Salon des métiers du politique

Compte rendu du métier de collaborateur de cabinet (journée du 15 octobre) :

Les trois quarts des collaborateurs de cabinet exercent leur profession dans les collectivités locales. Leur fonction est liée au cycle électoral. Ce métier est considéré parfois, voire souvent, comme un tremplin pour devenir un élu, une étape dans sa future carrière politique.

28% des collaborateurs n’adhèrent à aucun parti politique. La majorité d’entre eux sont jeunes et très diplômés (ils ont moins de 40 ans en général).

Leurs fonctions : sécuriser l’action de l’élu ; garantir sa réélection ; lui soumettre des propositions de projet (aussi bien politique, économique que social), gérer son planning… ; éclairer son choix… Le collaborateur est aussi une force de proposition, il est en effet sollicité dans l’action politique et économique. Il possède également des compétences juridiques. Il doit avoir une formation assez généraliste avec une forte compétence en management. Les témoins sont divers : trois collaborateurs dans des collectivités territoriales, une auprès d’un parlementaire, et une directrice de l’ISMaPP qui propose des masters spécialisés de droit, marché public, affaires européennes et ressources humaines/communication. Ce métier permet donc d’ouvrir les portes de beaucoup d’autres voies professionnelles.

Les résultats de l’étude qui nous a été proposée au salon sont révélateurs des conditions d’exercice de cette activité. Parmi les participants :

70% ont moins de 40 ans, la majorité exerce depuis moins de 5ans, 74% pensent qu’il s’agit d’une étape, un tremplin dans leur carrière. En effet, collaborateur de cabinet permet d’acquérir une expérience concrète, très diverse, et permet de faire des rencontres qui peuvent s’avérer décisives à l’évolution d’une carrière. Concernant le salaire :

    3000 euros/mois pour 55% d’entre eux

    2000 euros pour 37%

    5000 euros pour 5%


Ce métier exige de l’engagement personnel et de la conviction. Il nécessite aussi une qualité d’adaptation, le collaborateur doit en effet appréhender la personnalité, le caractère de l’élu. Ses fonctions sont caractérisées par une grande diversité, mais sont toujours fondées sur le « relationnel ». La notion de « diplomatie » est d’ailleurs primordiale. Plusieurs façons de travailler peuvent être adoptées selon la personnalité de l’élu entre autres. Les qualités rédactionnelles sont essentielles.

La formation au métier de collaborateur de cabinet est de plus en plus poussée. Pour les études, il est conseillé de se diriger vers le droit -pour les collaborateurs qui exercent auprès de parlementaires- qui constitue un pilier dans ce métier, ou bien vers la gestion publique concernant ceux exerçant auprès d’élus des collectivités, en somme, vers les secteurs publics et politiques en général. (Exemple : ISMaPP pouvant être intégrer deux ans après le bac, master d’histoire, de géographie, de lettres, de droit…). 70% ont un niveau bac+5.

Mais aujourd’hui, une évolution significative s’effectue dans les mentalités des jeunes qui veulent de plus en plus s’engager dans ce secteur : ils passent de militant à expert.

Les critères nécessaires sont les études mais surtout le réseau personnel, les relations étant primordiales comme le montrent les témoignages. Leur poste est intimement lié à la rencontre d’un élu avec lequel le courant est très vite passé, la confiance mutuelle a été immédiate.

Cependant, le métier de collaborateur de cabinet souffre de quelques inconvénients. En effet, le poste étant généralement lié à un candidat précis, le mandat de ce dernier, et par voie de conséquence le sien, n’est pas obligatoirement renouvelé. Le chômage est donc une menace importante, surtout qu’aucune indemnité n’est prévue. En 2006, on fêtait les 30 ans de la création de ce métier, et pourtant encore aujourd’hui, aucun statut ne lui est accordé. On note cependant une incohérence, puisque une formation de plus en plus poussée est requise, ce qui pousse à une professionnalisation. Les associations interviennent pour qu’un statut soit obtenu.

Malgré ces revendications, la conférence se termine sur une note positive, puisqu’il est rappelé qu’il s’agit d’un métier passionnant !

