai eu pour tâche par exemple de procéder à différentes vérifications au sein l’Institut national de la protection industrielle (INPI) afin de vérifier si la marque du nouveau produit n’était pas encore déposée, et de constituer un dossier en ce sens. En rapport avec la demande d’indemnisation pour spoliation, j’ai du effectué des recherches sur les différents programmes mis en place par les États (la France, Israël et la Pologne) et de solliciter des demandes d’aides.

Ce stage m’a permis de prendre conscience du rôle fondamental des avocats en tant qu’auxiliaires de la justice, tant du côté de la représentation des parties devant un tribunal, que du côté de l’assistance, du conseil qu’ils peuvent leur apporter. Au delà des connaissances que j’ai pu acquérir dans le domaine juridique, cette expérience m’a bien entendu permis d’être confronté au milieu du travail. J’ai ainsi du assimiler les différentes informations nouvelles que l’on me transmettait, maîtriser et comprendre les enjeux des différentes tâches que l’on me donnait et faire face inéluctablement à des situations de blocage, de difficultés et savoir demander de manière opportune que l’on m’assiste. À cela, je pense avoir apporté ma motivation et mon dynamisme et ainsi réaliser différents travaux, et pu assisté Maître Mouchi dans ses différentes tâches.

Cette riche expérience m’a permis de préciser finalement mes choix d’orientation, en décidant de poursuivre mes études en entamant cette année une deuxième année de double licence de philosophie et de droit à l’université. Sans nécessairement prétendre aujourd’hui me destiner au métier d’avocat, ce stage m’a assurément convaincu du rôle fondamental et si précieux que joue le droit dans notre société, et m’a apporté toute la motivation et l’enthousiasme à poursuivre mon cursus dans ce sens.

Je tiens enfin à remercier très chaleureusement Myriam MOUCHI qui a su faire preuve de pédagogie et qui, avec beaucoup de cordialité, m’a ouvert les portes de son cabinet. Je remercie bien entendu également Isabelle MIMOUNI, mon professeur de lettres qui m’a permis de vivre cette expérience si enrichissante.

Site des CPGE du Lycée Chaptal

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