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Père-Lachaise 2018

SRATES SONORE

“Tout bruit

Ecouté longtemps

Devient une voix.” V. HUGO

 

« Je suis un homme de mots » - tombe de J. Morrison

 

1.         Première insertion en fondu de croassements de corbeaux dans une boucle sonore. Elle sert alors de fond à l’ambiance ici créée, de support à l’œuvre radiophonique et sur celle-ci viennent se greffer d’autres bandes sonores. Les cris aigus des rapaces au plumage de jais s’estompent puis réapparaissent incessamment. Ils sont ainsi continuellement audibles ou alors latents.

 

2.         Deuxième insertion phonique qui se superpose à la boucle sonore aviaire : la résonance de talons entrechoquant les pavés de pierre dans un rythme soutenu, soit environ une seconde par pas. Pendant dix secondes, l’intensité du son des chocs augmente de plus en plus jusqu’à atteindre un point d’acmé. Elle diminue alors sur la même période et disparaît.

 

3.         A la suite de ces pas rapides, introduction de nouvelles foulées au rythme considérablement plus lent, soit deux secondes par pas.  Il n’y a plus simplement deux talons qui heurtent la pierre mais six chaussures, toutes sur le même rythme tranquille. A la manière de la deuxième bande sonore, l’intensité du son augmente pendant vingt secondes à la fin desquelles elle culmine puis diminue sur le même temps.

 

4.         Aux pas de ces trois individus se superposent des murmures inintelligibles et confus.  Audibles d’abord alors que l’amplitude du bruit des enjambées s’élève, interrompus alors que celle-ci est très haute, puis de nouveau présents tandis qu’elle redescend.

 

5.         A ces deux bandes sonores s’ajoutent des frottements de vêtements de jean bleu sur la même cadence que les foulées. En effet, le bruissement et les chocs sur les pavés sont des sons conséquences de la même action de marcher. Le bruissement reste subtil mais connait un schéma similaire aux autres bandes sonores quant à son intensité.

 

6.         Inclusion sonore de roues de véhicule automobile crissant sur les mêmes pavés de pierre pendant dix secondes. Le bruit est alors plutôt inconstant et chancelant puisque la surface sur laquelle l’automobile roule n’est pas lisse ni linéaire.

 

7.  Arrêt complet des bandes-son pendant vingt secondes ; seuls les croassements des corbeaux mentionnés à la première étape se font entendre. Les cris sont toujours aussi perçants mais leur intensité varie à la manière d’une courbe sinusoïdale, il y a alors l’impression d’un rapprochement puis d’un éloignement des corbeaux tour à tour.

 

8. Après ces vingt secondes de simples bruits de la faune aérienne, d’inattendus froissements précipités de feuilles de papier s’adjoignent. Des pages se tournent, une feuille s’arrache, elle se chiffonne, un crayon glisse sur une autre, une nouvelle se tourne, tout est prompt.

 

9. Enfin, insertion de nouveaux claquements de talons contre le dallage. Alors que leur volume et leur vivacité augmentent en l’espace de dix secondes, une voix surgit :

 « Gérard va bien,

Tout le monde va bien,

Au revoir je suis arrivée je crois »,

Interrompue par un silence de trois secondes, cette voix poursuit :

 « J’en ai eu pour cinq bonnes minutes, j’ai dû traverser tout le cimetière,

Puis ça montait drôlement ».

 

10. A la suite de ces paroles, seuls les cris des oiseaux noirs retentissent et s’effacent lentement jusqu’à s’éteindre.

 

 

Mélanie Fiton

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