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Proper Parfait Goubaux :

une vie, des vies

Présentation du projet

Isabelle Mimouni

15 avril 2019

 

 

A l’occasion de l’ouverture du musée Chaptal dans l’ancienne lingerie du lycée, l’atelier d’écriture des hypokhâgnes a choisi d’illustrer la mémoire de son fondateur, Prosper Parfait Goubaux (22 prairial an III- 31 juillet 1859).

 

La vie de Prosper Goubaux, telle que nous la connaissons à partir des notices biographiques dont nous disposons, comporte bien des aspects romanesques. Les 16 élèves de l’atelier ont choisi chacun un épisode qui les « inspirait » et ont réalisé les recherches nécessaires à la rédaction de leur projet.

 

Des temps de confrontation des projets ont par ailleurs permis de coordonner les éléments et de produire des effets d’échos que le lecteur attentif saura remarquer.

 

Notre atelier nous a conduits sur les traces d’un personnage qui reste dans l’ombre de l’Histoire. Sa silhouette s’efface devant celle des artistes qu’il a côtoyés : acteurs — Frédérick Lemaître —, écrivains — Eugène Sue —, et surtout peintres et sculpteurs.

Sur les traces de Prosper Parfait Goubaux, nous avons en effet rencontré Delacroix auquel le pédagogue et directeur d’école confia les portraits de ses meilleurs élèves qu’on peut voir encore aujourd’hui dans les plus grands musées :

Portrait d’Eugène Berny d’Ouville, Philadelphia Museum of art

Portrait d’Abel Widmer, National Gallery, Londres

Portrait de Richard de La Hautière, Musée Delacroix, Paris

 

La vie de Goubaux, à peine esquissée ici, garde bien des mystères, mais c’est avec émotion que les élèves de l’atelier ont posé, dans le bureau du proviseur — M. Gateau —, sous le tableau du novateur oublié dont le peintre Decaisne a saisi l’austère bienveillance.

 

On pourra lire ci-dessous les notices biographiques qui ont servi de point de départ aux élèves.

Nous remercions chaleureusement Katell Vicario, CPE du lycée, sans laquelle ce projet n’aurait pas vu le jour.

Nous exprimons aussi nos plus vifs remerciements à Madame Dominique de Font-Réaulx, conservateur au musée Delacroix qui a bien voulu recevoir trois de nos ambassadrices.

 

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Prosper Parfait Goubaux : une vie des vies

Notice du Grand Larousse universel du XIXème siècle, t. 8, 1875

En ligne : https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Page:Larousse_-_Grand_dictionnaire_universel_du_XIXe_siècle_-_Tome_8,_part._4,_Gile-Gyz.djvu/132&action=edit&redlink=1

 

 

GOUBAUX (Prosper-Parfait), auteur dramatique français, né à Paris le 10 juin 1795, mort dans la même ville en août 1859. Né pauvre et placé sous la direction d’un beau-père peu humain, il apprit à lire, à l’âge de douze ans,

en épelant les enseignes qu’il rencontrait sur son passage. Entré au lycée Louis-le-Grand, il y termina ses études, et, déjà marié, en 1814, prit part à, la défense de Paris. Après avoir été répétiteur de grec et de latin à l’institution

Sainte-Barbe, il fonda, en 1820, avec M. de Delauneau père, une maison d’éducation dont les commencements furent des plus pénibles, par suite des tracasseries administratives.

Il prit part aux luttes politiques des dernières années de la Restauration, et fit partie des diverses sociétés de l’époque. Après juillet 1830, il transféra son établissement dans la circonscription du collège Bourbon,

et y réunit celui de M. de la Chauvinière.

