Rapports de stage 2010

 

Rapport de stage de Laura Lacroix

Après mon année d’hypokhâgne, j’ai effectué un stage d’une durée de deux mois au service de presse des éditions Albin Michel sous la direction de Claire Lajonchère, assistante d’attachée de presse d’Anne-Emmanuelle Robicquet, chargée des fictions françaises ou étrangères, de licences ( Dora l’exploratrice, Charlotte aux fraises…) ou encore de guides gastronomiques (Claude Lebey, William Ledeuil..) au niveau national ; un champ assez vaste qui m’a permis de toucher à plusieurs supports.

J’ai tout de suite été très bien accueillie ; je me suis retrouvée face à des personnes ouvertes et sympathiques qui m’ont tout de suite fait confiance et qui m’ont confié des tâches de plus en plus poussées au fur et à mesure de mon stage.


J’ai choisi le milieu de l’édition pour mon premier vrai stage en entreprise car cette idée s’est développée cette année dans ma tête pour l’avenir mais sans trop savoir à quoi cela ressemblait vraiment. De fil en aiguille, par certains contacts, je me suis donc retrouvée à travailler au service de presse de cette grande maison d’édition familiale (le co-directeur avec Richard Ducousset est Francis Esménard, le petit-fils de monsieur Albin Michel lui-même). Et qui dit grande maison d’édition, dit toute une grande organisation. En effet, la maison est divisée en différents services (éditorial, commercial, presse..), répartis à plusieurs endroits ; tous les services communiquent bien évidemment entre eux.

Je n’avais absolument aucune idée de ce en quoi consistait le métier d’un attaché de presse (je devrais plutôt dire une attachée de presse : les hommes sont totalement absents, du moins chez Albin Michel, il n’y a que des filles) et ce stage m’a d’abord permis de découvrir ce métier. J’ai donc suivi durant deux mois, les répercussions, dans la presse nationale, régionale voire étrangère mais aussi sur internet, des livres des auteurs dont s’occupait Claire et Anne-Emmanuelle.

Cela consiste à regarder, chaque matin, les alertes presse qu’un organisme (Kantar) nous envoie, voir quels auteurs sont cités, le rapporter dans la revue de presse de chaque mois, fichier très important car il est consulté chaque semaine lors d’une réunion avec les différents directeurs des services pour voir l’évolution du livre, combien il a eu de chroniques, dans quels magazines-journaux-revues, si les chroniques ont bien été écrites par les journalistes qui demandaient le livre…

L’attachée de presse communique constamment avec les journalistes ; il s’agit de défendre un livre et de lui donner de la valeur en allant chercher les journalistes, en les appelant et en trouvant les arguments qui les feront vouloir lire le livre et surtout en parler dans leur support (télé, radio, presse écrite, internet); en effet, la place réservée aux livres dans un journal est ridicule comparée au nombre de livres qu’un journaliste peut recevoir ( 50, 80 par mois voire plus), il faut donc se défendre et surtout ne jamais abandonner. Il faut en quelque sorte « se battre » pour ses livres, ce qui, je pense, est tout de suite plus simple, lorsque l’on tient vraiment son projet à cœur. J’ai du

appeler des dizaines de journalistes pour les relancer sur les livres qu’on leur avait envoyés : je suis surtout tombée sur des répondeurs ou j’ai eu des refus assez violents mais il faut persister, et ça peut bien se conclure finalement.

Il s’agit de faire plusieurs lectures d’un livre : tout d’abord une première lecture pour découvrir l’œuvre, puis une seconde pour trouver et souligner les « caractéristiques » du livre, trouver les arguments qui feront que l’interlocuteur ne raccrochera pas, arguments mis en valeur dans le communiqué de presse qui accompagne chaque envoi de livre aux journalistes, aussi appelé « argumentaire ». Savoir s’imposer et imposer nos idées.

Les mois de juin-juillet étant également les mois des vacances, de nombreuses attachées de presse ont pris leurs vacances durant ma période stage, attachées que j’ai du remplacé.

D’un coup je suis passée du stade de la stagiaire qui effectue le travail sommaire à la stagiaire qui doit prendre en charge deux postes d’attachées de presse plus de leur assistante, être plongée en plein cœur du métier. C’est durant cette période de deux semaines que j’ai le plus appréciée mon stage. Cette responsabilité et cette confiance qu’on m’accordait, il fallait qu’elle soit justifiée et j’ai tout de suite pris mon travail très à cœur.

Si, durant le premier mois, je m’ennuyais parfois car je n’avais pas tout le temps des choses à faire, ces périodes de « rush » m’ont fait voir à quel point c’est un métier épuisant mais stimulant : il faut donc suivre toujours la presse et ce qu’on dit des livres mais également répertorier cette presse dans la « GED » (Gestion électronique des Documents ), la classer (nom-livre-attachée de presse), répondre aux demandes des journalistes par mails ou au téléphone (il faut savoir qu’il y en a sans arrêts),envoyer les livres, réceptionner les épreuves, les envoyer,  envoyer la presse aux auteurs, organiser et  suivre leurs interventions à la télé ou à la radio, en effectuer des comptes-rendus, faire des dossiers de presse si besoin (dossier dans lequel on regroupe tous les meilleurs papiers sur un livre ou un auteur pour avoir une vue d’ensemble) et cela sur deux domaines différents : toujours fiction et licences pour Claire et Anne-Emmanuelle mais je remplaçais également Agnès Olivo et son assistante Lucie Di Biasi qui s’occupent des essais et des documents. J’ai donc appris à travailler sur différents supports, différentes manières de travailler car on ne promeut pas un roman comme on promeut le livre des mémoires d’un rescapé d’un accident d’avion et on ne contacte pas non plus les mêmes personnes. Très instructif et enrichissant.


