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Mémoires émoussées

 

 

On a voulu se souvenir.

Place de La Bonne Bière, le 5 novembre 2016.

Je reviens à l’endroit où l’insouciance et la légèreté se mêlent mais aussi là où d’autres furent moins heureux je crois pourquoi suis je là je ne sais pas ce que je fais un homme improvise pour divertir sourire des gens et merci à vous à chaque fois même intonation même attitude même discours même réaction sourires selon lui la poésie du mot écrire est de cristalliser le moment mais oui tout à fait tout cela n’est que tendresse un mal de tête commence mouvement incessant des voitures lorsqu’elles accélèrent crispation mais lorsqu’elles s’arrêtent peur une s’arrête je ne vois que ça le camion de poubelle une odeur nauséabonde presque autant que mon atmosphère les gens qui passent sont âgés ceux assis sont jeunes et un petit garçon court dans un sens puis dans l’autre un bouquet de fleurs à la main innocence et mémoire lourde je déforme tout stop donc deux vélos avec casque deux vélos sans casque deux hommes observent la terrasse et partent je suis attentive ou stressée mais quelle limite trouver une sirène qui se rapproche puis s‘éloigne elle est perceptible 25 secondes des gens parlent de Rotterdam souvenirs de vacances plaisants mais pétard je tremble j’attire l’attention elle me demande si ça va je ne réponds pas je ne sais pas ils sont tous en train d’écrire disent-ils moi mon mal de tête encore plus fort le mendiant en léopard parle autour d’une bière avec les deux jeunes filles d’expériences elles demandent de partir la gêne s’installe il cherche de la chaleur humaine en ce mois de novembre et d’autres gens rient et débattent autour d’un verre et d’une table sur la notre c’est deux verres vides un café fini un paquet de tabac un cendrier un briquet un portable et par terre ce sac noir étendu qui gît sur le bitume une interprétation qui glace le sang le serveur faites attention à ce sac et le déplace stop retour à la réalité de l’insouciance ambiante d’ailleurs un homme s’étire et baille et puis l’intérieur est cosy en bois avec des escaliers en colimaçon et puis carte bancaire à partir de 10 euros et puis les gens parlent de soirées alcoolisées de choses plaisantes et puis de plus en plus de tenues de soirée de jeunesse et d’alcool et puis 21h37 est passée plus de peur peut être mais des pensées stop les plantes c’est ma bouffée d’oxygène dit-il on rit je me cogne contre la baie vitrée mais sur la casa Nostra la lumière rouge est défaillante elle clignote danger elle chante une deux trois fois le bruit d’une bouteille brisée les regards retournés qui tentent de comprendre épuisement de moi même plus que du lieu elle est déçue il n’y a plus de mojitos fraises non parce que ici la boisson favorite est la pinte 50cl une discussion rapide des amis de longues dates ils viennent souvent ici ils auraient pu être là ils habitent juste au dessus cette soirée ces phrases tant entendues ou alors c’était leur adresse préférée ils devaient se rejoindre avec des amis là bas ce soir là mais finalement non ils voulaient mais il n’y avait plus de table ils sont partis précipitamment après une dispute conjugale ils étaient en retard ils ont décidé de se reposer parce que ils avaient trop de boulot ils se sont décommandés pourtant ce soir il y avait des tables ils ne sont pas partis après une dispute ils ont bien décidé de sortir et ils n’avaient pas trop de boulot ils ne se sont pas décommandés ils sont venus ils sont restés je suis venue je suis restée elle est partie et a lancé à vos bonne bières !

 

Ijjou Ahoudig 

 

 

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