Ce fut M. Laffitte qui lui avança les premiers fonds nécessaires à l’installation de cette maison, où ont passé nombre d’hommes célèbres ou distingués en tous les genres, et qu’il vendit à la ville de Paris, en 1846, au moment de son plus grand succès. La ville en fit le collège Chaptal, d’abord nommé collège de François Ier, et y maintint Goubaux pour directeur. On cite, parmi les maîtres d’étude que cet établissement compta pendant sa première période : MM. Alphonse Karr, Belmontet, Michel (de Bourges), l’acteur Guyon, Saudras, etc. Goubaux avait débuté dans les lettres par des ''Esquisses de mœurs françaises'' (1822, in-8°), et donné ensuite une traduction estimée d’Horace (1827, 2 vol. in-8°). Le théâtre lui doit un certain nombre de pièces romantiques signées ''Dinaux'', pseudonyme composé de la syllabe finale de son nom et de celui de son premier collaborateur, M. Beudin ; plus tard, M. Beudin s’étant tourné vers la politique et la finance, Goubaux conserva seul ce pseudonyme déjà connu à divers titres, mais principalement par deux drames, dont le premier a fourni un de ses plus beaux rôles à Frédérick-Lemaître : Trente ans ou la Vie d’un joueur,  à la Porte-Saint-Martin (1857), et Richard d’Arlington (1832). Victor Ducange avait retouché et signé Trente ans ; Alexandre Dumas, père avait fuit de même pour la seconde pièce. Parmi les ouvrages, d’ailleurs fort nombreux, dus à Goubaux ou auxquels il a seulement collaboré, nous distinguerons :

Clarisse Harlowe (1832) ; L’Abbaye de Castro (1840) ; La Dot de Suzette (1842) ; Les Mystères de Paris (1844). Il a donné au Théâtre-Français, avec M. Legouvé, Louise de Lignerolles (1838), un des derniers beaux rôles de

Melle Mars, et, avec Eugène Sue, Latréaumont (1840), et La Prétendante (1841). Goubaux a écrit, en outre, dans plusieurs journaux, entre autres dans le Courrier français, des feuilletons signés ''Pierre Aubry.'' Il était, depuis 1843, chevalier de la Légion d’honneur, lorsqu’il a succombé à une terrible maladie, un cancer de l’estomac, et il est mort littéralement de faim.

 

 

Notice de l’INRP :

 http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=2816

Goubaux

 Prosper Goubaux, né à Paris le 22 prairial an III (10 juin 1795), est mort à Paris le 31 juillet 1859. 

« Goubaux — écrivait son ami Ernest Legouvé en 1886 — eut deux professions si opposées qu'elles semblent s'exclure, et il se montra aussi éminent dans toutes deux que s'il n'en eût exercé qu'une seule. Il fut auteur dramatique et instituteur. Comme auteur dramatique, il appartient à la race d'élite des créateurs. Comme instituteur, il a sa place parmi les bienfaiteurs publics : la France lui doit une forme nouvelle d'éducation. Or, de cette double existence si féconde, que reste-t-il ? Pas même un nom. A peine un souvenir. Ses drames sont signés d'un pseudonyme où ne figure que la dernière syllabe de son nom (Dinaux). Son oeuvre d'éducation porte un autre nom que le sien. Il aurait dû être deux fois célèbre: il est inconnu. » 

La mère de Goubaux tenait une petite boutique de mercerie dans la rue du Rempart, détruite aujourd'hui. Son enfance fut rendue malheureuse par la dureté d'un beau-père. A neuf ans, il savait à peine ses lettres ; mais sa mère ayant eu l'heureuse idée de lui lire le début d'un conte, l'enfant apprit à lire en onze jours pour connaître le reste. Reçu comme élève boursier au lycée Louis-le-Grand, il lit de brillantes études, puis devint répétiteur de grec et de latin à l'école Sainte-Barbe. A dix-neuf ans, il était marié ; à vingt ans, il était père. En 1820, il fonda, avec un associé, l’institution Saint-Victor, dont les commencements, entravés par les tracasseries de l'administration, furent des plus pénibles ; en outre, par la disparition de son associé, Goubaux, sans aucune fortune, se trouva dès le début chargé d'une dette considérable, dont il traîna toute sa vie le fardeau ; forcé de recourir aux usuriers pour faire face aux échéances menaçantes de l'amortissement, il connut des heures d'angoisse terribles ; « quand il mourut, il était à peine libéré de la veille » (Legouvé). Tout en dirigeant son institution, où il eu, parmi ses sous-maîtres, Alphonse Karr et Michel (de Bourges), il s'occupait de politique anti-gouvernementale : il joua un rôle actif dans les luttes des dernières années de la Restauration, et collabora au principal organe de l'opposition, le Courrier français. En même temps, autour dramatique, il donnait, * en collaboration avec Beudin et Victor Ducange, le célèbre mélodrame Trente ans ou la Vie d'un joueur (1827): et, latiniste délicat — lui qui devait créer en France 1' « enseignement français », — il publiait une traduction d'Horace qui fut remarquée (1827, 2 vol.). 