Travailler dans le service de presse comporte pas mal d’avantages :

Avant d’effectuer mes relances par téléphone, il s’agit de lire les livres pour savoir sur quoi j’allais pouvoir insister, ce qui est pour moi toujours un grand plaisir. Les stagiaires peuvent donc  lire autant de livres de la maison qu’ils souhaitent, ce dont j’ai bien évidemment profité. J’ai aussi rencontré pas mal d’auteurs : Amélie Nothomb (qui a son bureau chez Albin Michel), Didier Van Cauwelart, Shan sa, Philippe Simiot, Tony Cartano…

De plus, on lit la presse tous les matins (toutes les différentes revues imaginables et possibles) et on se tient au courant de tout. Grâce à cette lecture quotidienne, on apprend à analyser ces revues : leurs sujets de prédilection, le parti politique vers lequel elles tendent, si elles sont plus romans légers ou essais sensibles…


Je n’étais pas la seule stagiaire, bien au contraire, je me suis aperçue qu’ils embauchaient assez fréquemment ; chaque attachée, 6 au total,  a un ou plusieurs stagiaires. Cela m’a rassurée car ce milieu est ouvert et à besoin de stagiaires ; de plus je me suis aperçue que nombres des stagiaires venaient ou avaient fait hypokhâgne-khâgne donc je me suis dis que j’allais dans la bonne direction.

J’ai également remarqué qu’ils embauchent des profils assez différents, plus enrichissant pour eux,  car finalement pas un seul ne se ressemble : il va y avoir des profils très littéraires,des écrivains ou anciens professeurs de lettres, ou alors des profils plutôt communication-marketing car après tout, le but est de savoir vendre ses livres, (beaucoup d’attachées sortent d’écoles de commerce ou de parcours de communication)

Il y a un paradoxe qui s’établit, un paradoxe assez dérangeant car pour faire « vivre » un livre et son auteur, le travail de communication et de « marketing » est tout simplement obligatoire mais parfois, j’ai eu l’impression que le livre, à cause de ce marketing, perdait de sa valeur de livre ne lui-même et devenait un produit comme un autre ; assister à cela c’était comme un petit déchirement intérieur devant une manipulation du livre, de cet objet finalement unique et précieux. Pour certains, ce n’est plus écrire pur écrire qui prime mais écrire pour vendre, ou du moins c’est le sentiment que j’en ai ressortis et j’ai trouvé ça dommage, car cela se sent dans leurs œuvres.

Pas de profil-type : rassurant également. J’ai bien compris que dans ce milieu, le parcours n’étant pas spécifique, tout se joue surtout l’expérience d’où  la nécessité des stages.


J’ai aussi eu droit à une matinée d’observation au service iconographique de la maison avec Anne Pelseneer, qui s’occupe de créer les couvertures des livres. Ce fut très intéressant de voir qu’ils s’inspirent à peine du livre (ils lisent simplement le communiqué de presse ou argumentaire que les attachées leur font parvenir) et cherchent, essaient, recommencent. Ils possèdent en fait une très grande liberté ; un métier de création très intéressant, qui s’effectue sur le temps et qui n’est pas toujours évident car il faut trouver une couverture qui accroche et qui plaise à l’auteur or ce n’est pas toujours simple.


Ce stage m’a aidé à être plus confiante, en ce que je dis et surtout à être beaucoup moins timide, car la timidité n’a pas sa place dans un monde comme celui-ci : il faut oser. Je pense que cela me sera très bénéfique pour l’année prochaine et les années à venir.


Ce stage m’a également conforté dans mon idée d’avenir, c'est-à-dire travailler dans l’édition seulement sûrement plus du côté éditorial, suivre un projet, un manuscrit et son auteur, voir avec lui ce qui va, ce qu’il faut améliorer, le soutenir ; choisir dans les manuscrits ce qui vont valoir le coup ou avoir un coup de cœur ; être plus à la base de la création que la vente car service de communication, un peu brutal et trop speed à mon goût et surtout, assez éloigné du livre en lui-même finalement.

J’espérerais que ça fasse l’objet d’un prochain stage.

De plus, j’ai eu la surprise et joie d’être rémunérée.

Ces deux mois m’ont été totalement bénéfiques :faire un stage sur une longue période permet d’aborder beaucoup mieux le stage, de comprendre vraiment le fonctionnement des choses.  J’ai commencé à être vraiment efficace après environ mon mois d’observation et de pratique. Un mois de juin très actif (stress de la préparation de la rentrée littéraire en août) mais un mois de juillet plus calme: c’était également les vacances pour les journalistes, l’ambiance a donc été beaucoup plus calme.

Un stage dont je ne tire que du positif: une expérience très intéressante et enrichissante du point de vue intellectuel comme du point de vue social.