(Notes prises par Pascaline Barbaud, Margaux Bonnet et Jade Toussay)


Conférence STAFFs : les écoles, quelles formations, quelles compétences pour travailler avec les élus ?
Les écoles, quelles formations, quelles compétences pour travailler avec les élus ?

Compte-rendu de la conférence du 16 octobre 2009, Salon STAFFs (salon des métiers du politique)
Intervenants :


    Patrick Hassenteufel : Professeur de science politique, responsable de l'option de master « Métiers du politique », Université Versailles-Saint-Quentin.

    Lien : Fiche du master de droit public option "métiers du politique"


    Guillaume Courty : Professeur en science politique à Sciences Po Lille et à l’université Paris X Nanterre. Responsable du master de science politique « Travail politique et parlementaire », Paris X Nanterre.

    Lien : Fiche du master de science politique "Travail politique et parlementaire"


    Karim Amellal : Responsable pédagogique du Master « Affaires publiques », Sciences-Po Paris

    Lien : Fiche du master "affaires publiques"

    Découverte des métiers


Comment un étudiant non intégré dans la vie politique peut-il découvrir le métier de collaborateur ?

Les écoles et facs essayent de faire découvrir ces métiers dès le début des formations afin que les élèves puissent effectuer un stage dans ce domaine dès leur troisième année d’étude. Ainsi il disposent déjà d’un CV attractif en cinquième année.

Cette découverte peut se faire par trois moyens :

    Intervention de professionnels au sein même des cursus

    Documentation personnelle avec visite d’institutions, lecture de presse professionnelle…

    Les stages. Ils sont d’une importance capitale même s’ils ne sont pas systématiquement intégrés à la formation. Il est impératif de les multiplier, même au-delà du minimum exigé par certaines formations. L’implication de l’élève est indispensable pour rendre le stage efficace. L’élève doit également être cohérent politiquement dans sa demande de stage car les stages déterminent déjà en partie son parcours professionnel à venir. Les intervenants ont souligné à maintes reprises durant la conférence l’importance de la loyauté en politique dans le métier de collaborateur et la difficulté, voire l’impossibilité de changer de parti politique au cours de sa carrière. Pour ceux souhaitant faire du lobbying, il convient de ne pas être trop marqué politiquement.


Les intervenants soulignent également que les élèves doivent prendre conscience des difficultés de ce métier qui se révèle être assez précaire.


Comment s’organisent les cursus et comment y accéder ?


Facs de Nanterre et Saint Quentin : il est préférable d’avoir fait une licence permettant l’étude des sciences sociales pour accéder à un Master en lien avec les sciences politiques. Généralement la troisième année (L3) est une sorte de tronc commun qui permet d’avoir un aperçu de toutes les sciences sociales. Au niveau du Master l’année de M1 et souvent assez distante de l’année de M2 qui est beaucoup plus difficile. C’est lors du passage de la M2 que s’opère la sélection la plus importante.


Sciences Po : Une fois le Master de Sciences Po intégré, on choisit son cursus et sa spécialisation au tout début de l’année de M1. Ce choix n’est pas modifiable par la suite et engage l’élève à s’y conformer pendant les deux années du master.

Sciences Po est fondé sur une structure pyramidale. L’école délivre un certain nombre de cours qui forment une base. Celle-ci est complétée par l’enseignement de spécialisation. La professionnalisation des élèves représente le sommet de la pyramide. L’école cherche en effet à faire en sorte que ses élèves dépassent le cursus purement scolaire et l’enrichissent par diverses expériences (professionnelles, humanitaires…) afin de pouvoir présenter à leur oral un projet enraciné dans une expérience.


Admission des élèves venant des classes préparatoires : Les intervenants insistent sur deux points en particulier.

    Les élèves ayant passé trois ans en classes préparatoires (khûbes) souhaitant intégrer un master en sciences politiques doivent impérativement discuter de leur projet avec leurs professeurs. Il est impératif qu’ils ne fassent pas un tel choix par défaut et qu’ils se soient bien renseignés. Ils doivent présenter un projet précis, savoir quel cursus ils souhaitent intégrer en particulier. C’est pourquoi il est fortement recommandé à ces élèves d’avoir fait des stages dans le milieu politique, d’avoir fait preuve d’un engagement politique ou humanitaire et de se servir de ces éléments pour souligner la cohérence de leur candidature.