Après la révolution de 1830, Goubaux transféra son institution dans la circonscription du collège Bourbon (ancien lycée Bonaparte, aujourd'hui Condorcet). dont ses élèves suivirent les classes, et y réunit l'institution de la Chauvinière. Une idée hantait depuis longtemps l'éducateur intelligent qu'était Goubaux : il rêvait la création, à côté de l'ancien enseignement universitaire, d'un enseignement plus pratique, plus moderne, analogue à celui de la Realschule allemande ; en 1837, il résolut de transformer son institution pour y réaliser son plan de réforme. 

« Goubaux — raconte Ernest Legouvé — avait sur l'éducation des idées très acceptées aujourd'hui, grâce à son initiative, mais bien nouvelles et bien hardies quand il osa les formuler pour la première fois. Ce qui le frappait avant tout, c'était le désaccord entre l’enseignement de l'Etat et l'esprit de la société moderne. D'un côté, il voyait le monde tendre de plus en plus vers l'industrie, le commercé, l'agriculture, les sciences appliquées ; il entendait beaucoup de pères désirer pour leurs enfants une profession industrielle et réclamer à cet effet des études spéciales ; et, en même temps, il remarquait que l'éducation universitaire ne répondait en rien à ce besoin : la littérature en était le seul objet ; il n'y avait pas d'enseignement professionnel. Cette lacune tourmentait Coubaux ; il sentait là depuis longtemps une création à faire ; mais comment y parvenir? Tout lui était obstacle ; d'abord son institution même : ses élèves suivaient les cours du collège [Bourbon] ; comment introduire l'éducation nouvelle dans son établissement sans le détruire?. Puis l'Université ne s'élèverait elle pas contre cette innovation? le ministère de l'instruction publique la permettrait-il? Ni Jules Simon, ni Victor Duruy n'étaient ministres alors, et Villemain m'avait dit à moi : Un collège français en France, jamais! » 

Après avoir longtemps hésité, Goubaux prit un parti héroïque : il congédia ceux des élèves de sa pension — un peu plus de la moitié — qui suivaient les cours du collège, et resta avec les quelques adeptes de la nouvelle méthode. Bientôt des familles gagnées à ses idées lui envoyèrent leurs fils, et l'institution, avec son programme d'enseignement moderne, prit un nouvel essor. La Ville de Paris, qui en 1839 avait fondé une école d'enseignement primaire supérieur (l'école Torgot), s'intéressa à la tentative de Goubaux : après lui avoir d'abord accordé son patronage, elle adopta son institution, qui reçut le nom d'école municipale François Ier (1844) ; Goubaux fut conservé comme directeur de rétablissement, où l'enseignement primaire supérieur s'associa à un enseignement secondaire français. 

Goubaux, cependant, avait continué simultanément sa carrière d'auteur dramatique. Après 1830, il donna entre autres, en collaboration avec Alexandre Dumas, Richard Darlington (1832) ; en collaboration avec Ernest Legouvé, Louise de Lignerolles (1838) ; en collaboration avec Eugène Sue, les Mystères de Paris (1844). 