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RAPPORT DE STAGE de Nina PORET


Effectué du 1/06/2010 au 7/07/2010, dans une revue bimensuelle :


Editorial Televisa Peru S.A – Revista CARAS

Av. Republica de Panama, 3635

Lima 27 – Peru

 

Cette revue est publiée à Lima depuis seulement 3 ans, mais aujourd’hui elle a un réel poids et fait même concurrence à l’autre revue bimensuelle Cosas, qui s’est imposée la première comme revue de ce type depuis plus de 30 ans. Ces deux revues visent un lecteur bien particulier : des femmes dont la moyenne d’âge est de 30 ans, et qui appartiennent à la « classe A » de Lima. Il faut effectivement noter qu’elle a un coût assez élevé, non accessible à la majorité des péruviens (environ 15 soles soit environ 5 euros). Autre indice qui prouve que le lectorat visé est bien une élite : les thèmes et les sujets traités. Assez spécifiques à une certaine classe, la majorité des articles rendent compte de l’actualité concernant les personnalités péruviennes mais aussi internationales, offrent des portraits ou plutôt des biographies (d’où son nom « Caras » qui signifie visage) de personnes influentes dans la culture, dans la mode, la cuisine ou encore dans l’évènementiel à Lima. C’est la nouveauté, l’actualité, l’originalité mais aussi l’élégance qui orientent la rédaction des articles. Mais ce qu’il faudrait ajouter pour rendre compte de l’esprit de la revue, c’est que l’accent est mis surtout sur les photos, et de ce fait, le travail du photographe a une importance aussi grande que celui des journalistes, voire plus (j’évoquerai plus amplement le travail de chacun ultérieurement). Ayant assisté à l’élaboration de trois revues, j’ai pu remarquer cette spécificité : il suffit d’observer la première de couverture de chacune des trois revues pour noter que c’est un plan rapproché d’une célébrité qui s’impose.

 

En effet, l’élégance reste le mot d’ordre de la revue (les photographes ont une seule consigne a donner aux modèles : s’habiller élégamment pour la session de photos), et l’aspect visuel est véritablement ce qui prime dans cette revue. Toutes mes observations et mes remarques dans ce rapport ne feront qu’en rendre compte.

Plus généralement, la revue vit aussi bien au rythme des évènements et nouveautés de Lima mais aussi sur l’actualité concernant les grandes personnalités internationales. Par son caractère bimensuel, la revue cherche à couvrir les évènements ou les actualités de Lima sur une période de quinze jours, ce qui fait que l’organisation du travail est plutôt simple, et surtout répétitive. Je profite de l’occasion pour rendre compte ici de l’organisation du travail des journalistes précédant la parution de la revue. La réunion du lundi matin entre tous les membres de la rédaction et de la production permet de déterminer une partie des sujets qui feront l’objet d’articles dans la prochaine revue. Chaque journaliste propose des thèmes, annonce son projet d’écrire sur tel ou tel personnalité ou évènements: en réalité, le choix des thèmes abordés dépend aussi bien des évènements proprement liméniens (comme la fête nationale, l’inauguration d’un musée) mais les journalistes s’appuient aussi sur leurs contacts pour choisir de traiter un sujet beaucoup moins circonstanciel : ainsi, ils pourront par exemple interviewer le directeur du centre culturel d’Espagne de Lima  pour qu’il partage les aspects de sa jeune et expérience à Lima et de ses futurs projets. Si les thèmes abordés sont divers et variés, chaque journaliste (ils étaient 6, dont la rédactrice en chef) avait pourtant sa spécialité : par exemple, l’un d’entre eux, Francis Centurion traitait plutôt les sujets culinaires, Dariella Flores et Diana Kisner ceux concernant la mode… Ce premier travail d’ébauche réalisé en commun se poursuivait toute la première semaine qui était d’abord une semaine de recherche d’autres sujets à traiter, de prise de contact avec les personnes qui seront interviewées…autant dire une semaine de coordination, assez pénible et fastidieuse pour les journalistes car il ne s’agit que de programmation, de prise de rendez-vous, d’envoi de nombreux mails, de nombreuses heures à passer au téléphone pour des négociations. En réalité, cette première semaine n’est pas très « active » au niveau de la production et de la rédaction, et elle est plutôt marquée par l’attente des réponses des personnes contactées, ainsi que de recherche d’actualités sur des sites comme Facebook (très utilisé), mais aussi par la lecture de tous les quotidiens de la semaine afin de s’imprégner de l’actualité (même si ce n’est pas celle-ci qui est traitée dans la revue). C’est durant cette première semaine que j’ai pu me rendre compte de l’importance des contacts pour le travail des journalistes : le contact entre les journalistes-mêmes est essentiel car il permettait l’échange de carnets d’adresses, d’idées, de « bons plans » qui facilitaient le travail de chacun, mais l’importance du carnet d’adresse de chacun, du « réseau » de connaissances était remarquable. D’ailleurs, je pense que cet aspect est d’autant plus perceptible ou développé au Pérou : en effet, j’ai noté très rapidement que le contact entre les gens était très facilement établit, même en dehors du monde journalistique. Cet aspect relationnel particulier au Pérou qui se caractérise par un tutoiement quasi instantané, une mise en relation de ces propres contacts presque automatique, un sens de l’entraide assez prononcé facilite les démarches et le travail des journalistes. La deuxième semaine en revanche est plus productive et la plus intense, puisque c’est durant celle-ci que les journalistes accumulent et coordonnent les interviews, assistent aux sessions de photos, rédigent les articles, tout en sachant que le mercredi est le jour appelé « cierre » soit le jour de clôture du numéro, qui doit alors être prêt à envoyer à l’imprimerie. D’ailleurs, le travail des photographes est étroitement lié à celui des journalistes et des agents de productions, et durant un mois j’ai eu la chance de pouvoir observer et suivre le travail de chacun de ces derniers. Je dois préciser qu’avant toute chose, ce stage a été pour moi d’abord un stage d’observation, qui m’a permis d’avoir une vision d’ensemble du fonctionnement de la revue très complète. Au tout début, cette phase d’observation a été indispensable afin de comprendre et de m’adapter au fonctionnement de la rédaction, mais aussi afin de m’  « acclimater » au pays, la barrière de la langue au départ n’aidant pas. Les deux premiers jours de stage, j’ai profité de l’accès libre à toutes les revues parues précédemment afin de m’imprégner du style de la revue et des styles d’écriture de chacun, ainsi qu’à tous les périodiques (quotidiens, hebdomadaires…) du pays pour me tenir au courant des actualités nationales et ainsi de suivre la presse. Les premiers contacts établis avec les différents membres de la revue (journalistes, chargés de production, photographes), je les ai très vite accompagnés dans chacun de leurs déplacements pour suivre leurs tâches, comprendre la manière de procéder de chacun. C’est en suivant le travail de façon précise et continue de chacun d’entre eux que j’ai pu avoir une vision particulière mais aussi générale et variée du fonctionnement de la revue, jusqu’à sa parution. Je vais maintenant détailler le travail que j’ai pu suivre, autant celui de rédaction que de production ou encore de photographie.