    Néanmoins les élèves des classes préparatoires disposent d’avantages indéniables pour suivre cette formation puisqu’ils disposent de capacités d’apprentissage, d’expression ainsi que de méthodes de travail qui sont essentielles dans le cadre de ces cursus.


    Disciplines mobilisées


Quelle est la teneur des enseignements dispensés?


Les matières de base sont le droit et la science politique auxquelles sont adjointes les techniques de communication, la sociologie, la capacité d'enquête, les langues.


L'université de Saint Quentin propose également un enseignement "Analyse des métiers publics". Cette université met également beaucoup l'accent sur la méthodologie et la culture générale. Néanmoins elle ne propose pas un large panel de langues étrangères.


Sur la question des langues étrangères les intervenants soulignent l'importance de l'Allemand. En effet il est nécessaire de connaître la langue mais aussi le vocabulaire et les dates des institutions.


Les intervenants concluent cette seconde partie de la conférence en définissant les objectifs des masters concernés:

    Mettre sur le marché des étudiants directement aptes à travailler

    Former les étudiants à comprendre et à réfléchir


L'organisation du master vise donc à satisfaire ces objectifs. Les élèves disposent donc de trois semestres de formation et un semestre de stage obligatoire.

    Compétences attendues pour les métiers de collaborateurs


Quelles sont les qualités et compétences requises pour réussir dans cette voie?

La capacité de savoir penser apparaît comme la compétence la plus importante. Les formations visent donc à développer cette capacité. Guillaume Courty (faculté de Nanterre – Sciences Po Lille) souligne également que l'apprentissage ne doit pas être accompagné d'une crainte de l'échec professionnel mais générer un véritable plaisir. Si cette conception n'est pas partagée par l'ensemble des intervenants, tous s'accordent pour reconnaître que les élus cherchent avant tout des étudiants qui soient curieux, dynamiques et disponibles.


Toute la difficulté pour les élèves est donc de répondre à des attentes à la fois scolaires et professionnelles. Ils doivent également disposer de compétences politiques. Celles-ci peuvent s'acquérir par le biais d'activités militantes plus ou moins politisées ou bien au sein de la formation même. Dans ce but l'université de Saint Quentin propose par exemple l'intervention de professionnels ou la mise en place d'exercices de simulation.

    Le problème de la reconversion dans les métiers de collaborateurs de cabinet


Quelles sont les options de reconversion professionnelle ouvertes aux collaborateurs de cabinet?

En effet ces métiers font partie d'un marché du travail très particulier et particulièrement instable. Il convient dès lors de savoir anticiper la chute de l'élu avec lequel on travaille et d'envisager sa reconversion rapidement.


Les écoles anticipent généralement sur ces besoins et proposent plusieurs solutions à ce cas de figure.

    Mise en place d'un véritable réseau à travers les associations d'anciens élèves (même si tous reconnaissent qu'il est difficile de suivre tous les anciens élèves, surtout après plusieurs années)

    Création d'un "pôle de placement" à Sciences Po Paris. Cette cellule permet de mettre en relation d'anciens élèves entre eux qui peuvent s'entraider pour retrouver des emplois.

    Aide aux concours administratifs. En effet la reconversion dans l'administration est reconnue par tous comme une solution viable et efficace. Sciences Po Paris propose ainsi une préparation à ces concours. Celle-ci est accessible à tout ancien élève, quel que soit son année de diplôme. Beaucoup d'élèves reviennent ainsi de nombreuses années plus tard pour préparer les concours administratifs.


Quelle est la situation de l'embauche à la sortie des études?


Guillaume Courty analyse deux situations à la sortie du master:

    Véritable précarité du travail chez les étudiants avec des promos entières qui ont beaucoup de mal à trouver des emplois

    Abondance d’emplois prestigieux au sein desquels les élèves se retrouvent avec des responsabilités importantes et soudaines.


Dans le cas de la dernière promo en date (date de diplôme : 2009), un tiers des élèves a trouvé un poste directement à la sortie du master.

 

Notes prises par Fanny Bourdon-Bart

Site des CPGE du Lycée Chaptal

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