
DISPOSITIFS

Le commun des mortels
Carte 2
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Devant un livre ouvert, elle balance entre le rêve et la pensée. Tout est possible encore. Elle se fait à sa mesure,
à son désir. Elle se crée de différentes pièces sans terminer son personnage. Elle se heurte à sa diversité.
Dans les livres, il y a des femmes,
avec un caractère, il y a des timides,
des hystériques, des bavardes, des niaises, des fourbes, des folles, des femmes
qui aiment les hommes, des femmes
qui aiment les femmes, des femmes
qui aiment les enfants, des femmes
qui s’aiment elles-mêmes et puis
des qui s’occupent, qui gardent heureux leurs lendemains, et puis, des qui passent à côté de leur vie en remplissant les heures futiles. Des qu’elle comprend, le plus souvent.
Dans la vie, il y a des gens opaques,
sans mode d’emploi, qui ne se livrent pas. Dans la vie, il y a des gens
qui se métamorphosent, qui changent
de forme en fonction des lieux,
des circonstances et des autres qu’eux. Dans la vie, il y a des gens qui sont des phasmes.
Elle voudrait savoir qui elle est, qui elle sera, pour ne pas se tromper, pour savoir qui elle doit aimer. Elle balance entre toutes les femmes, tous les hommes
qu’elle pourrait être.
Elle est creuse, prête à tout.
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