L’objectif du stage n’étant pas de regarder les journalistes écrire, et mes connaissances en espagnol ne me permettant pas de rédiger immédiatement des articles, j’ai d’abord suivi pendant quatre jours le travail de Gonzalo Mas, chargé d’une partie de la production de la revue. L’aspect esthétique et visuel de son travail m’a permis dans un premier temps de collaborer plus aisément et plus rapidement, étant donné que le travail que je devais effectuer requérait davantage mon imagination et ma créativité qu’autre chose. En effet, chargé de la production d’un « bodegon », rubrique intitulée « Tienes que tenerlo » (« tu dois les avoir ») qui présente une série d’objets (tels des cadres photos, bijoux, sacs etc.), de différentes marques. C’est ce qui m’a été proposé de réaliser, toujours avec l’aide de Gonzalo Mas, la première tâche étant de créer une ambiance par le choix des objets et du décor qui les accompagne afin de mettre en valeur les objets présentés. L’idée que j’ai proposée ayant tout de suite plu à Gonzalo Mas, celle de réaliser une ambiance « vintage », nous sommes allés ensemble dans Lima dans le but de trouver des objets correspondant à notre projet. Après avoir pris contact avec les différentes boutiques pour le prêt des objets (les objets sont prêtés en échange de crédits en bas de page servant de publicité à la boutique), coordonné les différents rendez-vous, le but était de trouver un lieu précis qui servirait de décor pour la photo finale. Je ne me doutais avant de tout ce travail de recherche et de démarches pour la réalisation de cette page qui semble au premier abord assez simple. Tout ce travail nécessite à la fois de la patience, créativité, un contact facile, mais son caractère aléatoire et incertain est tout de même assez stressant. C’est aussi à cette occasion que j’ai pu voir le lien qui existe entre le travail de production et celui du photographe : le photographe immortalise le travail de production par son cliché, le met en valeur.

C’est après cette première approche concernant la production que j’ai commencé à travailler avec les journalistes, et ceci au rythme des interviews. En effet, leur emploi du temps était assez répétitif puisqu’il s’agissait presque toujours du même protocole : prise de contact pendant la première semaine, préparation de quelques questions avant l’interview, déplacement dans les quatre coins de la ville pour des interviews (toujours accompagné du photographe), et par la suite rédaction des articles. C’est peut-être la seule critique que je pourrai faire à cet égard. En revanche, j’ai noté la diversité des thèmes abordés et des personnes interviewées dans la semaine: en effet, j’ai pu assister à l’interview de Rochi del Castillo, une femme qui s’est lancé dans la création d’un magazine réunissant les dernières nouveautés concernant l’architecture, la mode et la décoration à Lima, mais aussi celle d’une photographe, Martha Woodman, qui inaugurait son exposition dans le centre culturel de Lima par exemple... Bien souvent, pour la rédaction de l’article, une toute petite partie de l’interview servait puisque les articles ne devaient pas être très longs : les journalistes mixaient à la fois des informations générales sur le sujet abordé, inséraient les paroles des personnes interviewées. A la suite de l’interview, c’est au tour du photographe de prendre en charge le travail. J’ai eu l’occasion de suivre également plusieurs sessions de photos, que ce soit pour la première de couverture, que pour les quatre pages de la rubrique « Trends » (mode) qui nécessitaient la location d’un endroit pour une mise en scène très spéciale, l’emploi d’une mannequin mais aussi de maquilleurs, coiffeurs, et la mobilisation de plusieurs journalistes…en réalité, le travail de photos variait selon les rubriques de l’article. Mais il s’agissait très souvent de portraits, la préparation du décor était importante et donc longue tout comme l’installation du matériel professionnel, la pose de la personne interviewée très travaillée (par exemple, il fallait toujours que ses mains soient visibles dans le but de paraître serein, calme). Le photographe ayant déjà dans la tête la composition de la page finale, la composition de la photographie était quasiment déjà programmée avant la prise. Après la prise de nombreux clichés, le photographe doit en sélectionner une seule qui sera celle qui apparaîtra définitivement dans la revue, et qui préalablement sera retouchée : le logiciel « magique » Photoshop était indispensable ! J’ai donc pu participer à différentes de ces tâches : rédaction de la rubrique « Contracara » de la revue, prise de plusieurs clichés, assistance du photographe durant une semaine, observation du travail de retouches des photos et de composition de la page (maquette d’une rubrique, associant texte et images).