Lorsque la révolution de Février eut renversé la monarchie, on débaptisa l'école dirigée par Goubaux, qui portait le nom d'un roi, et on lui donna celui d'un ministre du premier consul : l'école François Ier devint le collège Chaptal (1848). L'établissement ne cessa pas, dans les années suivantes, de prospérer et de prendre des développements nouveaux. Le directeur s'associa, comme préfet des études, un de ses anciens élèves, dont le père avait été concierge de l'institution Saint-Victor, et à qui Goubaux, frappé de son intelligence, avait fait suivre les classes de l'institution : ce fut cet ancien élève, M. Monjean, qui suppléa Goubaux lorsque celui-ci, atteint du mal qui devait l'emporter, un cancer de l'estomac, fut obligé de ralentir son activité et ce fut lui qui, après la mort du fondateur, en 1859, le remplaça comme directeur. 

 

Notice de Wikipédia

 

Fils d’une mercière de la rue du Rempart1, et placé sous la direction d’un beau-père peu humain, Goubaux n’apprit à lire qu’à douze ans, en épelant les enseignes qu’il rencontrait sur son passage2. Entré ensuite au lycée Louis-le-Grand, il y termina ses études et, déjà marié à dix-neuf ans et père à vingt ans1, prit part, en 1814, à la défense de Paris2. Après avoir été répétiteur de grec et de latin à l’institution Sainte-Barbe, il fonda, en 1820, avec Delauneau père, une maison d’éducation dont les commencements furent des plus pénibles, par suite des tracasseries administratives2.

Il prit part aux luttes politiques des dernières années de la Restauration, et fit partie des diverses sociétés de l’époque2. Après juillet 1830 il transféra son établissement dans la circonscription du collège Bourbon, et y réunit celui de La Chauvinière2Jacques Laffitte lui avança les premiers fonds nécessaires à l’installation de cette maison, où ont passé nombre d’hommes célèbres ou distingués en tous les genres, et qu’il vendit à la ville de Paris, en 1846, au moment de son plus grand succès2. D’abord nommé collège de François Ier, la ville lui donna, en 1848, le nom de Chaptal3, sans que ce dernier ait jamais été pour quoi que ce soit dans cet établissement, et y maintint Goubaux pour directeur2.

On cite, parmi les maitres d’étude du « collège Chaptal », qui compta pendant sa première période Alphonse KarrBelmontetMichel de Bourges, l’acteur Guyon, Sandras, etc2. Delacroix, qu’il connaissait depuis les années scolaires, a peint, entre 1824 et 1834, une série de portraits d’élèves qui avaient remporté des prix à l’école qu’il avait fondée.

Goubaux a débuté dans les lettres par des Esquisses de mœurs françaises (1822, in-8°), et donné ensuite une traduction estimée d’Horace (1827, 2 vol. in-8°)2. Le théâtre lui doit un certain nombre de pièces romantiques signées « Dinaux », pseudonyme composé de la syllabe finale de son nom et de celui de son premier collaborateur, le banquier Beudin2. Ce dernier s’étant, par la suite, tourné vers la politique et la finance, Goubaux conserva seul ce pseudonyme déjà connu à divers titres, mais principalement par deux drames, dont le premier a fourni un de ses plus beaux rôles à Frédérick Lemaître : Trente ans ou la Vie d’un joueur, joué à la Porte-Saint-Martin en 1857, et Richard d’Arlington, en 18322.

Victor Ducange avait retouché et signé Trente ans ; Alexandre Dupièce2. Parmi les ouvrages, d’ailleurs fort nombreux, dus à Goubaux ou auxquels il a seulement collaboré, on relève Clarisse Harlowe (1832) ; l’Abbaye de Castro (1840) ; la Dot de Suzette (1842) ; les Mystères de Paris (1844)2. Il a donné au Théâtre-Français, avec Ernest Legouvé, Louise de Lignerolles (1838), un des derniers beaux rôles de Mademoiselle Mars, et, avec Eugène SueLautréamont (1840), et la Prétendante (1841)2.

Goubaux a écrit en outre, dans plusieurs journaux, entre autres dans le Courrier français, des feuilletons signés Pierre Auberg2. Il était, depuis 1843, chevalier de la Légion d’honneur, lorsqu’il a succombé à un cancer de l’estomac, qui le condamna à littéralement mourir de faim2.

Il est le grand-père du physicien Alfred Potier.

La place Prosper-Goubaux a reçu son nom en 1907.

 

 

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