En réalité, j’ai véritablement pu faire un tour complet de la revue, participer et collaborer à tous les « rouages » de la machine Caras. Et je peux dire que ceci n’est du qu’à la convivialité, le caractère chaleureux et accueillant de tous les employés de la revue. L’ambiance décontractée, saine et conviviale de l’équipe m’a agréablement surprise, et pour autant, sérieux et professionnalisme étaient toujours au rendez-vous. L’équipe est vraiment soudée, se connait par cœur, s’entraide et travaille sans problème ensemble : de ce fait, ce fut très facile pour moi de m’intégrer à cette équipe, de prendre contact avec chacun de ces membres, et de travailler avec eux dans une bonne ambiance, jusqu’à partager des repas avec eux. Même si Teresina Muñoz-Najar, la rédactrice en chef, était officiellement ma tutrice pour ce stage, ce n’est pas avec elle que j’ai passé le plus de temps. Néanmoins, elle suivait tous les jours ce que je faisais, savait où et avec qui j’étais, sans pour autant exercer un contrôle permanent sur mes faits et gestes. Cette semi-liberté était pour moi très agréable car elle impliquait une relation de confiance entre la rédactrice et moi-même : pour donner un exemple, elle n’était pas du tout exigeante sur les horaires (comme pour tous les péruviens !), mais mes habitudes européennes m’obligeaient à arriver toujours à la même heure, ce qui en impressionnait plus d’un. La relation qu’elle avait avec tous les membres de la revue était quasi amicale, le contact avec elle étant donc pour les employés comme pour moi très facile. C’est avec les journalistes et les photographes que j’ai davantage travaillé. Chacun leur tour me proposait de les accompagner, et de ce fait j’ai pu suivre plusieurs d’entre eux en une seule journée. Plus les semaines passaient, plus je me sentais intégrée dans cette équipe, chacun de ses membres comptant sur ma présence, mon aide et ma collaboration. De plus, ils ont tous été très attentionnés, et surtout patients : ils ont toujours été attentifs à ce que je comprenne bien les situations, les anecdotes, les circonstances étant donné le barrage de la langue. Je crois que le fait même d’être une stagiaire étrangère a favorisé la relation avec les membres de la revue car ce fut d’abord un dialogue entre deux cultures tout à fait différentes. Ils ont toujours répondu à mes questions avec plaisir ou m’ont donné diverses explications et informations concernant le pays, et même la langue.

En effet, la langue fut la première difficulté que j’ai rencontrée durant ce stage : surtout au tout début du stage, le fait d’être immergée subitement dans un monde où tous parlaient péruvien (parce qu’il existe de nombreuses différences avec l’espagnol, concernant des expressions et même des règles grammaticales par exemple) a été au départ un handicap. Mais le fait d’avoir habité chez une famille péruvienne m’a très vite habituée à n’entendre et ne parler qu’en espagnol, ce qui a facilité mon investissement au sein de Caras. La barrière de la langue ayant été dépassée au bout d’une semaine environ, la deuxième difficulté qui s’est imposée à moi fut de comprendre très vite la situation du pays, les coutumes et traditions. C’est pour cela que j’ai très vite pris l’habitude de lire la presse pour m’imprégner du pays, et là encore ma famille d’accueil m’y a largement aidé. D’autant plus que le père de la famille est directement lié au monde journalistique puisqu’il travaille en tant que caricaturiste politique dans un grand journal, El Comercio,  qui serait l’équivalent du Monde en France: c’est grâce à lui que j’ai pu suivre de très près l’actualité politique du pays, et comprendre les rouages du fonctionnement d’un pays qui était aux mains du dictateur Fujimori il y a dix ans encore. En effet, le Pérou est aujourd’hui en pleine expansion, renouveau, sort la tête d’une longue période de répression, et c’est en partie au sein d’une revue comme Caras que l’on peut aisément ressentir cette nouvelle dynamique du pays. Malgré ces quelques difficultés directement liées à l’inconnu que représente un nouveau pays, l’adaptation à ce dernier, je pense réellement avoir été largement favorisée et aidée dans cette approche par toutes les personnes que j’ai pu rencontrer, celles que je côtoyais au quotidien, et que ces difficultés ont été très vite atténuées.

Avec le recul que j’ai sur cette période de stage, je peux en conclure qu’il a été pour moi une expérience unique et très enrichissante. J’ai appris énormément de choses en un mois, et j’aurai aimé en apprendre plus, prolonger cette expérience si intense et unique. Au niveau de mon apprentissage au sein de Caras, je pense qu’il a été très complet : le tour d’horizon du fonctionnement d’une revue de ce type que j’ai pu réaliser a été très bénéfique puisqu’il m’était jusqu’alors totalement inconnu. D’ailleurs, ce fut un réel plaisir de voir paraître dans les kiosques la revue, la concrétisation du travail que j’avais vu avancer pendant deux semaines. Le moment même où la revue est déposée au bureau le vendredi matin et où chacun peut lire son propre article, voir la photo qu’il a prise, son travail de façon concrète, et celui des autres également est assez excitant et gratifiant car c’est comme l’accomplissement d’un travail à la fois individuel et collectif réussi. Ce stage était en effet pour moi un projet planifié depuis plusieurs, et c’était avec beaucoup d’attentes et de buts que je suis arrivée à Lima : découvrir le monde journalistique dans un pays en développement comme le Pérou, mieux connaître la culture péruvienne et plus largement sud-américaine et y voir des conséquences ou des incidences sur la pratique journalistique, intensifier et améliorer mon apprentissage de l’espagnol, et de façon plus générale être plongée dans le monde journalistique afin de me projeter dans cet avenir professionnel possible. C’est dans cette optique que je suis arrivée les yeux grands ouverts, avec une curiosité certaine, dans le but d’apprendre le plus possible à la fois de la profession et des gens qui l’exerçaient. L’objectif étant d’apprendre quotidiennement et de rendre chaque journée productive. Il en résulte que mes attentes ont été comblées, et mes buts atteints. Concernant l’apprentissage de la langue, je me suis bien rendue compte que la seule façon d’apprendre au mieux une langue, de s’en imprégner réellement des us et coutumes, était de vivre sur place, de discuter avec les gens, et le résultat m’a plutôt impressionnée : la vitesse d’assimilation du vocabulaire, des expressions typiquement péruviennes a été très rapide, et la correction des erreurs de langues (grammaire, conjugaison) à chaque fois plus automatique, même si un mois ne suffit pas à maîtriser parfaitement la langue ! Et bien au-delà d’un stage, cela restera une période de rencontres enrichissantes et constructives, mais aussi de découverte d’un pays aux paysages impressionnants, chargé de traditions, possédant un passé culturel qui reste très influent et qui fait aujourd’hui son identité. Par ailleurs, je me suis penchée sérieusement sur l’histoire du Pérou et sur sa culture, en me documentant et en visitant de nombreux sites tels que des musées (Musée national d’Anthropologie, archéologie et histoire ; Musée national de la Culture péruvienne…) ou encore des sites archéologiques qui sont très nombreux au centre de Lima. Je me suis rendu compte que mon goût certain pour la découverte d’une culture étrangère, de son histoire, est beaucoup plus prononcé que je ne le pensais auparavant. Le contact permanent avec une telle culture, une telle population, dans un tel pays n’a fait qu’agrandir mon intérêt pour eux, et a plus que stimuler ma curiosité qui reste aujourd’hui très éveillée. C’est dans cette optique que je me suis rendue dans une des universités qui proposait ce cursus (elles sont nombreuses à Lima) pour y voir concrètement les différents cours qui y étaient proposés. Ce parcours universitaire est très prisé, mais surtout reconnu et offrant l’assurance d’un débouché professionnel (ce qui n’est pas le cas en France) : d’ailleurs, j’ai appris que de nombreux avocats péruviens, en fin de carrière, décidaient de se lancer de nouveau dans des études… d’anthropologie. Même si je suis bien consciente que l’on ne peut comparer les parcours, les niveaux d’études et des débouchés professionnels offerts au Pérou et ceux offerts en France, il n’empêche que j’ai pu me rendre compte que les thèmes et les sujets abordés dans les cours d’anthropologie m’intéressent tout particulièrement. C’est la confrontation entre un stage dans le milieu journalistique et la perspective d’un parcours qui me permettrait d’approfondir ce que déjà j’étais en train de découvrir par le fait même d’être dans un pays comme le Pérou qui m’a permis de faire le point : au-delà de l’expérience que j’ai eu dans le monde journalistique, j’ai senti que mon investissement dans des études dans le domaine des sciences humaines serait sans doute très fort, ou du moins il me semble que des études d’anthropologie réuniraient mes plus forts centres d’intérêts. Pour autant, je ne peux me permettre de réduire le journalisme à cette seule expérience qu’il m’a été proposé de vivre : d’ailleurs, je serai curieuse de connaître le fonctionnement d’un quotidien par exemple, et serai prête à renouveler l’expérience d’un stage dans le domaine journalistique pour en affiner ma connaissance. C’est à ce titre que ce stage a été très complet, parce qu’il a eu une double fonction: tout d’abord une première qui fut de découvrir et de me familiariser avec le monde professionnel, et une deuxième inattendue qui fut d’ouvrir le champ de perspectives concernant mes futures études. En résumé, je pense que l’objectif premier d’un tel stage a été largement atteint : affiner notre recherche d’une orientation future. Pour ma part, ce fut un bon « coup de pouce » dans cette perspective, même si aujourd’hui je n’ai pas encore d’idées très claires concernant mon orientation et mes choix futurs, et je compte bien sur l’année de khâgne pour m’aider à les affiner davantage.

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Rapport de stage de Charlotte Becquart

Entreprise : arte, service journal.

Durée du stage : 5 jours.

Responsable : Philomène Bon, service rédaction.

J’ai effectué un stage d’observation dans le cadre duquel j’ai eu la possibilité de suivre des professionnels d’Arte (journalistes, monteurs, JRI, secrétaires de rédaction) et de leur poser des questions.

I- Déroulement du stage.

II- Conseils des professionnels.

III- Bilan.

I- Déroulement du stage.

Lundi :

J’ai assisté à deux interviews commandées par la rédaction de Strasbourg (siège d’Arte) pour compléter un sujet pour le journal du soir sur le sommet France-Afrique de Nice. J’ai donc accompagné une journaliste et un cadreur dans deux lieux parisiens. La journaliste a d’abord interrogé Stephen Smith, journaliste spécialiste de l’Afrique, puis le rédacteur en chef adjoint du magazine Jeune Afrique. J’ai participé à l’installation de l’espace filmé et à la prise de son. Tout se passe très vite, une demi-heure au plus pour l’installation et l’interview. L’équipe est très réduite (deux personnes, mais le cadreur m’explique que parfois le journaliste fait tout tout seul). La journaliste doit largement improviser, elle n’a que quelques idées et demande même aux personnes interrogées comment elles souhaitent qu’elle oriente ses questions (beaucoup d’adaptation). De plus, seules quelques secondes de l’interview sont retenues pour le journal du soir (ici la deuxième interview n’a même pas été diffusée au journal). Cependant la totalité des interviews sont généralement publiées sur le site.

 

Mardi :

Tous les matins à la rédaction a lieu une conférence téléphonique avec la rédaction de Strasbourg pour faire un débriefing du journal de la veille et décider des sujets pour la journée. Les sujets culturels sont généralement près quelques jours en avance dans la mesure où l’actualité culturelle se prévoit plus tôt. La rédaction de Berlin participe également et il est intéressant d’observer comment chacune des rédactions essaie de valoriser ses actualités. Par exemple les Allemands voulaient réaliser un long sujet sur la démission du président allemand tandis que les parisiens pensaient au retour des rapatriés d’Israël. Il s’agit donc de choisir (le journal ne dure que 30 minutes) les actualités qui peuvent intéresser les Allemands comme les Français, ce qui fait l’intérêt de la chaîne Arte.

J’ai également découvert le travail de montage tout au long de la journée. Celui du matin devait être terminé pour le journal du midi ce qui rend l’entreprise stressante et le journaliste peu disponible. L’après-midi j’ai assisté au tournage d’une interview de Régis Debray pour son nouveau livre Lettre à un ami israélien, et au début du montage. Ce sujet classé culture était prévu depuis longtemps mais a été avancé dans le contexte de la crise Israël-Gaza à ce moment. Ici encore j’ai pu constaté l’adaptation et la rapidité d’action dont doivent faire preuve les journalistes, dans un métier très fortement connecté au monde.

 

Mercredi.

Après la conférence téléphonique j’ai passé la matinée à feuilleter les journaux et à parcourir les communiqués de presse afin de proposer des brèves à envoyer à Strasbourg qui décide des sujets programmés (comme des rendez-vous politiques importants, des manifestations, ou des sujets culturels) dans les deux semaines à venir. De nombreux communiqués sont en allemand et en anglais. Il s’agit de se situer toujours quelques jours en avance par rapport à l’actualité. J’ai pu soumettre quelques idées qui ont été envoyées à Strasbourg (mais non retenues…). Ce matin là, j’ai manqué le départ d’un journaliste et son équipe vers Roissy pour tourner un sujet sur le retour des Français ayant participé à la flottille pour Gaza. En effet tout est très rapide et j’ai appris ainsi qu’il faut toujours être très réactif. Cependant j’ai assisté au montage de ce sujet l’après midi, puis j’ai accompagné une équipe en forêt de Meudon pour interviewer un jeune réalisateur. Le journaliste tenait à traiter ce sujet dans un cadre plus original (certains journalistes peuvent ainsi faire des choix personnels en dépit du peu de temps et de nombreuses règles à respecter comme les deux minutes trente ou le commentaire obligatoire).

Jeudi.

Conférence téléphonique, recherche de sujets et montage d’un sujet culturel ont été au programme de la matinée. L’après midi j’ai accompagné une journaliste chargée de réaliser une interview à la rédaction de Mediapart pour l’équipe de Strasbourg qui en avait besoin afin d’enrichir un sujet sur l’implication de Nicolas Sarkozy dans le financement illicite de la campagne de Edouard Balladur. En effet la triple rédaction entre Berlin, Strasbourg et Paris permet aux différentes équipes de se compléter. Les journalistes étant difficile à aborder (toujours débordés) j’ai pu profiter du voyage en taxi pour lui poser mes questions (voir II).

 

Vendredi.

N’ayant pas pu participer au tournage d’un sujet à la Comédie française la veille (Les trois sœurs, Tchekhov) faute de place, j’ai assisté au montage toute la matinée et j’ai pu voir la pièce dans son intégralité avec les commentaires du journaliste spécialiste du théâtre. L’après-midi j’ai accompagné une équipe dans un grand hôtel parisien pour une interview d’un groupe de musique. L’essentiel retenu est l’indispensable maîtrise de l’anglais (le groupe étant américain) et la grande mobilité (le journaliste me raconte qu’il revient d’un tournage à Londres la veille pour le concert de ce même groupe qu’il n’a pas pu interviewer là-bas et qu’il repart à New-York le lendemain).

II- Conseils des professionnels rencontrés.


Un Jri (Journaliste-reporter-image) : il déconseille avec humour un métier instable, mal payé où les places sont trop chères. Il travaille pour Arte et TV5 et doit tourner beaucoup de sujets pour « finir son mois ». Il n’a en effet pas de statut de permanent au sein d’une chaîne malgré trente ans de métier et un passage par l’Idhec (aujourd’hui la Femis) et continue d’envoyer des piges régulièrement. Il relativise cependant ses propos en louant la diversité de son travail et les rencontres qu’il permet.

Une journaliste (permanente à la rédaction d’Arte) : est beaucoup plus positive. Après une licence elle entre au CFJ puis part passer trois ans à Moscou. Elle est pigiste pendant une dizaine d’année avant de devenir permanente chez Arte. Aujourd’hui elle travaille à la rédaction, part tourner des sujets partout dans le monde et rédige un blog en lien avec le site d’Arte. Ses principaux conseils sont les suivants :

- ne pas négliger les langues (elle ne parle même pas de l’anglais qui lui semble évident).

- envisager le journalisme dans son devenir et ne pas rêver de la presse écrite, ni même de la télé et de la radio qui vont se fondre dans le support de l’avenir : internet.

- choisir son école (de journalisme) en fonction de la formation pratique qu’elle offre, une bonne école étant une école qui permet d’apprendre à filmer, à monter, avec du matériel à disposition. En effet selon elle les jeunes journalistes qui font la différence à leur entrée dans le monde du travail sont ceux qui peuvent tout faire.

- accepter de vivre à Paris dans la mesure où la presse régionale est nettement plus en difficulté qu’ailleurs.

- ne pas tenter les grandes écoles trop tôt mais avoir au moins une licence, si possible en Erasmus, voire avoir fait Sciences-po.

 

III- Bilan.

 

Tout d’abord j’ai retenu de ce stage la liberté qu’offre le travail de journaliste. En effet, d’un journaliste à l’autre (et j’ai eu la chance d’en observer presque une dizaine au travail) les manières de travailler sont très différentes, ce qui est permis par la large place laissée à la subjectivité, l’improvisation et le peu de contraintes de la rédaction. En interview, certains ont des questions clairement écrites par exemple, tandis que d’autres laissent parler. Au montage, certain laissent faire le monteur, d’autres contrôlent tout. Beaucoup de reportages réalisés le sont sur propositions des journalistes : ils travaillent donc la plupart du temps sur des sujets qui les intéressent même s’ils doivent aussi se plier aux impératifs de l’actualité.

Ayant beaucoup assisté aux montages j’ai pu également constater à quel point l’information traitée est travaillée. En effet, le premier journaliste à qui j’ai posé la question de la prétendue objectivité de l’information m’a répondu : « la télé c’est tout sauf l’objectivité ». Depuis le choix des lieux et personnes interrogées au montage en passant par les questions posées le journaliste laisse son empreinte. Par exemple à propos d’un sujet sur les revendications de la police municipale, le journaliste ayant interrogé un élu UMP et un élu PS de la ville m’explique que l’interview qui clôturera le sujet sera celle qui sera valorisée, il s’agit donc d’un choix tout à fait subjectif tout en restant subtil. De même le journaliste écrit son commentaire à partir des passages de l’interview qui ne sont pas gardés au discours direct, ce qui créé souvent un décalage entre les paroles prononcées et le commentaire qui les adapte. Si dans une chaine comme Arte ce travail même dans la rapidité reste relativement honnête, un monteur m’explique que là où il était avant les transformations étaient bien plus osées.

Enfin, j’ai pu noter en observant le fonctionnement d’une rédaction pour une édition quotidienne le peu d’approfondissement dans le travail du journaliste. En effet la plupart des sujets sont tournés dans un temps restreint et montés pour un temps restreint. Le journaliste va donc par exemple passer sa journée du lundi avec la police municipale, le mardi avec des sans-papiers, le mercredi à l’aéroport avec les rapatriés d’Israël etc. Il ne peut s’investir en profondeur dans le sujet qui l’intéresse et est forcé parfois dans la précipitation de chercher quelques informations sur Wikipedia avant de rédiger un commentaire de quelques secondes, puis de passer à tout autre chose. Cependant ils valorisent face à cette vision des choses la grande variété de leur métier où aucune journée ne ressemble à la précédente et où l’on peut embrasser une large part de l’actualité mondiale.

Site des CPGE du Lycée Chaptal

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